2 min de lecture Attentats à Paris

Attentats à Paris : la lettre ouverte d'un papa à ses enfants

Antoine habite juste au-dessus de la Belle Équipe, en plein cœur du 11e frappé par les attentats. Il a décidé d'écrire à ses trois enfants pour leur expliquer le drame.

Rue de Charonne, où les bougies continuent de brûler
Rue de Charonne, où les bougies continuent de brûler Crédit : LOIC VENANCE / AFP
Capucine Trollion
Capucine Trollion
Journaliste RTL

Ce vendredi soir, Antoine, résidant au-dessus de la Belle Équipe, profite d'une soirée au restaurant avec son épouse. Leurs trois enfants, Gaspard (6 ans), Jeanne (4 ans) et Marceau (3 mois) sont gardés à leur domicile. Lorsque les coups de feu retentissent, Antoine et son épouse sont barricadés dans un restaurant, proche des attaques. Les enfants sont réveillés par les coups de feu. Une nuit d'angoisse. Depuis ce drame, Antoine essaye de continuer à avancer, avec ses enfants, malgré le traumatisme.

Mercredi, ce jeune père de famille a décidé d'écrire à ses enfants une lettre ouverte. Pour leur raconter son angoisse, mais aussi leur rappeler combien il les aime. "C'était un cri du cœur. J'avais besoin de parler, d'expliquer aux gens ce que j'ai vécu", confie Antoine. Depuis 8 mois, il vit dans la peur. Le 11e n'est plus le même depuis janvier dernier. Antoine habite à moins de 5 minutes de Charlie Hebdo. Vendredi soir, il était en plein cœur de l'horreur. "Je voulais retransmettre ma colère avec ce texte. C'est très dur de vivre tout ça avec des enfants. La tension est palpable", poursuit-il.

C'est un peuple qu'on vise

Antoine
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"Le 11e c'est un quartier qui brasse différentes cultures. Tout le monde se respecte ici. Avec Charlie Hebdo, c'était la liberté d'expression qui était visée. Là, c'est un peuple qu'on vise, une manière de vivre", raconte Antoine. Dans la salle de concert du Bataclan, sur les terrasses du Petit Cambodge et de la Belle Équipe, les oiseaux de nuit parisiens profitent de leur vendredi. Puis, c'est la panique, le carnage. 129 personnes sont décédées. 352 personnes sont blessées. Depuis plusieurs interpellations et un assaut à Saint-Denis ont mené aux suspects des attentats. "On est tous là à tenter de vivre de manière normale. Mais, on vit avec cette angoisse de ne pas savoir si ça va s'arrêter un jour", révèle Antoine. 

Il est trop tôt pour déménager

Antoine
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Mais, malgré la peur, le deuil et l'angoisse, Antoine veut témoigner. Car, "c'est la première fois que je suis touché par ce genre d’événements. C'est une manière de faire le deuil." Cependant, Antoine ne sait pas s'il doit lire cette lettre à ses enfants. Ils ont ressenti les attentats à leur niveau. Ils ont entendu les coups de feu, ressentis la tristesse de leur parent. "Ils sont poussés à la réflexion par l'ambiance", résume Antoine.

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Maintenant, les parents du quartier ont peur que les écoles soient les prochaines cibles des attaques. Faut-il alors déménager ? "Il est trop tôt pour faire un choix. On n'a pas encore toutes les réponses à nos questions. En même temps, est-ce qu'on a le droit d'imposer à nos enfants notre mode de vie ? Celui qu'on a choisi dans le 11e, ce quartier si ouvert et tolérant ?". Il n'a pas de réponse. Il veut continuer à témoigner. 

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