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ISF : "la nouvelle grave faute" d'Emmanuel Macron, selon François Lenglet

ÉDITO - Emmanuel Macron a corrigé le porte-parole de son gouvernement, Benjamin Griveaux, sur l'ISF. Mais ces polémiques n’ont plus aucune importance. Cette réforme est morte mardi matin.

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"Gilets jaunes" : la nouvelle grave faute politique d'Emmanuel Macron Crédit Image : Ludovic Marin / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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François Lenglet et Lucie Valais

Emmanuel Macron a recadré Benjamin Griveaux après ses déclarations mercredi 5 décembre sur RTL. Le porte-parole du gouvernement avait annoncé que l’ISF pourrait être rétabli, si l’évaluation faite en 2019 était décevante. Ça veut dire que le Président juge que cette réforme est cruciale. Mais ces polémiques n’ont plus aucune importance. Et la future évaluation n’en a pas davantage. Cette réforme est morte mardi matin.

Le seul fait qu’il y ait un débat au sein de l’exécutif tue la réforme. Mettons-nous à la place d’un investisseur, ou d’un Français qui a quitté le pays pour raison fiscale. Il envisageait peut-être de revenir, ou d’investir en France, avec l’arrivée d’un gouvernement qui lui semble favorable. Le fait qu’il y ait un désaccord public au sein du gouvernement, dans une période d’agitation sociale sans précédent, fait disparaître son intention en un instant. Parce que s’il venait ou revenait en France, il prend un risque fiscal. 

La confiance de ces oiseaux-là est très longue à rétablir, mais elle s’envole en un jour, sur une seule parole. Et si vous ajoutez à cela les images de l’Arc de Triomphe samedi dernier, le tableau est complet. On peut le regretter, mais c’est ainsi. Les investisseurs sont libres, les individus sont libres d’expatrier, l’argent circule librement en Europe, et même dans le monde entier. Or, on ne prend pas les mouches avec du vinaigre fiscal.

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Une faute politique grave

Dans le climat actuel, et avec les mots qui ont été utilisés hier et par Benjamin Griveaux, et par Marlène Schiappa, la secrétaire d’État chargée de l’Égalité entre les hommes et les femmes - qui s’est d’ailleurs improvisée spécialiste de la fiscalité du capital - ça peut sonner comme le début d’une nouvelle retraite, cette fois-ci sur le cœur du pari économique d'Emmanuel Macron. Et les démentis du Président n'y changent rien. Il change d'avis tous les deux jours.

Ces paroles étaient inspirées justement par le climat social, c’est certain, mais elles constituent une nouvelle grave faute politique. Car le paradoxe, c’est que ce gouvernement va maintenant payer sur les deux tableaux. Il a flingué son objectif de ramener la confiance, et pour autant il ne va pas satisfaire les manifestants, puisque l’ISF n’est pas rétabli. Pour la gauche, le cadeau aux riches est toujours là. Et pour les riches, la menace de le voir disparaître hypothèque toute initiative.

Des mesures fiscales disproportionnées

Y a-t-il un moyen de supprimer cet impôt en France ? Jacques Chirac l’avait tenté en 1986, et c’est notamment à cela qu’on avait attribué son échec à la présidentielle de 1988. Emmanuel Macron a voulu préserver un symbole, en gardant un impôt sur la fortune immobilière. C'était une bonne idée. Mais l’erreur du gouvernement a été la disproportion de ses mesures fiscales. 

Pour les plus fortunés, suppression immédiate de l’ISF et abaissement sensible de l’impôt sur les revenus financiers. Et pour les autres, une opération complexe et progressive pour augmenter le salaire net qui n’a tout simplement pas été comprise, justement parce qu’elle était complexe et progressive. Sans parler de la suppression de la taxe d’habitation, elle aussi progressive, et elle aussi compensée par les taxes sur l’essence. Ce déséquilibre politique initial, que nous avons souvent souligné ici, a aujourd’hui un coût considérable.

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