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Coronavirus : dans le Val-d'Oise, des patients suivis à domicile pour libérer l'hôpital

REPORTAGE - Dans le Val-d'Oise, nous avons suivi une équipe médicale qui prend en charge les patients directement à domicile afin d'anticiper toute aggravation des symptômes demandant un rapatriement à l'hôpital.

Yves Calvi_ 3 Minutes pour Comprendre La rédaction de RTL iTunes RSS
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Coronavirus : dans le Val-d'Oise, des patients suivis à domicile pour libérer l'hôpital Crédit Image : Remko DE WAAL / ANP / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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Nicolas Burnens
édité par Victor Goury-Laffont

Face à l'afflux de patients, et pour éviter à tout prix la saturation, des hôpitaux expérimentent des solutions pour désengorger leurs services. Ceci passe par exemple par une prise en charge en ambulatoire, à domicile, des malades les moins gravement atteints par la Covid-19.

La méthode est employée par une équipe d'infirmières dans le Val-d’Oise, au centre hospitalier d'Argenteuil. Ce matin, la tournée débute, au pied d'une unité de barre d'immeubles. L'équipe médicale accède au 5ème étage de la résidence. Là, dans le couloir, sur le pas de la porte, Cécile, l'infirmière, met son matériel de protection, "masque de lunette, gants, surchaussure", puis entre prudemment dans l'appartement.
 
"Bonjour, Madame. Comment allez-vous ? Vous toussez beaucoup ?", commence-t-elle par demander. Dans une chambre, une femme de 72 ans est assise sur un lit. À ses pieds, un appareil l'aide à respirer, de l'oxygène, délivré par un long tuyau, jusqu'à ses narines. 

"Plus en sécurité" à domicile

"Comment s'est passée la nuit ? Vous êtes un peu essoufflée ?". Grâce à la machine, son niveau d'oxygène dans le sang reste stable. Hospitalisée durant 5 jours, cette retraitée a frôlé l'intubation. Elle ne peut marcher que quelques pas, mais se sent mieux chez elle, à la maison. La septuagénaire témoigne : "Je suis dans mon univers", assure-t-elle, "plus en sécurité". L'infirmière la rassure, "si entre deux visites ça se passe mal, vous rappelez soit le Samu, les pompiers, ou vous allez aux urgences".
 
Depuis une semaine, Julian, le fils, s'occupe de sa mère comme il peut : "on met les protections, on met le masque, on laisse de la distance. On vérifie si ça se passe mal : si son taux d'oxygène descend, si elle a de la fièvre".

Des patients suivis à distance

À l'écart, dans la cuisine, Nathalia, l'aide-soignante, inscrit toutes les données de la patiente sur une tablette numérique : "je note tout ce qui est la tension, la fréquence cardiaque... par rapport au début, la dame va beaucoup mieux, on aime bien quand c'est comme ça".

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Ces informations sont envoyées, directement sur une plateforme, en ligne, conçue spécialement par l'hôpital d'Argenteuil. La visite n'a duré qu'une quinzaine de minutes. L'équipe médicale repart, il lui reste encore une dizaine de patients à voir.
 
Grâce à ce dispositif innovant, l'hôpital peut ainsi suivre une centaine de malades à distance, qui sont sous oxygène à la maison. Dans son bureau, Catherine le Gall, la responsable des urgences, accède à cette plateforme sur son ordinateur. Elle peut alors voir en temps réel, l'évolution des patients : "vous avez un tableau de bord de tous les patients adultes, je regarde ce qui a bougé ces 48 dernières heures".
 
Ce sont les couleurs orange ou rouge qui attirent son attention : "Ça veut dire qu'il y a une constante ou un symptôme alarmant. Ce sont des malades qu'on voit se dégrader, et on les rappelle avant, on n'attend pas l'insuffisance respiratoire".

Un système pour éviter d'engorger les hôpitaux

Moins de 10% de ces malades reviennent à l'hôpital. Ce système permet de libérer des lits et ainsi de pouvoir soigner tous les patients : "l'équivalent en termes de lits des malades conscients, c'est une unité de 30 lits. Grâce à ce dispositif, un tiers des lits Covid peuvent être accordés à des malades non-Covid. Il s'agit de n'abandonner personne"
 
Au rez-de-chaussée de l'établissement, le service de réanimation est proche de la saturation. Dans le Val-d'Oise, département submergé par la deuxième vague, chaque place compte désormais à l'hôpital.

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