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PMA, consentement, harcèlement... Les 5 défis de Marlène Schiappa pour 2018

ÉCLAIRAGE - Voici les grands défis qui attendent Marlène Schiappa, secrétaire d'État en charge de l'égalité entre les femmes et les hommes, pour faire de la France un territoire où les femmes se sentent au sécurité et ce, dès 2018.

Marlène Schiappa en visite au Centre d'appel 3919 le samedi 25 novembre 2017
Marlène Schiappa en visite au Centre d'appel 3919 le samedi 25 novembre 2017 Crédit : Tristan Reynaud/SIPA
ArièleBonte
Arièle Bonte
Journaliste

Elle a formulé ses premiers vœux en tant que secrétaire d'État en charge de l'égalité entre les femmes et les hommes. Marlène Schiappa s'est à nouveau alignée avec les prises de position d'Emmanuel Macron. Le président de la République a fait de l'égalité femmes-hommes sa grande cause nationale durant la totalité du quinquennat.

Alors qu'une nouvelle année vient de débuter, les grands chantiers de la secrétaire d'État vont se poursuivre : son Tour de France de l'égalité, les travaux qu'elle a mis en place avec le ministère de l'Agriculture pour étudier à qui profite le mieux son budget (les hommes ou les femmes) ou encore sa campagne de sensibilisation à l'égard des violences sexistes et sexuelles... 2018, c'est aussi et surtout l'année où Marlène Schiappa va présenter, en concertation avec Nicole Belloubet, ministre de la justice, un projet de loi contre les violences sexuelles.

"La France ne doit plus être un de ces pays où les femmes ont peur", avait affirmé Emmanuel Macron à l'occasion d'un discours présentant les grandes lignes de ce plan d'action. Voici 5 des grands défis qui attendent Marlène Schiappa pour faire de la France un territoire où les femmes se sentent au sécurité et ce, dès 2018. 

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1. L'égalité au travail

"Pour 2018, des recrutements sans 'qui va garder vos enfants ?' des salaires équivalents à postes équivalents, plus de femmes à la gouvernance des entreprises", souhaitait Marlène Schiappa dans ses vœux pour 2018, publiés sur son compte Twitter le 1er janvier. 

Comme le souligne la secrétaire d'État, l'égalité au travail est loin d'être atteinte en France. Selon les derniers chiffres d'Eurostat, l'écart de rémunération entre les femmes et les hommes est de 15,8% dans notre pays. Cinq ans auparavant, ce dernier était estimé par le même organisme à 15,1%. Qu'elles soient à la tête d'entreprise ou dans les conseils d’administration, statistiquement, les femmes sont toujours moins représentées que leurs homologues masculins.

Ajoutés à cela des préjugés sexistes (quand on ne parle de harcèlement moral ou sexuel au travail, qui touchent plus souvent les femmes que les hommes) et vous aurez un tableau synthétique des inégalités sur le marché de l'emploi. 

En 2017, Marlène Schiappa a mis en place son plan d'action "name and shame" (inspiré d'une pratique anglo-saxone et que l'on pourrait traduire par "nommer et faire honte") contre les entreprises mauvais élèves de l'égalité. Cette dernière a également passé ses premiers mois d'exercice à répéter que, dans le cas du travail et des droits des femmes, la loi était bien faite... mais pas appliquée. Faire exister les lois en France pour 2018 et inverser la tendance (à l'aide de nouveaux moyens, notamment juridiques et financiers ?), le premier défi de Marlène Schiappa pour cette nouvelle année ?

2. L'allongement du délai de prescription

2018 est une année importante pour Marlène Schiappa puisqu'elle présentera devant le Parlement son projet de loi contres les violences sexistes et sexuelles. Parmi les mesures annoncées, on trouvera celle concernant l'allongement du délai de prescription dans les affaires de viols. Ce dernier est aujourd'hui fixé à 20 ans (à compter de la majorité) et pourrait passer à 30 ans si le projet de loi est adopté.

"L'allongement du délai de prescription était un engagement de campagne du président de la République, donc nous allons le mettre en œuvre", avait assuré Marlène Schiappa au micro de RTL en octobre 2017.

3. L'âge minimum du consentement sexuel

Marlène Schiappa avait annoncé en novembre 2017 que serait créé un "seuil de présomption de non consentement irréfragable" pour un ou une mineure ayant une relation sexuelle avec une personne majeure. Ce dernier se situera entre "13 et 15 ans", avait ajouté la secrétaire d'État quelques semaines après la polémique révélée par Mediapart autour du cas de Sarah, fillette de 11 ans, victime d'une "atteinte sexuelle" par un homme de 28 ans, selon la justice. Ses parents avaient porté plainte pour viol.

Aujourd'hui, un viol est reconnu comme tel si l'acte de pénétration est commis par "violence, contrainte, menace ou surprise". Le débat parlementaire devra délimiter l'âge en dessous duquel la victime est, de fait, automatiquement considérée comme non consentante.

4. Le harcèlement de rue

Pénaliser le harcèlement de rue, c'est l'une des principales mesures proposées par Marlène Schiappa durant l'année 2017. L'objectif : inscrire dans la loi qu'il est interdit de harceler une femme dans la rue "pour que la police puisse infliger des amendes aux hommes qui suivent les femmes dans la rue, qui les intimident (...) en public", avait expliqué le secrétaire d'État en septembre 2017 au micro de RTL

Si les grandes lignes de cette proposition reste n'ont pas encore été dévoilées, le groupe de travail parlementaire a rendu ses premières pistesrapporte BuzzFeed France : la définition du harcèlement de rue comme infraction "d'outrage sexiste et sexuel", une sanction d'une amende allant de 200 à 250 euros, 10.000 agents devraient être mobilisés pour "verbaliser sur le terrain" dès l'année 2018 et un message audio pourrait également passer dans les transports publics pour dissuader et sensibiliser. 

5. La PMA pour toutes

Il s'agit d'un engagement de campagne présidentielle du candidat Emmanuel Macron. Marlène Schiappa avait annoncé le 12 septembre 2017 au micro de Jean-Jacques Bourdin sur BFMTV que l'ouverture de la PMA (procréation médicalement assistée) à toutes les femmes serait proposée par le gouvernement "probablement" dans le cadre de la révision de la bio-éthique en 2018, sans vouloir "préjuger du débat parlementaire" sur ce projet de loi. 

Une affirmation réfutée par Gérard Collomb, ministre de l’Intérieur, quelques jours plus tard. "En 2018, a priori fin 2018, il y aura des états généraux de la bioéthique dans le cadre de la révision de la loi bioéthique proposée par ma collègue, la ministre de la Santé (...) et dans ce cadre, nous débattrons de la PMA, le gouvernement proposera d'ouvrir la PMA. Le calendrier précis sera exposé à ce moment-là, lors des états généraux de la bioéthique", a repris Marlène Schiappa sur France 3. Une fin d'année 2018 où débats et polémiques seront inévitablement au rendez-vous. 

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2018-01-01 15:38:00
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