3 min de lecture Santé

Coronavirus : dans la Meuse, le difficile quotidien d'un Ehpad face à l'épidémie

DOCUMENT RTL - À Sommedieue, dans la Meuse, les décès se multiplient dans la maison de retraite de la commune. Dix ont été recensés depuis le début de l’épidémie de coronavirus avec des personnels au bord de l’épuisement.

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Coronavirus : dans la Meuse, le difficile quotidien d'un Ehpad face à l'épidémie Crédit Image : Nicolas Burnens | Crédit Média : Nicolas Burnens | Durée : | Date : La page de l'émission
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Nicolas Burnens édité par Charles Deluermoz

Touchée par l’épidémie, la maison de retraite de Sommedieue, dans la Meuse, a vécu mercredi 25 mars l’une de ses pires journées. Malgré le travail acharné des soignants, trois personnes âgées sont décédées en l’espace de quelques heures, infectées par le coronavirus. Dix-sept autres résidents, contaminés, restent sous surveillance, confinés dans leur chambre. Derrière son masque, on remarque les traits tirés de Cathy, infirmière de 34 ans. Elle n’était pas préparée à ça.

"Ça peut aller très vite, on a des patients qui, une heure avant, semblaient stables. Ce n'est pas toujours évident d'être là pour tout le monde : l'annonce aux familles, le fait que, eux, ne puissent pas accompagner leurs proches... On ne les reverra plus quoi", explique-t-elle.

Les familles ne peuvent pas veiller la dépouille de leur défunt, pour des raisons sanitaires. Le corps est directement récupéré par les pompes funèbres en présence de Daniel Sanzé, le maire de la commune et officier d’État civil. L’élu vit un cauchemar.  "Je viens deux, trois fois par jour assister à la mise en bière (…) Tout ça, ce n'est pas dans les consignes de l'ARS et c'est à chacun de nous de gérer ça", déplore-t-il.

"Les soignantes tiennent le coup"

Et pourtant, le personnel médical ne se décourage pas. Certains salariés, malades du Covid-19, continuent de venir travailler. Tout le monde reste solidaire. Sandrine Lhotte-Sidoli est directrice de l’établissement. Elle explique avoir "une grande partie des soignants qui ont une pression de la part de leur famille, qui leur disent : 'Tu n'y vas pas, tu prends des congés tu n'y retournes pas'. Mais les soignantes tiennent le coup".

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Elle estime que tout le personnel va devoir être suivi psychologiquement. En attendant, les équipes médicales s’accrochent à cette lueur d’espoir : il n’y a pas eu de nouvelle contamination de résidents depuis plusieurs jours. Mais les familles, elles, vivent dans l’angoisse car, pour protéger leurs proches, les visites sont interdites. À l’intérieur, les infirmières s’efforcent de garder un lien avec les enfants et les petits enfants des résidents, via des appels vidéos, sur tablettes numériques, ou simplement grâce au téléphone.

Devant la résidence, Rachel est venue apercevoir par la fenêtre, sa mère, Simone, confinée dans sa chambre, au rez-de-chaussée. La vieille dame de 95 ans échange un long regard, lui fait un signe de la main, avant de disparaître derrière les rideaux. "Je l’ai 3-4 fois dans la journée par téléphone pour essayer de la faire parler. Elle a le personnel qui passe la voir mais ils sont tellement dépassés", s'inquiète Rachel.

"On saura demander des comptes"

Les familles savent pourtant que le personnel médical fait tout ce qu’il peut pour apporter aux résidents un peu de douceur dans cette crise. Surtout, face à la situation critique de cet Ehpad, les 960 habitants de la commune se sont mobilisés. Une solidarité s’est organisée spontanément dans le village pour amener des repas aux soignants mais aussi pour réunir du matériel de protection, en nombre insuffisant. La fromagerie de la commune, les entreprises et les artisans ont fourni des dizaines de masques.
Une aide symbolique, un peu dérisoire, face aux promesses du gouvernement. Daniel Sanzé, le maire de la commune, se sent démuni : "Pour beaucoup de choses on a recourt à l'État, pendant un certain temps on y croit. Jusqu'à ce qu'on s'aperçoive qu'il n'y a pas de moyens derrière (…) On saura demander des comptes", explique-t-il. Pour l’instant, le maire gère l'urgence, mais une fois la crise sanitaire passée, le temps de la colère arrivera.

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