3 min de lecture Crise économique

Coronavirus : va-t-on devoir baisser nos salaires pour sortir de la crise ?

RyanAir a proposé à son personnel de choisir entre une baisse de salaire pendant 5 ans ou un plan social qui toucherait un quart des effectifs. Alors va-t-on vers un dilemme "emploi ou salaire" ?

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Coronavirus : va-t-on devoir baisser nos salaires pour sortir de la crise ? Crédit Image : SAUL LOEB / AFP | Crédit Média : RTL | Durée : | Date :
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Martial You édité par William Vuillez

C'est la question qui se pose. Est-ce que les salaires vont devenir la variable d'ajustement des entreprises pour sortir de la crise ? Cela traduit une nouvelle donne qui est née de la crise et du confinement. On ne peut pas licencier les "héros du confinement" comme on le faisait auparavant. Les éboueurs, les caissières, les salariés des entrepôts de e-commerce ont fait tourner la France pendant 2 mois. Mais on va leur demander de faire encore un effort.
 
Disons aussi que les entreprises vont chercher à garder les compétences, à conserver les salariés dans l'entreprise coûte que coûte. Ça n'est d'ailleurs pas idiot si on fait le pari d'un regain d'activité, d'un redémarrage rapide. C'est toute la philosophie qui a débuté avec le financement à 100% du chômage partiel et qui se poursuit aujourd'hui avec cette idée d'accepter des concessions.
 
Ce jeudi, Emmanuel Macron va rencontrer les partenaires sociaux. L’Élysée soutient ce genre d'initiatives et aurait même tendance à l'encourager. À l’Élysée ou chez Muriel Pénicaud, on parle de créer "un contrat social renouvelé". En général, il faut se méfier de ce type de formules. Mais ce qui est sûr, c'est qu'il y a tout un arsenal qui a été mis en place depuis les ordonnances Macron pour permettre des accords au sein des entreprises qui revoient la rémunération, la mobilité et le temps de travail. Des accords qui supplantent les droits inscrits dans le contrat de travail et qui s'imposent au salarié.

Un dilemme "emploi ou salaire" ?

C'est ce qu'on appelle les "Accords de Performances Collectives". La semaine dernière, Muriel Pénicaud a regretté qu'on n'en ait signé que 350 depuis 2017. Vendredi dernier, le Sénat a aussi voté un texte sur le chômage partiel de longue durée qui permet à un employeur de toucher une subvention publique s'il met ses salariés à l'arrêt faute d'activité.

 
À chaque fois, la baisse du salaire est la contrepartie pour garder son emploi. Mais pour beaucoup de salariés (les jeunes, les séniors, les ouvriers peu diplomés), la priorité, ça demeure de garder un pied dans l'emploi. Et pour l'entreprise, la priorité, c'est d'éviter la faillite avec des coûts fixes (notamment les salaires) trop importants pendant quelques mois.Il peut y avoir convergence d'intérêt malgré le dilemme "emploi ou salaire".
 
Cependant, ce genre de concessions ne permettent jusqu'à maintenant pas de sauver les emplois. On a connu des référendums d'entreprises dans le passé qui proposaient ça : on revient en arrière sur les 35h ou on baisse les salaires pour sauver une usine. Ça n'a pas empêché à terme les fermetures ou les licenciements. Continental, Bosch, Smart...

L'urgence économique prend le dessus sur les acquis sociaux

D'après les études publiées après la crise de 2008, notamment un rapport du Secrétaire général adjoint aux affaires économiques et sociales des Nations Unies, Sha Zukang et un rapport du Bureau International du Travail, à chaque fois, le constat est le même : les périodes de crise sont des moments où les acquis sociaux sont malmenés car l'urgence économique prend le dessus sur les acquis sociaux.
 
Il y a tout de même des solutions alternatives à cet arbitrage "salaire ou emploi", ça fait aussi partie des réflexions du moment et, ça, c'est plutôt rassurant. On pousse l'idée de suspendre un contrat de travail (sans licenciement) pour permettre à un salarié de se former, y compris sur un métier où il y a plus de demande que ce qu'il fait. Pour lui permettre d'évoluer ensuite.
 
Il y a aussi des propositions faites au gouvernement pour favoriser la mobilité interne et le prêt de main-d’œuvre pendant 12 à 18 mois. Pourquoi pas en offrant une prime mobilité défiscalisée. Ça permet à des salariés sans travail ponctuellement d'aller prêter main forte à une entreprise qui est en surcroit d'activité. Ça marche aux États-Unis ou en Allemagne.

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