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Sida : pourquoi n'y-a-t-il toujours pas de vaccin contre le VIH ?

Comment a-t-on pu trouver plusieurs vaccins anti-covid en moins d'un an, alors qu'en quarante ans on n'en a pas trouvé un seul contre le sida? Certains en concluent que les vaccins anti-Covid ont été développés vite fait mal fait. La vérité, c'est que le VIH est infiniment plus complexe que le Covid... Ce que nous explique Sciences et Vie.

Sida : pourquoi il n’y a pas encore de vaccin (illustration)
Sida : pourquoi il n’y a pas encore de vaccin (illustration)
Crédit : Alain JOCARD / AFP
Vaccin contre le VIH: une si longue attente...
03:03
Isabelle Choquet

Ce mercredi, gros plan sur le vaccin anti-sida, qu’on attend toujours. Forcément ça interroge. Comment a-t-on pu trouver plusieurs vaccins anti-Covid en moins d’un an, alors qu’en quarante ans on n’en a pas trouvé un seul contre le sida ? Pour certains anti-vax, c'est bien la preuve que les vaccins anti-covid ont été développés vite fait mal fait. La vérité, c’est que le VIH est infiniment plus complexe que le Covid. 

Ce que nous explique Sciences et Vie, à l’occasion de la journée mondiale contre le sida. “Le Covid-19 et toutes les maladies qui ont leur vaccin ont un point commun : des personnes sont infectées, elles développent des symptômes, leur système immunitaire répond à l'infection et il parvient, parfois, à éliminer le virus”, c’est ce qu’explique un spécialiste américain. “Or, dans le cas du VIH, les personnes infectées le sont à vie, il n'existe aucun cas documenté de personne ayant naturellement éliminé le virus.” 

Confirmation avec le Dr Jean-Daniel Lelièvre, immunologiste à l’hôpital Henri Mondor: “On peut guérir de la rougeole, de la poliomyélite, mais on ne guérit pas du sida. Or un vaccin ne fait que reproduire ce qui se passe quand on a guéri. Dans le cas du sida, on ne peut tout simplement pas copier la nature.” 

Faire mieux que la nature

Autrement dit, il faut faire mieux que la nature. Vous voyez le défi. Et c’est d’autant plus compliqué qu’on ne sait pas exactement ce qu’on cherche: “Les différents vaccins testés jusqu'ici ont bien produit une réponse immunitaire", dit la virologue Christine Rouzioux, mais à chaque fois elle s'est révélée insuffisante pour une protection complète”.

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C’est là aussi la difficulté: la protection complète. “Les vaccins contre le Covid-19 protègent contre la maladie, contre les formes graves et contre les décès, mais ils ne protègent que partiellement de l'infection", dit un chercheur de l’Institut Pasteur. "Or, pour le VIH, ce que l'on recherche, c'est la non-infection. Sinon, on a juste des patients asymptomatiques qui risquent de finir par développer le sida et mourir.”

Un virus complexe

Après, ce qui bloque, c’est la complexité du virus du sida. D'abord, c'est un rétrovirus, et contre les rétrovirus on n’y arrive pas. Ils possèdent une enzyme qui leur permet de transformer leur ARN en ADN et de s'intégrer à notre propre génome, dans les cellules de notre immunité.  En clair, le VIH s'en prend directement aux cellules censées le combattre  “Et une fois qu'il est là, on ne peut plus le déloger”, dit la virologue. "On ne peut pas non plus éliminer les cellules  contaminées, et elles envahissent peu à peu tout l'organisme". 

En plus, c'est un virus qui se multiplie très vite et qui mute très vite. Il y a donc une multitude de variants et de variants de variants. D'une région du monde à l'autre, ils sont vraiment très différents, si bien qu'il faudrait presque élaborer un vaccin pour chacun. Et pour couronner le tout, un même individu peut abriter en lui différents types de virus ! “Pour toutes ces raisons", dit la virologue, "mettre au point un virus contre le VIH est extrêmement complexe". 

On le savait dès le début, même si les États-Unis affirmaient en 1984 qu'un vaccin arriverait dans les deux ans”. Pour autant, les chercheurs n'ont jamais baissé les bras. Car il y a eu des essais, et même plus d’un! Des vaccins protéïques, des vaccins à vecteurs viraux, et même un truc qui s'appelle "prime boost hétérologue", et qui a failli marcher. Mais finalement non. Alors les chercheurs cherchent encore.

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