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"J'ai conscience de toucher le fond, mais je ne peux pas m'en empêcher" : Sous l'emprise de ses compulsions pendant 12 ans, il raconte l'enfer des TOC

Pendant douze ans, Raphaël a vécu sous l’emprise de troubles obsessionnels compulsifs. Conscient de l’absurdité de ses gestes, il ne parvenait pourtant pas à les arrêter. Dans Un jour, une vie sur RTL, il raconte l’engrenage des TOC, la honte, l’angoisse, puis le chemin vers le rétablissement.

Raphaël a souffert pendant 12 ans de Troubles Obsessionnels du Comportement. Il explique comment il a réussi à y mettre fin sur RTL.

Raphaël, a vécu 12 ans sous l'emprise des TOC

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Alban Tardy

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Durant plus d'une décennie, Raphaël a vécu avec des TOC qui ont progressivement colonisé tout son quotidien. Au départ, il évoque des "manies" sans gravité apparente, puis un basculement à l’adolescence, au moment du divorce de ses parents lorsqu'il n'a que 14 ans. Très vite, les choses s'empirent : "Ce qui au départ était simplement des petites manies, a pris un caractère beaucoup plus rigide et surtout beaucoup plus anxiogène", confie-t-il. 

Ses premiers symptômes concernent les poignées de porte, puis le lavage des mains, et deviennent rapidement incontrôlables. Raphaël décrit ainsi une mécanique bien connue des personnes souffrant de troubles obsessionnels compulsifs : "J’ai parfaitement conscience de toucher le fond, mais je ne peux pas m’en empêcher", explique-t-il. Il peut alors se laver les mains "jusqu’à 60 fois par jour", tout en sachant que ce soulagement ne dure que quelques minutes. 

Avec le temps, le trouble déborde largement la question de l’hygiène. Des objets du quotidien deviennent "contaminés" : chargeurs, cintres, chemises, bouteilles. Raphaël met en place des stratégies d’évitement, contourne certaines situations, cache ses rituels à ses proches et organise son environnement en fonction de ses angoisses. "Le TOC a envahi absolument tout le champ de mon quotidien", résume-t-il. Là encore, il sait que cette logique n’a aucun sens, mais elle s’impose à lui. 

Je deviens un tyran, je la fais souffrir

Raphaël, à propos de sa relation amoureuse sous emprise de TOC

Cette emprise finit aussi par atteindre sa vie de couple. Quand il emménage avec sa compagne, les rituels ne peuvent plus rester invisibles. Il tente d’abord de cacher les objets qu’il juge contaminés, puis lui demande à elle aussi de se laver les mains ou d’éviter certains gestes. Le trouble s’invite alors dans la relation : "Je deviens un tyran, je la fais souffrir", reconnait-il.  

Le déclic intervient en 2019, lorsqu’il comprend que sa relation est en train de se briser. Il consulte enfin un psychiatre, qui lui propose une thérapie comportementale et cognitive. Le principe est simple à énoncer, beaucoup moins à mettre en œuvre : "Il faut s’exposer à des situations qui vous génèrent de l’angoisse", raconte-t-il. Raphaël mène donc un travail progressif, mené pendant un an, pour réapprendre à toucher les objets qu’il évitait et à laisser redescendre l’angoisse.

 Aujourd’hui, Raphaël ne se dit pas guéri, mais "rétabli". Il lui arrive encore d’avoir ce qu’il appelle des "pensées toques", mais il sait désormais les identifier et ne plus entrer dans le piège des compulsions. 

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