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Coronavirus en Europe : "Les investisseurs ont peur", affirme Lenglet

ÉDITO - La Banque centrale européenne s'est réunie en urgence cette nuit à Francfort. Les bourses s'effondrent et les taux d'emprunt des pays européens ont grimpé, notamment en Italie.

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Coronavirus en Europe : "Les investisseurs ont peur", affirme Lenglet Crédit Image : AFP / DANIEL ROLAND | Crédit Média : RTL | Date :
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François Lenglet édité par Marie Gingault

Coup de théâtre cette nuit à Francfort, la Banque centrale européenne s'est réunie en urgence. C'était après une journée, une nouvelle fois catastrophique sur les marchés financiers, avec notamment un élément très préoccupant. Hier, les taux d'intérêt, le prix de l'emprunt pour les gouvernements, est sensiblement monté. Il n'y avait plus que trois pays européens avec des taux négatifs : l'Allemagne, la Suisse et le Danemark. 

Tous les autres doivent désormais payer pour emprunter, y compris la France. Et le cas le plus problématique est justement le pays aux prises avec la phase la plus grave de l'épidémie, l'Italie.

Son taux d'emprunt était hier soir de 2,6% par an, presque deux fois plus qu'il y a un mois. Une envolée, qui risquait de rendre plus difficile la levée des centaines de milliards nécessaires pour soutenir nos économies. C'est ça qui a conduit la BCE à se réunir.

Des investisseurs qui ont peur de prêter

Si les taux montent c'est parce que les investisseur ne prêtent plus aussi facilement qu'avant car ils ont peur. D'abord parce qu'ils ont pris une tôle énorme à la bourse, qui a quand même perdu un tiers de sa valeur en un mois. Ensuite parce qu'ils ne voient pas le bout de la crise sanitaire elle-même, qui cause la dépression économique. Enfin, il y a la boulette de Christine Lagarde, justement la patronne de la BCE, de jeudi dernier.
 
En principe, une banque centrale, c'est fait pour contrer la psychologie des boursiers, qui est toujours dans l'excès. Quand ils sont euphoriques, il faut leur mettre un seau d'eau glacée sur la tête. Et quand ils sont déprimés, leur donner des calmants. Une banque centrale, c'est fait pour cela, afin de stabiliser la croissance. Et voilà que Christine Lagarde a fait exactement le contraire. Jeudi dernier, alors que c'était la panique, elle a expliqué que ce n'était pas à elle de calmer les marchés avec des mesures exceptionnelles. Pour les investisseurs, ça voulait dire : débrouillez vous tout seuls ! C'était un seau d'eau glacée sur des boursiers angoissés. Du coup, la panique a redoublé. Le lendemain, la bourse de Milan perdait 17% et les taux d'intérêt italiens commençaient à grimper.

Le programme d'urgence pandémique

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Le conseil tâche aujourd'hui de réparer l'erreur initiale, aggravée encore hier par les déclarations du représentant autrichien, qui ont dû être, fait rarissime, démentis par un communiqué de l'organisme. Double réparation, donc, avec d'abord un programme pour prêter à ceux qui en ont besoin, les états en particulier, à hauteur de 120 milliards d'euros par mois, de façon a ce qu'il ne soient pas asphyxiés par des taux trop élevés. 

Ça s'appelle le programme d'urgence pandémique, le PEP, en anglais, en français ça serait le PUP. Et surtout, Lagarde a fait une nouvelle déclaration, complètement inverse à celle de jeudi dernier : "des circonstances extraordinaires exigent une action extraordinaire", a t-elle dit, 'il n'y a aucune limite à notre engagement en faveur de l'euro". L'arme des banques centrales, ce sont bien sûr les milliards, mais aussi et surtout les mots. Encore faut-il trouver les bons. 

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