3 min de lecture Manifestations

"Gilets jaunes" sur les Champs-Élysées : retour sur une journée de chaos

De nombreux incidents ont eu lieu samedi 24 novembre, entre casseurs s'étant infiltrés dans le cortège et forces de l'ordre. 42 individus ont été interpellés.

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"Gilets jaunes" : retour sur une journée de chaos sur les Champs-Élysées Crédit Image : Bertrand GUAY / AFP | Crédit Média : Marie Moley | Durée : | Date :
Léa Stassinet
Léa Stassinet
et AFP

"Merci à nos forces de l'ordre pour leur courage et leur professionnalisme. Honte à ceux qui les ont agressées. Honte à ceux qui ont violenté d'autres citoyens et des journalistes. Honte à ceux qui ont tenté d'intimider des élus. Pas de place pour ces violences dans la République". Par ces mots, Emmanuel Macron a vivement condamné les violences qui ont émaillé la mobilisation des "gilets jaunes" ce samedi 24 novembre à Paris.

Barricades incendiées, fumée noire, feux tricolores arrachés, pavés descellés, canons à eau... Envahi de gaz lacrymogène, le quartier des Champs-Élysées a en effet été le théâtre d'incidents violents tout au long de la journée.

Dès la matinée, de petits groupes épars, gilet fluo sur le dos, ont rapidement afflué vers l'avenue, barrée par des cordons de CRS et de gendarmes mobiles à partir du rond-point des Champs-Élysées jusqu'à la Concorde. "Macron démission", "Macron, rends le pognon" et Marseillaise répondaient aux sirènes des forces de l'ordre. Très vite, un cordon policier est dépassé par la marée jaune qui veut rallier la Concorde, décrétée zone interdite. "C'est n'importe quoi, on n'a pas d'ordre", pestait un policier casqué, bras au ciel.

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Grenades lacrymogènes et canons à eau

Les manifestants espéraient pouvoir s'approcher de l'Élysée en descendant la célèbre avenue, encore pleine de touristes et de badauds. Peine perdue. Au rond-point des Champs-Élysées, frontière infranchissable, le cordon policier a cette fois-ci tenu. Mais la situation a très vite dégénéré : de jeunes gens au visage souvent masqué par des foulards et capuches, disséminés dans le cortège, font face aux forces de l'ordre, essayant d'aller au contact.

Tirs de grenades lacrymogènes et jets des canons à eau ont répondu aux tirs de mortiers d'artifice et jets de projectiles de toutes sortes : bouteilles, pavés, planches... La place est envahie par les fumées irritantes. Les manifestants fuient dans les rues adjacentes ou reculent vers l'Arc de Triomphe.

On vient juste manifester pacifiquement et on se fait gazer

Christophe, un manifestant venu d'Isère
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"On s'est déplacé exprès d'Isère ce matin", lâche avec dépit Christophe, 49 ans, venu avec son épouse. On vient juste manifester pacifiquement et on se fait gazer... On voit comment on est reçu à Paris !". Derrière le couple, les explosions de grenades, de pétards, de mortiers s'enchaînent, les canons à eau repoussent la foule vers le haut des Champs-Élysées. Sur RTL, un autre manifestant regrettait cette flambée de violence. "C'est dommage, ce n'est pas du tout ce qu'on souhaite et on ne va retenir que ça", déplorait Bastien.

Sur la place, des barrières métalliques de chantier sont arrachées pour servir de barricades improvisées au milieu de "la plus belle avenue du monde". Des projectiles pleuvent sur les casques et boucliers des CRS ou gendarmes mobiles. Ces derniers chargent à plusieurs reprises. En fin de matinée, le rond-point est évacué, petit à petit les manifestants refluent vers l'Arc-de-Triomphe.

Une cabine de chantier incendiée

Plus bas sur l'avenue, une cabine de chantier renversée sur la chaussée qui brûle. Une terrasse couverte d'une chaîne de boulangerie s'enflamme à son tour. C'est l'un des rares commerces de l'avenue qui sera touché. "Les dégâts sont faibles, ils sont matériels, c'est l'essentiel", a déclaré Christophe Castaner en fin de journée. Après 20 heures, la tension restait vive sur l'avenue et dans certaines rues alentours, avec encore des petits groupes mobiles de personnes, certaines cagoulées, qui continuaient de "harceler" les forces de l'ordre ou d'incendier des barricades.

Aux alentours de 20h30 la préfecture de police dénombrait 24 blessés au cours de la journée, dont 5 parmi les forces de l'ordre. L'un d'eux, un policier a été brûlé à l'aine. 42 personnes ont été interpellées à Paris, a annoncé le ministre de l'Intérieur.

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"Gilets jaunes" sur les Champs-Élysées : retour sur une journée de chaos
"Gilets jaunes" sur les Champs-Élysées : retour sur une journée de chaos
De nombreux incidents ont eu lieu samedi 24 novembre, entre casseurs s'étant infiltrés dans le cortège et forces de l'ordre. 42 individus ont été interpellés.
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2018-11-24 22:00:00
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