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Coronavirus : variants, retards... Selon un épidémiologiste, le vaccin ne suffira pas

Antoine Flahault voit trois hypothèses qui pourraient limiter l'efficacité de la stratégie de "tout miser sur le vaccin pour sortir de la crise".

Vaccination : ce qui change à partir d'aujourd'hui (illustration)
Vaccination : ce qui change à partir d'aujourd'hui (illustration) Crédit : Alain JOCARD / AFP
Gregory Fortune
Gregory Fortune
et AFP

Le message est pessimiste alors que le ministre de la Santé Olivier Véran a annoncé dimanche 11 avril dans les colonnes du Journal du dimanche une accélération de la vaccination en France avec une overture aux personnes âgées de 55 ans et plus dès lundi 12 avril : selon l'épidémiologiste Antoine Flahault, les vaccins ne suffiront pas à eux seuls à endiguer l'épidémie de Covid-19. 

Lui aussi Interrogé par le Journal du dimanche, sur le choix de "tout miser sur le vaccin pour sortir de la crise", le directeur de l'Institut de santé globale de l'université de Genève répond : "Cela me paraît un pari hasardeux. Et risqué". Il voit trois hypothèses qui pourraient limiter l'efficacité de cette stratégie : "Si de nouveaux variants émergent et mettent en péril l'efficacité des vaccins ; si l'acheminement ne se fait pas au rythme voulu ; si les problèmes rencontrés par le vaccin AstraZeneca se posaient avec d'autres vaccins et remettaient en question l'adhésion de la population". 

Le vaccin du laboratoire suédo-britannique a occasionné des cas rares mais graves de thromboses qui ont alimenté une certaine méfiance de la population. En France, ce vaccin est proposé seulement aux plus de 55 ans, chez lesquels aucun cas n'a été observé. 

Favorable à une fermeture prolongée des écoles

Le Pr Flauhault se dit partisan d'une "circulation minimale du virus", saluant les "performances exceptionnelles" des pays les plus stricts dans les mesures de confinement, de tests et de traçage, comme la Finlande et la Norvège en Europe. "Il nous faut sortir du 'vivre avec' pour s'orienter vers une stratégie de suppression du virus. Le risque majeur, avec la stratégie actuelle, est de revenir sur ce plateau élevé qui a pourri la vie des Français depuis décembre, au-dessus de 10.000 à 15.000 cas par jour"

Il est ainsi favorable à une fermeture prolongée des établissements scolaires. "L'arrêt des activités des adultes est important, mais un autre grand vivier est celui des écoles (...) Si les contaminations redescendent en France, il faudra maintenir l'effort au-delà des vacances de printemps", a-t-il estimé. 

On n'a pas encore cassé la courbe au niveau national

Pr Flahault
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"On n'a pas encore cassé la courbe au niveau national", a constaté le Pr Flahault, pour qui l'objectif devrait être de descendre à un taux de reproduction du virus de 0,7. "En trois semaines à un tel rythme, on passerait de 40.000 à 5.000 nouveaux cas quotidiens. Une reprise en main quasi complète de l'épidémie", a-t-il espéré. 

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