3 min de lecture Présidentielle américaine

États-Unis : Bernie Sanders propose d'effacer la dette des étudiants

La présidentielle de 2020 aux États-Unis a commencée. Le candidat situé à gauche du parti Démocrate propose d'effacer les 1.500 milliards de dette des 45 millions d'étudiants américains.

Lenglet - Lenglet-Co François Lenglet
>
États-Unis : Bernie Sanders propose d'effacer la dette des étudiants Crédit Image : ALEX EDELMAN / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP | Crédit Média : RTL | Durée : | Date : La page de l'émission
LENGLET 245300
François Lenglet édité par Nicolas Scheffer

C'est un montant qui représente trois fois le budget annuel de la France. Bernie Sanders, le sénateur du Vermont situé à gauche du Parti Démocrate et candidat à la présidentielle américaine de 2020 a fait une singulière proposition : effacer la dette des étudiants américains. Le 19 mai dernier, un milliardaire américain annonçait à la promotion 2019 d'une université d'Atlanta qu'il se chargerait de payer la totalité de leur dette.

Il faut dire que bon nombre d'Américains d'âge adulte sont en effet écrasés par les emprunts qu'ils ont dû contracter pour payer leurs études. En particulier les faibles salaires, qui ne parviennent qu'à payer les intérêts, et traînent ce rocher comme Sisyphe tout au long de leur carrière. Au total, ce phénomène concerne 45 millions de personnes, et la dette ainsi contractée pèse pour 1.500 milliards de dollars, c'est à dire 1.300 milliards d'euros, c'est  plus de trois fois le budget annuel de la France. Certains économistes voient d'ailleurs dans cette dette le déclencheur de la prochaine crise financière.

Le prix des études américaines a augmenté de 8 à 10 %

Les étudiants n'ont pas le choix, le prix des études aux États-Unis a littéralement explosé. Il a augmenté de près de 8 à 10% par an dans les dernières années. Au point qu'une année d'étude dans une bonne université, c'est 15.000 à 30.000 euros par an, sans compter les frais de logement. Il faut rappeler que le prix d'une année d'université, chez nous en France, est de 600 euros, moins cher qu'un smartphone, sécurité sociale incluse.

L'augmentation aux États-Unis provient de la surenchère qu'il a eu pour recruter les meilleurs enseignants - un bon professeur d'université gagne 150 à à 200 000 euros par an, dans ces universités - et pour investir dans des nouveaux locaux, en particulier pour séduire les très nombreux jeunes étrangers qui viennent étudier aux États-Unis.

>
Une lettre d'Amérique : le show, l'une des clés de la victoire de Trump Crédit Image : dailymotion | Crédit Média : RTL Originals | Date :
À lire aussi
Mark Zuckerberg devant les étudiants de l'université de Georgetown à Washington le 17 octobre 2019 Parti démocrate
Présidentielle américaine: Mark Zuckerberg soutient-il Pete Buttigieg ?

Les bourses ne couvrent qu'une petite partie des frais. Du coup, bon nombre de jeunes salariés sont chargés avec des emprunts de 100, 120, 150 000 euros s'ils ont été loin dans les études. En 2012, les Obama ont ainsi expliqué qu'ils avaient terminé leurs remboursements peu de temps auparavant que Barack ait achevé son premier mandat !

Une proposition pour des raisons sociales et pas financières

Il n'y a pas de véritable risque de crise financière. La somme de ces dettes ne correspond même pas aux échanges quotidiens sur les marchés financiers américains. Si Bernie Sanders et une autre candidate démocrate, Elizabeth Warren, proposent cela, c'est pour des raisons sociales, et non pas financières.

Pour financer cet effacement de dette, Sanders propose de lever une taxe sur Wall Street. Une taxe aux contours très imprécis, qui témoigne bien du virage de la gauche américaine, de plus en plus radicale sur le plan économique. Elizabeth Warren, de son côté, veut créer un impôt sur le patrimoine, à la française, mais qui taxerait les actifs à 2% au dessus de 45 millions d'euros. 

Rappelons que le seuil de déclenchement chez nous est beaucoup plus bas, à un million trois cents mille euros. Taxe sur les transactions financières et impôt sur la fortune... Peut-être François Hollande a t-il une nouvelle carrière politique qui l'attend aux Etats-Unis... Car la gauche américaine ressemble de plus en plus à la nôtre. Alors que le Parti Démocrate du temps d'Obama et de Clinton prônait une sorte de gauche molle, très proche des intérêts de la finance et du business, leurs successeurs sont bien plus radicaux. Comme s'ils avaient été aiguillonnés par la Présidence Trump.

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Présidentielle américaine Dette Parti démocrate
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants