2 min de lecture Économie

Énergies : le renouvelable délaissé au profit du pétrole, du gaz et du charbon

Le dernier rapport de l'agence internationale pointe l'accroissement des dépenses en énergies non renouvelables : pétrole, gaz et charbon sont plébiscité contrairement à l'éolien et au solaire.

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Énergies : le renouvelable délaissé au profit du pétrole, du gaz et du charbon Crédit Image : Janek Skarzynski - AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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François Lenglet édité par Joanna Wadel

L'agence internationale de l'énergie vient de publier son rapport annuel, avec une conclusion pour le moins surprenante. Un total de 1.600 milliards d'euros, c'est ce qui a été dépensé en investissements dans l'énergie sur la planète l'année dernière. 

Un montant qui est à peu près stable par rapport à l'année précédente. Mais, contre toute attente, la part des renouvelables, c'est à dire l'éolien et le solaire principalement, a chuté, pour atteindre son plus bas niveau depuis 2014, à 265 milliards de dollars

En hausse, le pétrole et le gaz, à +3,7%, c'est une forte progression, et même le charbon, à +2,6%, la première hausse depuis 2012. Les énergies carbonées ont pesé l'année dernière pour les deux tiers de la somme totale dépensée dans le secteur. Un paradoxe, alors que le solaire a vu son prix chuter de 75% en huit ans, et l'éolien de 20%. 

Les effets de serre ne sont pas la priorité de tous

En réalité, si nombre de pays disent lutter contre les effets de serre, tous ne le font pas. Et certains ne le disent même plus. Les États-Unis par exemple, ont vigoureusement relancé leur secteur pétrolier, avec l'exploitation des fameux schistes, des roches dans lesquelles se trouvent des hydrocarbures. 

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Deux facteurs ont joué. D'abord, le soutien politique massif apporté au secteur par l'administration Trump, qui a assoupli les réglementations. Et le redressement des cours du pétrole, qui rend les investissements de production bien plus rentables, et attire donc les capitaux. Les États-Unis sont au premier rang mondial des producteurs de pétrole. Entre 2010 et 2018, ils ont augmenté leurs investissements dans l'énergie de 75 milliards de dollars, alors que la somme chute de plus de 200 milliards dans le reste du monde, y compris en Chine. 

Des énergies pérennes car synonymes d'emploi

Lors des élections législatives d'Australie, la question climatique a dominé la campagne, à cause des catastrophes naturelles qui se sont abattues sur le pays, et qu'on a attribuées au réchauffement. 

Un million de poissons morts retrouvés dans un fleuve qui s'assèche, des incendies monstres qui ont détruit une partie de la Tasmanie, et des pluies torrentielles qui ont noyé des centaines de milliers de têtes de bétail dans le Queensland

L'opposition travailliste projetait de faire de l'Australie un pays exemplaire en matière d'émission de carbone. Mais les libéraux ont gagné, avec un argumentaire électoral pour défendre le charbon et les emplois qui s'y rattachent, dans un pays qui en est l'un des premiers producteurs mondiaux. La Chine, qui exploite également du charbon, est responsable en large part de l'augmentation des investissements constatée l'année dernière, puisqu'elle compte à elle-seule pour la moitié du total.

Un sursaut "considérable" exigé d'ici 2030

Concernant les engagements de la Cop 21, l'Agence internationale nous répond dans un langage diplomatique, mais parfaitement clair : les investissements dans l'énergie vont complètement à l'encontre de là où ils devraient aller. 

Et il faudrait un sursaut considérable d'ici 2030 pour limiter les émissions de gaz à effet de serre, en multipliant par deux la part des renouvelables dans la production. L'année dernière, toujours selon l'IEA, les émissions de gaz carbonique ont atteint 33 milliards de tonnes, en augmentation de 1,7% par rapport à l'année précédente. 

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