2 min de lecture Inceste

Affaire Duhamel : faut-il mettre un terme à la prescription pour l'inceste ?

Camille Kouchner accuse son beau-père, le politologue Olivier Duhamel, d'avoir abusé sexuellement de son frère jumeau lorsqu'il était adolescent dans les années 80. Des faits prescrits malgré une modification récente de la loi.

Le politologue Olivier Duhamel le 15 mai 2016.
Le politologue Olivier Duhamel le 15 mai 2016. Crédit : STEPHANE DE SAKUTIN / AFP
Venantia
Venantia Petillault et AFP

C'est une question qui risque de revenir à plusieurs reprises. Les accusations d'inceste visant le politologue Olivier Duhamel relancent le débat : alors que le délai de prescription pour les crimes sexuels sur les mineurs a été allongé en 2018 à 30 ans, des voix s'élèvent pour demander leur imprescriptibilité, en particulier pour l'inceste.

La loi d'août 2018 contre les violences sexuelles a allongé de 20 à 30 ans le délai de prescription pour les crimes sexuels sur mineurs, à compter de leur majorité, afin de faciliter la répression de ces actes. Elle n'est toutefois pas applicable aux faits déjà prescrits. L'association Face à l'inceste réclame depuis des années l'imprescriptibilité des crimes commis sur les mineurs. "La prescription c'est un passeport pour le viol", dit Isabelle Aubry, présidente de l'association.

Pour Céline Piques, d'Osez le féminisme, "il y a des systèmes d'omerta, de verrouillage du secret, surtout au sein des familles. Puis le secret finit par exploser mais c'est souvent trop tard: il y a prescription". Dans le livre "La Familia grande" (Ed. Seuil), à paraître jeudi, Camille Kouchner accuse son beau-père, le politologue Olivier Duhamel, d'avoir agressé sexuellement son jumeau lorsqu'il était adolescent à la fin des années 80. Ces faits pourraient toutefois être prescrits.

Dans une interview à l'Obs, Camille Kouchner, qui est elle-même juriste, demande de "faire de l'inceste une infraction spécifique". "Pour la prescription, notamment : qu'on mette plus de temps à parler des siens que d'un inconnu, c'est quand même normal". "Mon frère et moi avons 45 ans. On devrait pouvoir déposer plainte, mais on ne peut pas, parce que cette modification de la loi n'est pas rétroactive. Elle exonère ainsi les gens qui ont l'âge de mon beau-père, la génération de ceux qui ont réfléchi à la pédophilie dans des termes beaucoup trop souples... Donc, la justice ne leur imposera pas d'assumer leurs actes".
Et d'ajouter : "Aujourd'hui, ce n'est pas à moi d'actionner la justice. C'est le travail du procureur". Le parquet de Paris a annoncé mardi l'ouverture d'une enquête pour "viols et agressions sexuelles".

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Inceste Justice
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants