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Patient touché par une "rétinopathie pigmentaire" : les dessous d'une opération historique

INVITÉE RTL - Isabelle Audo est l'une des chercheuses ayant dirigé l'étude qui a permis à un patient de recouvrer partiellement la vue.

Isabelle Audo, professeure d'ophtalmologie à la Sorbonne
Isabelle Audo, professeure d'ophtalmologie à la Sorbonne
Crédit : RTL
Thérapies géniques : "On pourrait apporter 1/10 à des patients aveugles", dit une chercheuse sur RTL
07:03
Thérapies géniques : "On pourrait apporter 1/10 à des patients aveugles", dit une chercheuse sur RTL
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Jérôme Florin
Jérôme Florin
Animateur

Sa vie glissait peu à peu vers l'obscurité. Un homme touché par une maladie qui le rendait aveugle a recouvré partiellement la vue à 58 ans grâce à une première mondiale mise au point par un groupe de chercheurs français, suisse et américains. 

Isabelle Audo, l'une des chercheuses ayant dirigé l'étude en qualité de médecin chercheur spécialisée dans les maladies rétiniennes héréditaires et professeur en ophtalmologie à Sorbonne, explique sur RTL que ce patient est touché par une "rétinopathie pigmentaire", et "perd progressivement la perception visuelle du fait d'une dégénérescence de leurs photorécepteurs", qui envoient le message au cerveau. En France, on estime qu'une personne sur 4.000 est concernée par cette maladie.

"Depuis une dizaine d'années, il était au stade terminal, il percevait à peine la lumière et l'obscurité", assure la scientifique. Les chercheurs ont utilisé une technique tout juste mise au point : l'optogénétique, une sorte de thérapie génique qui consiste à implanter un gène dans la rétine, à recréer le chaînon manquant. 

Ça reste une vison rudimentaire, mais ça peut lui donner une certaine autonomie

Isabelle Audo, professeur en ophtalmologie, sur RTL

Aujourd'hui, l'expérience a fonctionné sur le patient. La surface de sa rétine va "fabriquer une nouvelle protéine photosensible", ce à quoi s'ajoute l'action d'une paire de lunettes spéciales, "générées par des chercheurs, qui vont amplifier le signal visuel, pour activer encore plus cette nouvelle protéine photosensible", précise Isabelle Audo. Sans elles, le patient ne voit rien.

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Après sept mois, le patient jouit désormais d'une vision contrastée. "Sur une surface blanche, on lui présente des objets gris foncé, de différentes teintes. Il est capable de localiser ces contrastes", explique la spécialiste, professeur en ophtalmologie. "Ça reste une vision rudimentaire, mais ça peut lui donner une certaine autonomie. Dans une cuisine, il sera capable de voir les chiffres d'une plaque de cuisson, par exemple". 

On pense que l'on pourrait apporter une acuité visuelle d'1/10 à des patients très sévèrement atteint, qui sont aveugles

Isabelle Audo, professeur en ophtalmologie, sur RTL

Cette guérison ne sera peut-être pas irréversible, c'est là que se porte désormais l'intérêt des chercheurs. "La suite de l'histoire va déterminer si c'est quelque chose qui est pérenne. Indépendamment, il y a aussi toute la rééducation qui va suivre pour utiliser les lunettes, une nouvelle façon de voir. Et il y a peut-être encore des choses que l'on peut améliorer."

Cette étude devra désormais être confortée par de nouveaux patients. "L'étude est en cours, on pense que l'on pourrait apporter une acuité visuelle d'1/10 à des patients très sévèrement atteints, qui sont aveugles." Elle représente aussi "un espoir" pour les personnes atteintes de la Dégénérescence maculaire liée à l'âge, soit 1 million de personnes en France.

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