3 min de lecture Économie

Coronavirus : le monde de la nuit touché de plein fouet par le couvre-feu

Le chef de l’État a annoncé, mercredi 14 octobre, la mise en place d’un couvre-feu à partir de 21 heures en Île-de-France ainsi que dans huit métropoles. Une décision qui affecte particulièrement le monde économique de la nuit.

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Coronavirus : le monde de la nuit touché de plein fouet par le couvre-feu Crédit Image : STEPHANE DE SAKUTIN / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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Martial You édité par Venantia Petillault

Le couvre-feu instauré par Emmanuel Macron ce mercredi 14 octobre va bien sûr fortement impacter le monde économique de la nuit. Mais peut-on peut vraiment le soutenir financièrement sans avoir de casse sociale au bout ?

Pour les cafés-restaurants, les taxis/VTC, le monde du spectacle vivant et des cinémas, pour tous les "sacrifiés du soir", on est sur un reconfinement pur et simple. Il ne faut pas se mentir. Le cinéma ou le restaurant entraîne le repas au restaurant ou le verre au café après. C'est évidemment fini même si on comprend l'impératif sanitaire.


On sait très bien que les restaurateurs font plus de marge le soir et sur un ticket moyen de 25 euros par personne, qui n'est pas non plus énorme. Le midi, les restaurateurs font du chiffre avec une clientèle plus nombreuse. Il est bien évident qu'il sera plus difficile de maintenir un service uniquement le midi. Surtout que les Français ne vont pas tant que ça au restaurant. 1/3 y met les pieds une fois par mois maximum. C'est dans notre culture mais ce n'est pas une habitude de masse. 6% des Français vont une fois par semaine au restaurant (y compris au fast-food).

Macron promet une aide pour ces secteurs

Quand on demande au ministère du Travail, on nous explique que les aides sont déjà en place. La prise en charge à 100% du chômage partiel continuait à être active pour les secteurs fermés administrativement ou pour les restaurants. On va sans doute monter encore le fonds de solidarité. Il est à 10.000 euros par mois en ce moment et on peut aller à 15.000 euros comme pour les discothèques parce que c'est vrai que dans les grandes villes le prix des loyers est plus important qu'ailleurs. Il y a déjà suspension des charges... Bref, ces secteurs impactés depuis mars sont déjà au maximum des aides.

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Dans la restauration, vous avez 200.000 emplois qui sont clairement menacés par ces "stop and go" dans les grandes villes. Mais surtout, on fragilise la structure de ces commerces à plus long terme. La question, c'est "le monde d'après". Cette vie sur des plateformes vidéo, c'est très bien mais on sait que la montée en puissance des Netflix, Amazon Prime, Disney+ et autres peut fragiliser notre modèle de production culturel français.

Quel avenir à moyen terme pour nos bistrots qui sont en train de perdre leur capacité d'investir. On avait 500.000 bistrots en 1900 en France... À peine 40.000 aujourd'hui.
Et cela va amplifier la montée en puissance de la livraison à domicile de repas : 39% des Français y ont recours et le chiffre a progressé pendant le confinement du printemps. Mais ça repose encore sur un modèle social, une tension sur les livreurs qui n'est pas toujours très bien encadrée.

Un risque de rendre ces secteurs dépendants des aides publique ?

C'est comme certains agriculteurs qui vivent grâce aux aides de la PAC plus que grâce à leur production. On est dans un système où les restaurateurs gagnent autant qu'ils ouvrent ou qu'ils ferment. Un système où la prise en charge des pertes est assumée par l'État.

L'étape suivante, ce sont les Prêts Garantis de l'État : de nombreux patrons de bars ou de théâtres expliquent qu'ils ne pourront pas les rembourser. Cet argent magique de l'État se sera donc évaporé et c'est l'État qui devra se porter caution pour éviter des fermetures et des licenciements sur notre mode de vie à la française.

Le plus : le malus au poids revient

On l'évoque en détail avec Christophe Bourroux ce matin. On le croyait enterré, il revient pour les véhicules de plus d'1 tonne 8. L'essentiel de la production française risque d'être épargné néanmoins. Mais pas le réseau des revendeurs. Un geste politique en direction de la convention citoyenne après avoir mis de côté la taxe sur les avions, la hausse du sans plomb 95 ou la fin de la prime à la conversion sur les véhicules diesel.

La note : 8/20 à l'économie française

C'est l'OFCE qui nous inquiète. L'organisme économique nous indique que les entreprises ont perdu 50 milliards depuis le début du coronavirus et qu'on va sans doute connaitre une vague de faillites au printemps prochain.

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