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Coronavirus : comment les éboueurs s’adaptent chaque jour ?

Depuis le début de la crise sanitaire et du confinement, les éboueurs s'adaptent pour continuer à nettoyer les rues malgré le "danger" du virus.

Des éboueurs à Paris (Image d'illustration).
Des éboueurs à Paris (Image d'illustration). Crédit : ERIC PIERMONT / AFP
Youen
Youen Tanguy et AFP

Ils doivent désormais porter gants et masques. Depuis le début de la crise sanitaire, les éboueurs ont été contraints de s'adapter aux recommandations sanitaires pour continuer à nettoyer les rues. Et ce, malgré la peur du virus.

"D'un côté, c'est un mal pour un bien, résume Jimmy Lebeau, 41 ans, qui était encore il y a quelques mois agent des services hospitaliers. On travaille sans stress, il y a moins de voitures, de passants... mais d'un autre côté, le risque est là, le danger est là et c'est pas évident". 

"Quand on vient ici, on a peur comme tout le monde" mais "on fait le nécessaire pour la ville, parce que si on laissait monter les ordures, il y aurait encore plus de problèmes", abonde son collègue, Fred Romil, 44 ans.

Dans la capitale française, à Paris, les éboueurs municipaux continuent de collecter les déchets dans la moitié des arrondissements parisiens depuis la mi-mars - le reste est géré par le privé. Mais ils ont complètement changé leur façon de travailler.  

Le travail par roulement

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Les agents travaillent par roulement. L'équipe du matin finit plus tôt pour de ne pas croiser celle de l'après-midi. Les véhicules, les locaux sont désinfectés. On porte des masques et des sous-gants. Les effectifs ont été réduits : environ "1.000 agents sont sur le terrain chaque jour contre 3.500 en temps normal", précise Paul Simondon, adjoint à la propreté de la mairie de Paris. 

Au total, 117 agents de la propreté ont contracté le Covid-19. Deux agents, contaminés alors qu'ils étaient en arrêt maladie, en sont décédés. 

Depuis sept semaines, sur toute la capitale, le tonnage collecté a diminué de 38% du fait, surtout, de l'absence des "activités de tourisme, de restauration", indique ce même élu. Bacs verts, bacs jaunes : "Il n'y a plus de tri sélectif" donc "on fait les deux", assène Mickaël, le conducteur de la benne. 

Des messages de soutien

Une chose aussi a changé : les messages de soutien qu'ils reçoivent, placardés sur des poubelles. "Il y en a qui nous proposent un café", "on a des félicitations, il y en a qui passent et disent : 'bon courage, heureusement que vous êtes là'", raconte Richard Moothery. "On est vraiment vu autrement", se réjouit cet homme entré "il y a 33 ans" à la Ville. 

Pour Régis Vieceli de la CGT FTDNEEA, syndicat majoritaire de la profession, "la Ville a pris des mesures mais elle a sous-estimé les choses". Elle a "surexposé un certain nombre d'agents pour des missions non-essentielles", assure-t-il, demandant des "tenues jetables", plus de visières et de masques, notamment pour le déconfinement qui arrive.

La mairie affirme de son côté avoir distribué "chaque semaine environ 25.000 masques, 15.000 paires de gants jetables et 100 litres de gel hydroalcoolique" et précise que les "demandes d'équipements supplémentaires ont été entendues". La municipalité a aussi promis une prime de 35 euros par jour travaillé pour ses agents sur le terrain. Les éboueurs gagnent en moyenne entre 1.500 et 2.100 euros par mois.

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