2 min de lecture Alcool

Alcool dans les stades : vers une modification de la loi Evin ?

Selon "Le Parisien", trois sénateurs proposent une modification de la loi Évin, afin de restaurer la commercialisation d'alcool dans les enceintes sportives.

Des supporters français pendant l'Euro 2016
Des supporters français pendant l'Euro 2016 Crédit : BERTRAND GUAY / AFP
Marie Demeulenaere
Journaliste

Les supporters vont-ils bientôt pouvoir consommer de l'alcool dans les stades ? Le Parisien s'est procuré le rapport de trois parlementaires, favorables à la vente d'alcool pendant les rencontres sportives. Dominique Bailly (sénateur du Nord), Jean-Jacques Lozach (Creuse) et Claude Kern (Bas-Rhin) souhaitent en effet "permettre la vente d'alcool dans les stades ainsi que la publicité pour certaines boissons alcoolisées", selon le rapport consulté par le quotidien.  

Portée par le ministre de la Santé Claude Évin, la loi Évin a été promulguée en 1991 sous la présidence de François Mitterrand, afin d'encadrer la consommation de tabac et d'alcool en France. Le ministre part alors à la chasse à la publicité et à la distribution promotionnelle de cigarettes à l'extérieur des points de vente de tabacs. La loi Évin interdit la vente de cigarettes aux mineurs âgés de moins de 18 ans et ajoute la mention "Fumer nuit gravement à la santé" sur les paquets. La loi Évin condamne également la publicité et la vente d'alcool sur les lieux d'activité physiques sportives. Sanction encourue en cas de non-respect : 7 500 euros et un an de prison.

Dix dérogations temporaires par an

Depuis, les gouvernements successifs ont gardé la même ligne de conduite. Si la loi a été contournée plusieurs fois, notamment concernant la publicité, l'interdiction de la vente d'alcool sur les lieux sportifs n'a quasiment jamais été dérogée. Pourtant, le débat a été relancé à plusieurs reprises. Le 23 avril 2016, le Stade de France a été autorisé à commercialiser de l'alcool à l'occasion de la finale de la Coupe de la Ligue. Une première dans l'histoire de la compétition. 

Par ailleurs, les stades ont le droit à dix dérogations temporaires par an, accordées par les mairies. Insuffisant, selon les organisateurs d’événements sportifs, qui souhaitent une généralisation de la commercialisation d'alcool pour l'ensemble des matchs de football, comme c'est déjà le cas pour le rugby. Principale raison mise en avant : la manne financière que représente la vente d'alcool (entre 30 et 50 millions d'euros par an, selon Le Parisien).

À lire aussi
Un service d'urgence, à l'hôpital (illustration) faits divers
Rennes : un étudiant ivre se jette du troisième étage

Selon les informations du journal, le trio de sénateurs proposent de créer "deux Ligues professionnelles, avec une instance pour la Ligue 1 et une autre regroupant la Ligue 2 et la Ligue 3 (cette dernière étant la nouvelle appellation du championnat National)". Ils proposent également la création d'une société commerciale "adossée aux ligues pros", afin de gérer la vente des droits audiovisuels. Reste à savoir quelle sera la réaction du gouvernement, qui n'a montré aucun signe d'assouplissement face à la loi Évin. En 2016, la ministre de la Santé s'était même exprimée sur le sujet : "Elle nous paraît équilibrée aujourd’hui. Nous sommes totalement opposés à son assouplissement pour des raisons évidentes de santé publique", avait alors affirmé Marisol Touraine

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Alcool Loi Justice française
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants