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Ces mots étrangers devenus si français

Le français est constitué à 75% de mots d’origine gréco-latine… le quart restant est un patchwork de termes des pays du monde entier, explique Muriel Gilbert.

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Ces mots étrangers devenus si français Crédit Image : FRED DUFOUR / AFP | Crédit Média : Muriel Gilbert | Durée : | Date : La page de l'émission
Muriel Gilbert
Muriel Gilbert édité par Camille Sarazin

On oublie trop souvent que le français est complètement bâti sur les emprunts qu’il a toujours faits aux langues étrangères. La perméabilité des frontières entre les langues, ça ne date pas du XXe siècle et de la mode, certes un peu envahissante, de l’anglais américain. 

Dans sa présentation du Larousse 2021, qui sort ces jours-ci, le linguiste Bernard Cerquiglini rappelle d’ailleurs que "le rayonnement de l’Italie depuis la Renaissance a fait de l’italien le pourvoyeur principal de notre langue jusqu’aux années 1950". 

Pizza, spaghetti, antipasti, certes, mais aussi et surtout des mots nettement moins italiens à première vue, comme le sucre, qui nous vient de l’italien zucchero, "lui-même emprunté à l’arabe sukkar", raconte Marie-Dominique Porée dans son livre 200 Mots étrangers que le français a adoptés. Mais il y a aussi la tombola, "jeu de société du sud de l’Italie", bâtie sur le verbe tombolare (dégringoler), le pantalon, du nom d’un personnage de la comédie italienne dont le signe particulier était ce long caleçon qui prendra son nom, et notre calepin, qui vient d’Ambrogio Calepino, savant lexicologue italien du XVe siècle. Et même, au hasard, le charlatan, la banque et le saltimbanque nous viennent d’Italie !

Car il y a un rapport entre la banque et le saltimbanque. Le terme banque "vient de l’italien banca, explique Marie-Dominique Porée, qui signifie banc, en raison des bancs, tables et comptoirs" sur lesquels travaillaient les anciens changeurs. Car c’est en Italie que l’on voit apparaître les premières banques, au Moyen Âge. À noter que nos banquets et banquettes viennent aussi de l’italien banchetto ("petit banc") tandis que la "banquise n’est rien d’autre qu’un banc de glace" !

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Et le saltimbanque ? Il vient de l’italien "saltare in banco", ceux qui "sautent sur un banc", une estrade ! Et tenez, ça va bien avec les saltimbanques, ces éternels voyageurs : notre valise vient elle aussi de l’italien valiggia, lui-même inspiré de l’arabe waliha (pardonnez mon accent) désignant un "sac à blé". 

Il y a d’ailleurs une quantité étonnante de mots venant de l’arabe en français. Si dans votre valise, vous emportez une jupe et un gilet, vous emportez deux mots arabes. Le magasin où vous avez acheté tout cela est arabe lui aussi, de même que le matelas, l’élixir, l’alcool et l’alambic, et le si joli hasard, az-zahr désignant un ancien jeu de dés en arabe.

Le français est une sorte de patchwork de mots d’origines différentes. Évidemment, il reste composé aux trois quarts de mots d’origine gréco-latine, mais comme le résume magnifiquement Bernard Cerquiglini dans sa présentation du nouveau Petit Larousse : "Notre langue n’est pas envahie [par les autres langues], elle [y] fait son marché."

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