3 min de lecture Santé

Coronavirus : Michel Cymes alerte sur les risques psychologiques pour les soignants

Alors que le bilan de la pandémie de Covid a dépassé les 100.000 morts en France, Michel Cymes rend hommage aux personnels soignants et alerte sur les conséquences psychologiques qu'aura sur eux la crise sanitaire.

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Coronavirus : Michel Cymes alerte sur les risques psychologiques pour les soignants Crédit Image : BERTRAND GUAY / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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Michel Cymes édité par Benjamin Hue

100.000. Ça n’est jamais qu’un nombre, 100.000. Un compte rond, susceptible de marquer les esprits. Non pas que la cent-millième victime de l’épidémie mérite plus d’attention que les autres. Simplement, le fait de s’y arrêter témoigne de notre volonté de refuser que s’installe une forme d’indifférence face au coronavirus. 

Vous savez, il n’est rien de plus démobilisateur qu’un danger invisible, rien de plus déstabilisant qu’une menace impalpable. Et, par effet miroir, il n’est rien de plus vertigineux que la froideur d’un tel bilan. 

Ce nombre, 100.000, nous renvoie autant au respect des morts qu’à celui de celles et ceux, médecins, aides-soignants, infirmiers et autres professionnels de santé, soignants ou non soignants, qui ont donné une vie, la leur, pour en sauver d’autres. 

Combien de victimes chez le personnel soignant ?

Combien sont-ils, ces patriotes hospitaliers ? À vrai dire, la seule source digne de ce nom dont nous disposions, c’est l’Agence Nationale de Santé Publique.

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Au dernier pointage, elle recense 19 décès parmi les professionnels de santé, tout en prévenant que ces données sont, je cite Santé Publique France, "parcellaires et hétérogènes".  Et je ne peux m’empêcher d’ajouter : "Sans doute, aussi, provisoires".

Je veux dire qu’il y aura fatalement d’autres victimes. On peut raisonnablement espérer que, par la magie vaccinale, on en restera là. Mais le coronavirus a ceci de vicieux qu’il agit directement et indirectement, qu’il vise autant l’organisme qu’il bousille les esprits.

Vous savez, je l’ai déjà évoqué dans la matinale d’RTL, je suis allé dans un service de réanimation au début de l’épidémie, quand le chef de service avait appelé à l’aide les médecins de cet hôpital dans lequel je travaille. 

Quand vous êtes médecin et qu’on vous appelle, vous venez. Au-delà du flux des patients dont il fallait surveiller l’état, au-delà de la gestion de l’engorgement, au-delà de l’épuisement qui jamais ne l’a cédé au découragement, tout cela concernant le personnel spécialisé du service de réanimation, il fallait tout simplement des bras. 

Et quand je dis "des bras", c’est à prendre au sens le plus basique qui soit : oui, il fallait des bras, pour retourner les malades alités. Presque tous obèses, il fallait six, parfois huit personnes pour les retourner sans risquer d’arracher les perfusions et la sonde d’intubation.

Des effets psychologiques à long terme

Et vous savez quelle a été la première chose qu’on m’a demandée à peine arrivé la première fois, alors que j’étais là depuis 10 minutes ? Aider à mettre le corps d’un homme d’une quarantaine d’années dans une housse. Il était obèse, il venait de mourir du Covid, nous étions cinq et il a fallu deux housses pour pouvoir isoler ce corps porteur du virus. Et je peux vous dire que, même si cela fait 40 ans que j’exerce ce métier, et que des morts j’en ai vu beaucoup, c’est une image qui m’a profondément marqué.

Des situations comme celles-là, les soignants en ont vu des dizaines de milliers, et je l'ai déjà dit à plusieurs reprises ici-même : attention aux effets d’un stress post-traumatique. Oui, je le crains pour les personnels soignants comme pour tous les Français dont la vie est, ou a été, chamboulée par cette pandémie. 

Écoutez bien ce que je vais vous dire : "Le stress post-traumatique est un stress qui s’inscrit dans la durée. Et plus ça dure PENDANT, plus c’est délicat APRÈS… Il conviendra donc de s’occuper avec soin des professionnels de santé".

Cette phrase, vous la trouverez dans les archives de RTL. Je vous l’ai servie ici-même, il y a un an, mot pour mot et quasiment jour pour jour. La pandémie balbutiait encore, nous en étions à trois semaines de la fin du premier confinement et nous voulions entrevoir le bout du tunnel. "Plus ça dure PENDANT, plus c’est délicat APRÈS", vous disais-je. Ça fait maintenant plus de 13 mois que ça dure.

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