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Coronavirus : pourquoi le passe sanitaire à l'entrée des discothèques pose question

Les discothèques pourront rouvrir le 9 juillet après quinze mois de fermeture. Mais le protocole sanitaire est jugé trop contraignant et inéquitable par les professionnels du secteur.

Une boîte de nuit à Belgrade en Serbie (illustration).
Une boîte de nuit à Belgrade en Serbie (illustration).
Crédit : AFP / STR
Benjamin Hue
Benjamin Hue

À l'arrêt depuis quinze mois en raison de la crise de la Covid-19, les discothèques voient enfin le bout du tunnel. L'exécutif a annoncé lundi 21 juin que les établissements du monde de la nuit pourraient à nouveau accueillir leur clientèle le 9 juillet, sous réserve de se conformer au protocole sanitaire défini pour l'occasion.

Le plan d'action est le suivant : le masque ne sera pas obligatoire en boîte de nuit, seulement recommandé. Mais les clubs devront respecter une jauge de 75% à l'intérieur. Et les entrées seront conditionnées à la présentation du passe sanitaire.

Mis en place le 9 juin pour sécuriser les voyages et les grands événements publics, le passe sanitaire peut être complété de trois façons : à la faveur d'une attestation de cycle de vaccination complet, d'un test PCR ou antigénique négatif de moins de 48 heures ou d'un certificat de rétablissement justifiant de la présence d'une contamination passée au coronavirus.

Une mesure jugée trop contraignante

Deux semaines plus tard, l'extension du passe sanitaire à l'entrée des discothèques inquiète les professionnels de la nuit qui jugent le dispositif trop contraignant et difficilement applicable. 

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Premier grief : les jeunes, qui constituent le coeur de la clientèle des boîtes de nuit, sont encore très peu à être vaccinés. "Seulement 6,2% des moins de 29 ans (10% au 21 juin, Ndlr) ont reçu leurs deux injections et 30% sont contre la vaccination. Le créneau est plus qu'étroit", constate Patrick Malvaës, président du syndicat national des discothèques et lieux de loisirs (SNDLL). 

Le dirigeant syndical se montre aussi sceptique quant à la perspective de voir les jeunes se faire tester régulièrement pour montrer patte blanche à l'entrée des clubs cet été. "Si un jeune en vacances à Arcachon veut sortir tous les soirs, il va se balader tout l'été avec un coton tige dans le nez ? Restons sérieux. Le dispositif est trop lourd", estime-t-il, regrettant que les autorités n'aient pas retenu la possibilité de laisser les clients rentrer après avoir réalisé un autotest sur place.

La loi va être modifiée

La profession oppose aussi aux autorités la base légale contestable du dispositif. Lors de l'examen du texte à l'Assemblée début mai, le rapporteur de la Commission des lois avait souligné que le passe sanitaire n'avait pas vocation à conditionner l'accès aux discothèques ni à couvrir des activités présentant une dangerosité épidémique intrinsèque. En l'état actuel du droit, il désigne les grands rassemblements, avec une jauge indicative fixée à 1.000 personnes. "Pourquoi l'imposer tout d'un coup aux discothèques dont 90% ont une capacité inférieure à 300 personnes", s'interroge Patrick Malvaës.

"Le seuil de 1.000 personnes n’a pas été inscrit dans la loi justement pour permettre, le cas échéant, d’y intégrer les discothèques, qui présentent des risques particuliers que chacun peut aisément entendre", explique le cabinet d'Alain Griset, ministre délégué auprès du ministère de l'Économie, des Finances et de la Relance, chargé des Petites et Moyennes Entreprises, joint par RTL.fr. Un décret modificatif est en cours de rédaction pour inclure l'utilisation du passe sanitaire dans les discothèques dans la loi.

Les patrons de discothèques demandent aussi à être traités de la même façon que les bars et restaurants à ambiance musicale. "Nous sommes d'accord pour jouer le jeu mais le passe sanitaire doit aussi être appliqué à ceux qui font discothèque sans le dire pour que notre clientèle ne soit pas détournée vers d'autres lieux comme ce fut le cas l'été dernier où tout le monde a fait discothèque sauf les discothèques". Dans le cas contraire, une grande partie des établissements restera fermée et la profession n'hésitera pas à saisir le Conseil d'État et la Cour de Justice de l'Union européenne pour contester la mesure. 

Des discussions ont lieu depuis mardi soir à Bercy pour tenter de trouver un terrain d'entente entre les représentants des discothèques, des bars-restaurants et les métiers de l'hôtellerie de nuit. Le ministère confirmait mercredi soir à RTL.fr que l'application éventuelle du passe sanitaire à d'autres lieux était envisagée à la demande des organisations professionnelles.

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