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Télétravail : pourquoi 56% des salariés de PSA y sont-ils défavorables ?

ÉDITO - PSA veut faire passer 80.000 salariés au télétravail. La CFDT au sein de l'entreprise a commandé un sondage touchant plus de 3.000 salariés. Résultat : 56% d'entre eux se disent défavorables à une massification de ce nouveau mode de travail.

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Télétravail : pourquoi 56% des salariés de PSA y sont défavorables ? Crédit Média : RTL | Date :
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François Lenglet édité par Sarah Ugolini

Le constructeur automobile Peugeot-Citroën vient de réaliser un sondage sur le télétravail surprenant. PSA projette en effet de faire passer massivement en télétravail 80.000 personnes dans le monde, en particulier en France, où les salariés du tertiaire, du commercial et de la recherche et développement sont destinés à ne passer qu'une journée et demi sur leur lieu de travail. 

L'objectif, c'est bien sûr de faciliter la vie des salariés en profitant de l'expérience du confinement, et d'économiser plusieurs centaines de millions d'euros en réduisant la surface des bâtiments. 

Pour appuyer sa démarche, PSA a fait faire un sondage, touchant plus de 3.000 salariés, notamment à Sochaux et à Poissy, les sites phares du groupe. Et voilà que 56% d'entre eux se disent défavorables à une massification de ce nouveau mode de travail. Pour être plus précis, 27% d'entre eux veulent être présents deux jours par semaine, et 27%, trois jours hebdomadaires.

Les salariés réticents à revenir au boulot

Il y aurait donc un attachement au lieu de travail et plus encore un attachement aux collègues. 87% des sondés redoutent l'affaiblissement des liens sociaux, et plus de la moitié craignent la rupture du lien managérial. En fait, cela nous montre aussi que le travail, c'est plus que le travail. C'est une collectivité, c'est une autre face de nous mêmes, à laquelle nous tenons aussi. Grâce à ces liens humains qui nous sont précieux.

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Le lien managérial, ça veut dire qu'on a envie de voir son patron ? Sans doute, mais surtout qu'on a besoin d'être vu par son manager, pour qu'il évalue, qu'il apprécie les efforts qu'on fait. Et cela marche dans les deux sens. Les managers ont besoin de voir leur équipe, quelquefois de façon un peu névrotique d'ailleurs. Cette dimension psychologique de la relation professionnelle était jusqu'ici le principal obstacle au télétravail.

Pourquoi les salariés sont-ils réticents à revenir au travail ?

Il y a une raison qu'on sous-estime, qui n'a rien à voir avec le travail lui-même : les transports. Le problème du boulot, ce sont les transports, voiture ou transports en commun. Dans les grandes agglomérations bien sûr, et en Île-de-France au premier chef, c'est d'abord du temps perdu, que l'on regagne instantanément quand on travaille de chez soi. Cela fait deux heures de vie libérée chaque jour, ça change la vie. Et puis ce sont aussi des risques supplémentaires de contamination.

Travailler à l'hôtel

Pas facile d'avoir les deux, la vie sociale au travail, et la liberté individuelle chez soi ! En fait, il émerge une nouvelle solution. Elle vient du groupe Accor, le leader européen, français, de l'hôtellerie, qui possède notamment les Ibis, les Novotel et les Sofitel. Accor a lancé un nouveau service, ça s'appelle Wojo, qui permet à un salarié de venir travailler dans l'hôtel Accor le plus proche de chez lui, dans son quartier. Cela peut être un Ibis par exemple, contre un abonnement modeste, payé par l'entreprise.

À l'hôtel, il a un espace de coworking, de l'accès au wifi, éventuellement à un bureau privatif ou à un corner où on peut travailler à plusieurs. Et bien sûr, on peut y retrouver ses collègues qui y travaillent aussi, ou bien des salariés d'autres entreprises. 

De telles initiatives, il y en aura d'autres, permettent de créer un troisième lieu de travail, en plus du site professionnel et du logement privé, et de réconcilier les contraires : avoir et des collègues, et du temps grâce à l'absence de transport. 

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