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Coronavirus : quels sont les symptômes et que faire si l'on pense être contaminé ?

ÉCLAIRAGE - Le coronavirus sévit actuellement en France. En cas d'inquiétude, on vous explique les signes avant-coureurs du virus et ce que vous devez faire et ne surtout pas faire.

Epidémie de coronavirus (illustration)
Epidémie de coronavirus (illustration) Crédit : Tumisu / Pixabay
Sarah Ugolini
Sarah Ugolini

Le coronavirus est aujourd'hui lune crise sanitaire mondiale sans précédent. En France, la situation de l'épidémie de coronavirus "est très inquiétante" et "se détériore très vite", a déclaré ce lundi 16 mars le directeur général de la Santé Jérôme Salomon, s'inquiétant d'une éventuelle "saturation" des hôpitaux. Le pays déplore à ce jour 127 décès et 5.423 cas recensés.

"Le nombre de cas double désormais tous les trois jours", mais "je voudrais surtout que nos concitoyens se rendent compte qu'il y a des personnes qui sont malades, en réanimation et dont le pronostic vital est engagé, et ces personnes se chiffrent en centaines", a insisté Jérôme Salomon.

Mais alors, à quel moment doit-on vraiment s'inquiéter et quels sont les symptômes ? Les effets les plus courants du virus sont la fièvre et une toux sèche. Certaines personnes peuvent également souffrir de courbatures, de maux de tête, d’une sensation d'oppression ou d’essoufflement. 

Ces symptômes évoquent une infection respiratoire aiguë ou des anomalies pulmonaires détectables radiologiquement. Dans les cas plus graves, l'infection peut même provoquer "une détresse respiratoire, une insuffisance rénale aiguë, voire une défaillance multiviscérale pouvant entraîner la mort", selon le ministère de la Santé.

Les gestes barrière à adopter par précaution

Dès le début de l'épidémie en Chine, la Commission municipale de l'hygiène et de la santé de Wuhan avait déclaré sur son site internet que dans sa forme la plus précoce, "la maladie se manifeste par de la fièvre et une toux persistante". Elle est d'une forme légère mais durable, et risque en même temps de prendre une forme grave (insuffisance respiratoire, complications cardiaques) chez des personnes âgées et des patients atteints d'autres maladies". Les symptômes du coronavirus apparaissent moins de 24 heures après l’infection.

D'après les études, la transmission d'homme à homme se ferait par voies respiratoires, par le contact des mains et par l'échange de salive. Ainsi, les mesures de précaution classiques sont recommandées pour éviter la contamination : se laver les mains régulièrement, utiliser des mouchoirs jetables, tousser dans son coude, éviter les personnes à risque ou encore porter un masque chirurgical. 
Selon Jean-Claude Manuguerra, chercheur à l'Institut Pasteur interrogé par Le Parisien, ce virus serait moins contagieux que la grippe, car il se logerait plus fréquemment dans "les parties respiratoires profondes". 

Ne pas appeler le 15 pour un nez qui coule ou de la fièvre

Mais en cas de doute, le ministère de la Santé a recommandé aux personnes qui ont des problèmes respiratoires ou de la fièvre de ne "pas aller aux urgences" pour engoger les services surchargés comme à Mulhouse, mais d'appeler "le centre 15 qui vient chercher le patient". Dans un entretien à Ouest-France, Gérald Kirzek tire cependant la sonnette d'alarme et demande aux gens de ne pas appeler le SAMU "pour des symptômes bénins" tels que le nez qui coule ou un peu de fièvre. Il alerte sur le fait que les appels injustifiés peuvent engorger les urgences et empêcher la prise en charge de vraies urgences. 

En effet, l'urgentiste invite les personnes qui veulent simplement des renseignements à composer le 0 800 130 000.  Pour lui, "le maillon faible aujourd’hui, c’est le 15" et ce sera demain les services de réanimation qui sont déjà en "pré-saturation à Paris" selon lui. Il rappelle que le coronavirus est "bénin dans 98 ou 99% des cas et passera tout seul". Il faut selon lui que les Français se mettent cela dans la tête.

Contacter son médecin traitant pour les ymtômes bénins

Sans détresse respiratoire ou symptôme grave, il faut appeler son médecin traitant. "Si vous avez simplement un rhume ou un syndrome grippal, entrez en contact avec votre médecin traitant", préconise l'urgentiste Patrick Pelloux sur LCI. "Jusqu’à présent, les personnes symptomatiques se dirigeaient vers l’hôpital", rappelle Jérôme Marty, président de l'Union française pour une médecine libre. "Ce sont désormais les médecins libéraux qui vont faire rempart, prendre en charge un maximum de cas afin de permettre à l’hôpital de se consacrer aux cas les plus graves. Pour tout ce qui ne relève pas d’une consultation urgente, nous demandons aux patients de contacter leur médecin par téléphone et de rester chez eux au maximum", insiste-t-il.

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Pour l'heure, il n'existe pas de traitement spécifique au 2019-nCoV et le traitement est essentiellement symptomatique, mais plusieurs pistes sont à l'étude. "Trois stratégies sont à un niveau avancé", a expliqué le Professeur Yazdan Yazdanpanah, directeur de l'Institut d'immunologie, inflammation, infection et microbiologie (I3M) à l'Inserm et expert auprès de l'OMS, lors d'une conférence de presse à Paris. 

La première consiste à utiliser le Kaletra, un médicament anti-VIH relativement ancien du laboratoire américain AbbVie qui associe deux molécules antivirales (lopinavir et ritonavir). 

Un vaccin développé par l'Allemagne

La deuxième option est d'associer ce médicament à l'interféron (antiviral et immunothérapie), une combinaison utilisée sur le coronavirus Mers (syndrome respiratoire du Moyen-Orient) dans un essai clinique en cours. La troisième repose sur le remdesivir, un antiviral de l'américain Gilead testé dans le passé pour Ebola. On a très peu de données sur son efficacité. D'après un article de la revue Nature, l'efficacité "semble plus importante que le Kaletra". "L'OMS va commencer assez rapidement un essai clinique randomisé international", basé sur des tests comparatifs avec tirage au sort, pour évaluer l'efficacité de ces traitements, ajoute-t-il.

Selon le quotidien allemand Die Welt, le président américain chercherait à mettre la main sur un vaccin contre le Covid-19 développé par la société allemande CureVac. Dans le but de le distribuer uniquement aux États-Unis. Berlin tente de s’y opposer. "Le gouvernement allemand juge très important de pouvoir produire des vaccins en Allemagne et en Europe", a indiqué une porte-parole du ministère de l'Économie au groupe de presse régional Funke. Elle a aussi rappelé que Berlin pouvait mettre son veto à des projets d'acquisition ou d’investissement dans des entreprises nationales jugées stratégique.

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