2 min de lecture Santé

"Beaucoup de gens encombrent nos hôpitaux", estime la directrice de l'iFRAP

INVITÉS RTL - Agnès Verdier-Molinié, directrice de la Fondation iFRAP et Olivier Benveniste, chef de service du département de médecine interne à La Pitié-Salpêtrière dressent un bilan du système actuel dans les hôpitaux.

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"Il y a beaucoup de gens qui encombrent nos hôpitaux", estime la directrice de l'iFRAP Crédit Image : FREDERICK FLORIN / AFP | Crédit Média : Yves Calvi | Durée : | Date : La page de l'émission
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Yves Calvi et Philippe Peyre

Le système actuel de nos hôpitaux va-t-il droit dans le mur ? "Il va falloir clairement le réformer si on veut garder la qualité des soins hospitaliers", tranche Agnès Verdier-Molinié, directrice de la fondation iFRAP. "Il va falloir bouger notamment sur la question du statut, celle de l'autonomie, du pouvoir des directeurs et des chefs de service et aussi de la rémunération des médecins", estime-t-elle. Un constat que partage le professeur Olivier Benveniste, chef de service du département de médecine interne à La Pitié-Salpêtrière, qui reconnaît que "l'hôpital public coûte cher" et qu'il faut "faire des efforts". 

Mais beaucoup s'étranglent dès lors qu'il s'agit de parler de rentabiliser l'hôpital public. Ce n'est pas un "gros mot" pour le Pr Benveniste mais il insiste tout de même sur le fait que toutes les activités hospitalières ne peuvent prétendre à une certaine rentabilité : "Nos missions sont à la fois de soin, d'enseignement et de recherche. Parmi ces missions, des choses sont difficilement rentables, en tout cas à court terme", indique-t-il.

Il y a beaucoup de gens qui ne devraient pas être dans les hôpitaux

Agnès Verdier-Molinié, directrice de la Fondation iFRAP
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L'hôpital public est dans un "carcan qui est celui du statut public", dénonce Agnès Verdier-Molinié. Selon elle, tout le monde va demander qu'il soit réformé : "Je parle de carcan car on est arrivé au bout de la logique. Les médecins doivent être évalués à leur juste valeur. Beaucoup quittent la France pour aller opérer et faire de la recherche ailleurs, c'est très inquiétant. Il faudrait rémunérer les médecins à la performance mais ça, on ne veut pas le faire", se désole-t-elle. "Bien sûr que l'on peut être évalués, ce n'est pas le souci", lui répond Pr Benveniste. Pour lui, le principal sujet se situe dans le fait qu'il faille accueillir tout le monde à l'hôpital public : "Il n'y a aucun tri au départ". 

Mais pour Agnès Verdier-Molinié, le constat est sans appel, nos hôpitaux sont surchargés : "Il y a beaucoup de gens qui ne devraient pas être dans les hôpitaux, qui devraient être en maison de retraite et qui encombrent nos hôpitaux", a-t-elle lancé. "La journée et la nuit à l'hôpital coûtent très cher. Si on compare avec les Allemands qui ont délégué au niveau local au privé, on est à 11 milliards d'euros d'écart avec eux". Le Pr Benveniste reconnaît également cette saturation et la nécessité d'orienter vers des maisons de retraite un certain nombre de patients. "Mais l'exemple allemand n'est pas très bon", estime-t-il. "Ils ont perdu en compétitivité sur le plan de la recherche et bon nombre des cadors allemands sont venus en France ou au Royaume-Uni". 

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