3 min de lecture Attentats à Paris

Attentats à Paris : quand les frappes en Syrie rejoignent une stratégie évoquée dans "Homeland"

La France a bombardé la ville de Raqqa, en Syrie, le fief de Daesh. Un scénario qui rejoint en partie une option évoquée dans la série "Homeland".

Rupert Friend alias Peter Quinn, agent de la CIA dans la série
Rupert Friend alias Peter Quinn, agent de la CIA dans la série Crédit : Capture d'écran Canal+ à la demande
Ryad Ouslimani
Ryad Ouslimani
Journaliste RTL

C'est une scène de série télé comme il y en a des milliers. On les regarde, on les retient vaguement et parfois elles reviennent violemment, portées par l'écho d'une réalité glaçante. Une scène du premier épisode de la cinquième saison de Homeland diffusée actuellement aux États-Unis et sur Canal+ attire aujourd'hui l'attention tant le sujet est rejoint par l'actualité tragique

Tout se passe dans une salle de réunion de la CIA, dans un bunker plusieurs niveaux sous-terre. Sont réunis l'état-major, les directeurs de l'Agence et un homme de terrain, Peter Quinn. L'agent actif est l'homme à tout faire de la CIA dans la série. Il vient de passer deux ans en Syrie dans la région de Raqqale fief de Daesh. Devant ses supérieurs qui lui demandent si la stratégie actuelle, faite d'envois de forces spéciales et de frappes aériennes ciblées est la bonne, Peter Quinn semble circonspect, tant les islamistes intégristes ont en face une réelle stratégie. 

Transformer Raqqa en parking

Peter Quinn
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"C'est exactement ça le problème, ils ont une stratégie. Ils se regroupent en ce moment à Raqqa par dizaines de milliers. Cachés parmi les civils, armés, ils savent pourquoi ils sont là", détaille-t-il. Ils sont là "pour la fin des temps". Devant un commandement qui semble vouloir un discours sans nuances, l'agent continue. Les soldats sont prêts à "mourir pour le Califat et créer un monde sans infidèles", indique-t-il avant de se demander si les Forces spéciales servent à quelque chose. 

Pour réussir à endiguer l'avancée de l'État islamique auto-proclamée, le spécialiste préconise "200.000 troupes américaines au sol indéfiniment pour garantir la sécurité. Autant de docteurs et d'instituteurs". Une solution inenvisageable, et lorsqu'il lui est demandé de présenter une autre hypothèse, Peter Quinn répond : "Appuyer sur 'reset' (…). Transformer Raqqa en parking". 

Raqqa, le fief bien connu de Daesh

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Le 15 novembre 2015, 10 chasseurs de l'armée française s'envolaient de Jordanie et des Émirats Arabe Unis pour larguer 20 bombes sur Raqqa. La France a répondu fermement et massivement aux attentats perpétrés sur son sol vendredi. Comme dans la série, qui bien entendu s'inspire de données réelles, à 450 km au nord de Damas se trouve le centre névralgique de Daesh, une ville-QG. Si Raqqa n'a pas été rasée, du fait de la présence de civils, l'ampleur des bombardements était sans précédent en Syrie depuis le début des opérations françaises en septembre. Un centre d'entraînement, un centre de commandement et de dépôt d'armes ont été pulvérisés par les Mirages et Rafales. 

Les frappes françaises et occidentales vont s'intensifier, comme l'a annoncé le gouvernement, avec l'aval d'une grande partie de l'opposition. Une solution médiane, entre la non-intervention et l'engagement total, avec des troupes au sol pour terminer le travail de sape de l'aviation et surtout un maintient indéfini le temps de garantir la sécurité des civils et annihiler un retour des extrémistes. Les médecins et les instituteurs seraient quant à eux un instrument de la reconstruction. 

Les troupes au sol pour éviter "l'effet Libye"

La série, qui fait appel à des spécialistes pour l’élaboration des scénarios. pose donc le problème d'un interventionnisme incomplet, presque superficiel. En Libye, l'intervention pour déloger le dictateur Kadhafi n'a pas débouché sur un suivi de la reconstruction du pays, laissant Aqmi et d'autres groupes terroristes semer le chaos. Des voix se sont élevées afin de pointer le manque de présence militaire sur le terrain après coup, pour aider l'insurrection de Benghazi à établir une démocratie et un État de droit.

Faudra-t-il envoyer des troupes en Syrie pour détruire l'organisation Daesh, tout en délogeant Bachar Al-Assad pour mettre un régime démocratique en place ? Le gouvernement réfute cette hypothèse. Tout comme bombarder massivement une ville dans laquelle se trouvent des milliers de civils est inenvisageable.

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