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ÉDITO - Augmentation de salaires : de combien ont-ils progressé cette année ?

Le patron du Medef parle d'une hausse de +11% en 2022 mais François Lenglet explique pourquoi ce chiffre est un peu trompeur.

Des fiches de salaire (photo d'illustration).
Des fiches de salaire (photo d'illustration).
Crédit : AFP / MYCHELE DANIAU
LENGLET-CO - Augmentation de salaires : de combien ont-ils progressé cette année ?
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ÉDITO - Augmentation de salaires : de combien ont-ils progressé cette année ?
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François Lenglet - édité par Charlène Slowik

Les salaires augmentent cette année de 3,1%. Mais le patron du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, lui, parle de + 6%, voire de +11% en 2022. Alors de combien nos salaires ont-ils vraiment progressé ? 

Comme toujours avec les chiffres, tout dépend de ce que l'on mesure. C’est important dans ce domaine, car la hausse des prix est élevée, aux alentours de 6% en ce moment. Nous sommes donc tous très sensibles à l’évolution de nos rémunérations. 

Le chiffre de 3,1% provient d’une enquête réalisée par le cabinet WTW, qui interroge des centaines d’entreprises sur leur politique salariale, entreprises représentatives de l’économie. Le cabinet calcule une moyenne à partir des données qu’il a recueillies. En résumé, +3,1%, c’est l’évolution du salaire de celui qui est resté dans la même entreprise à la même fonction. C’est le cas de la plus grande partie des Français.

Les chiffres du Medef ne mesurent pas la même chose. Geoffroy Roux de Bézieux parle de masse salariale, c’est-à-dire de l’ensemble des salaires versés par toutes les entreprises, qui augmente en effet de 11% d’une année sur l’autre. D’où vient la différence ? D’abord des créations d’emplois, qui ont été importantes dans l’année passée. De nouveaux emplois, ça fait plus de rémunérations versées par les entreprises, donc une masse salariale générale en forte hausse. 

Les créations d'emplois, plus nombreuses que d'habitude

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Mais ça ne change pas la situation financière de celui qui est en place, il ne gagne pas davantage. Ce chiffre, tout en étant juste, est donc un peu trompeur. Pour faire bonne mesure, il faut retirer les créations d’emplois. Ainsi, on arrive à l’autre chiffre cité par le dirigeant du Medef, + 6% d’une année sur l’autre. L’inconvénient de ce 6%, c’est qu’il intègre par définition les augmentations de salaire des Français qui ont changé de job dans l’année, souvent avec un coup de pouce salarial. 

Justement, c’est même l’une des motivations pour changer d’employeur, de gagner un peu plus. Ces augmentations liées au changement sont-elles significatives ? Si l’on veut mesurer une évolution de façon précise, les deux situations comparées doivent être rigoureusement identiques, même poste, même qualification, même employeur. Sinon, on mesure autre chose.

Les Français ayant changé d'employeurs récemment sont plus nombreux que d’habitude, même s’ils restent minoritaires. C’est comme cela que s’explique le prétendu phénomène de la Grande démission, le boom des démissions en France. Ce n’est pas que les salariés s’éloignent du monde du travail, ou qu’ils ne veulent plus travailler. 

C’est qu’ils profitent d’une situation favorable sur le marché du travail pour gagner davantage, à un moment où la hausse des prix pique pas mal. Mécaniquement, plus on crée d’emplois, plus il y a de démissions, parce que ça crée un appel d’air. Si vous vous intéressez au plus grand nombre, le chiffre le plus significatif je pense que le 3,1% est le plus près de la vérité. Le 11% nous dit aussi quelque chose de vrai, mais de différent. Les chiffres c’est ainsi, quand on en prend un, il faut regarder de près la recette de fabrication. 

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