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Coronavirus : y a-t-il un risque de contamination dans l'air ?

Une équipe de chercheurs américains a démontré que le virus provenant de micro-particules pouvait se répliquer en laboratoire. Leurs résultats ne sont pas encore validés par la communauté scientifique.

Un homme éternue (Illustration)
Un homme éternue (Illustration)
Crédit : CDC/ Brian Judd
Coline Daclin & AFP

Maintenant que le masque est obligatoire, la question se pose forcément. La Covid-19 est-elle oui ou non contagieuse par l'air qu'on expire ? Question difficile à trancher, et sur laquelle s'écharpent les scientifiques du monde entier. On sait que le virus peut se déposer sur certaines surfaces et rester en suspension dans l'air, mais il faut qu'il y soit en suffisamment bon état pour contaminer un être humain. Jusqu'à maintenant, on pensait que seules les plus grosses gouttelettes de personnes contaminées pouvaient transmettre le virus. Concrètement, si on vous tousse ou qu'on vous éternue dessus. D'où la nécessité de la distanciation physique.

Mais cette semaine, les résultats d'une étude de l'université du Nebraska (États-Unis) semblent montrer que la contamination peut être plus large. Les chercheurs ont réussi pour la première fois à faire se répliquer des particules du virus prélevées dans l'air de chambres de malades du Covid-19. Ces résultats vont dans le sens d'une possible contamination par aérosol, c'est-à-dire que la transmission du virus pourrait se faire aussi par les microscopiques gouttelettes que nous rejetons lorsque nous respirons et parlons. Ces gouttelettes sont si légères qu'elles restent en suspension longtemps, en l'absence de ventilation. 

Le virus se réplique en laboratoire

Pour l'instant, les résultats de l'équipe de l'université du Nebraska ne sont que préliminaires. Ils n'ont pas encore été examinés par le comité de lecture d'une revue scientifique, pour confirmer que la méthode employée par les scientifiques est valable. Ils ont seulement été mis en ligne lundi sur le site medrxiv.org, où la communauté scientifique peut librement les commenter. 
 
Pour mener cette étude, il a fallu collecter les particules virales dans l'air. "Ce n'est pas facile", a assuré à l'AFP Joshua Santarpia, professeur au centre médical de l'université du Nebraska. "Les concentrations sont faibles, on a généralement peu de chances de récupérer des échantillons utilisables", a-t-il expliqué.

Les chambres de cinq patients alités ont été examinées. Les prélèvements se sont faits environ 30 cm au-dessus de leurs pieds, alors qu'ils parlaient, et que quelques-uns toussaient. Des microgouttelettes de moins de cinq microns de diamètre, et même de moins d'un micron, ont ainsi été collectées. Le virus a ensuite été isolé et placé dans un milieu spécial pour le laisser proliférer. Sur 18 échantillons, seuls trois se sont répliqués. Mais pour Joshua Santarpia, pas de doute : le virus "se réplique en culture cellulaire et est par conséquent infectieux". 

Hésitations du côté des autorités sanitaires

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La voie de transmission aérienne a longtemps été considérée comme improbable par les autorités sanitaires de plusieurs pays et l'Organisation mondiale de la santé. Le 17 mars, une étude publiée par la revue médicale américaine NEJM montrait déjà que le coronavirus pouvait survivre pendant trois heures sous la forme de particules suspendues dans l'air. Mais d'autres scientifiques assuraient que ces mesures ne correspondaient pas à ce qu'on observe dans la vie réelle. 

Le 7 juillet, l'OMS a finalement reconnu que des preuves émergeaient sur la transmission par l'air. "Le débat est devenu plus politique que scientifique, je crois que la plupart des infectiologues s'accordent à dire que la voie aérienne est une composante de la transmission, bien que nous débattions encore de son importance", a déclaré Joshua Santarpia auprès de l'AFP. Pour l'heure, l'équipe du Nebraska attend toujours la publication d'un précédent article, qui montrait que le virus restait présent dans l'air de chambres d'hôpital de malades. L'étude, prépubliée en mars, devrait bientôt être reprise par une revue scientifique, a affirmé son auteur principal.

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