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Vaccin contre la Covid-19 : des hackers tentent de voler des recherches

Des entreprises qui font des recherches sur un vaccin contre le coronavirus ont subi des attaques informatiques dans de nombreux pays. Les États-Unis et le Royaume-Uni accusent la Chine et la Russie.

Une femme prépare un vaccin (illustration)
Une femme prépare un vaccin (illustration) Crédit : Schneyder Mendoza / AFP
Coline Daclin Journaliste

Russie ? Chine ? Qui a bien pu engager des hackers pour tenter de voler les dernières recherches en cours sur un vaccin contre le coronavirus ? Ces dernières semaines, plusieurs attaques informatiques ont eu lieu contre des entreprises chargées de la recherche pour le vaccin. 

Mardi 21 juillet, le département de la Justice américain a en effet annoncé avoir inculpé deux hommes d'origine chinoise d'avoir mené des attaques informatiques contre des entreprises californienne. Il a accusé Pékin de les avoir soutenus financièrement, rapporte le Washington Post. Quelques jours plus tôt, des groupes de hackers russes avaient été accusés de la même chose.

Au Royaume-Uni, l'organisme gouvernemental britannique chargé de la cyber-sécurité a lui aussi accusé jeudi 16 juillet un groupe de hackers de s'en prendre à plusieurs organisations travaillant à la mise au point d'un vaccin contre le nouveau coronavirus afin de voler leurs recherches, affirmant qu'il est "presque certain" qu'ils opèrent pour les renseignements russes. Des accusations que Le Kremlin s'est empressé de démentir. "Nous n'avons aucune information sur qui a pu hacker des sociétés pharmaceutiques ou des centres de recherches en Grande-Bretagne", a déclaré jeudi Dmitri Peskov, le porte-parole de la présidence russe, cité par l'agence de presse d'Etat Tass. 

Et ces deux pays ne sont pas les seuls à faire l'objet d'attaques. Comme le rappelle Le Parisien, un groupe international avait indiqué dans un rapport que des laboratoires et hôpitaux avaient subi des tentatives de piratage en Allemagne, en Turquie, en Corée et au Japon. Le Canada a aussi signalé des attaques de hackers sur son territoire.

Des mobiles encore flous

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Pourquoi tenter de pirater ces recherches ? D'abord parce qu'elles valent cher, très cher. Le mois dernier, des hackers ont vendu sur le dark web 1,14 milliard de dollars d'informations en provenance de l'université de Californie, aux États-Unis, indique Le Parisien. Ensuite, parce que tous les pays ont intérêt à trouver le vaccin en premier. Pour se protéger, et pour le vendre à tous les autres pays. 

Tout un jeu diplomatique est aussi à l'oeuvre dans cette collecte du renseignement. Dans le cas des États-Unis et de la Chine, on ne par exemple pas exclure qu'il s'agisse d'un acte de la nouvelle "guerre froide" que se livrent les deux pays. Quel que soit le mobile, ces intrusions pourraient endommager les données de recherche sur le vaccin.

Des campagnes organisées

Pour le directeur adjoint du FBI, il s'agit d'une campagne organisée, semblable à "ce que nous attendons d'un syndicat criminel organisé", rapporte le New York Times. Les deux hommes accusés par les États-Unis auraient fait perdre des centaines de millions de dollars de propriété intellectuelle aux entreprises attaquées. Mais leur travail n'aurait pas commencé au moment de la crise sanitaire, dans le seul objectif d'obtenir des informations sur le vaccin. Le ministère américain de la Justice estime que leur travail remonte au moins à 2009.

Toujours selon le New York Times, les pirates auraient pénétré les réseaux informatiques en recherchant des informations d'identification personnelle sur les employés et les clients, et auraient ainsi pu obtenir accès non autorisé. 

Quant aux hackers russes, il s'agirait aux États-Unis et au Royaume-Uni des groupes APT29 and Cozy Bear, déjà impliqués dans d'autres affaires, comme le piratage de données du parti démocrate américain en 2016. Les hackers auraient été détectés pour la première fois en février. Selon les autorités américaines, il n'y aurait aucune preuve que des données aient été volées.

"Nous condamnons ces attaques méprisables contre ceux qui font un travail essentiel pour lutter contre la pandémie de coronavirus", a déclaré Paul Chichester, le directeur des opérations du National Cyber ​​Security Center britannique. Alors que la question d'une deuxième vague de contamination se pose, et que la découverte d'un vaccin devient de plus en plus précieuse, la tension diplomatique entre les pays piratés et ceux soupçonnés de hacking pourrait encore augmenter.

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