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Travail : quand la charge mentale et l'hostilité touchent plus les femmes

Même si la charge mentale au travail est en baisse, les femmes s'estiment plus victimes que les hommes de comportements hostiles au travail, que ce soit de mépris ou d'atteintes dégradantes, selon une étude de la Dares publiée en décembre 2017.

Les femmes victimes de comportements hostiles au travail se plaignent d'une charge mentale trop importante
Les femmes victimes de comportements hostiles au travail se plaignent d'une charge mentale trop importante Crédit : iStock / Getty Images Plus
ArièleBonte
Arièle Bonte
Journaliste

La "charge mentale" au travail, une affaire de bonne femme ? Détrompez-vous. Une étude de la Direction de l'animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares) publiée en décembre 2017 dévoile les conséquences des tensions subies au travail sur les perceptions psychologiques que peuvent avoir les femmes comme les hommes sur la charge de leur travail.

L'étude de la Dares nous apprend en effet qu'en 2016, 44 % des salariés déclarent "devoir penser à trop de choses à la fois" contre 49 % en 2013. Cette baisse de la "charge mentale" au travail est généralisée dans toutes les catégories socioprofessionnelles des ouvriers aux cadres en passant par les professions dites "intermédiaires". Une (semi) bonne nouvelle, pourrait-on dire ! 


Cependant, vous nous voyez venir, à catégorie identique, les femmes sont plus nombreuses que les hommes à ressentir ce sentiment : elles sont 47% contre 40% des hommes à "devoir penser à trop de choses à la fois".

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S'agit-il d'un comportement soit-disant féminin ? Les femmes auraient-t-elles tendance à trop se mettre la pression ? Pas si sûr... "Selon une analyse préliminaire (...) l’évolution de la charge mentale, des exigences émotionnelles et des conflits de valeurs est très liée à celle des comportements hostiles", peut-on lire dans le rapport de cette étude de la Dares.

Parmi ces comportements qualifiés d'"hostiles", on retrouve le mépris, le déni de reconnaissance du travail ou les atteintes dégradantes dont fait par exemple parti le sexisme.

En 2016, 22% des salariés (contre 28% en 2013) signalent avoir été victime d'au moins l'un de ces comportements. Une baisse qui fait du bien mais qui n'épargne cependant pas les femmes. 

De meilleures conditions de travail pour les cadres

Car si toutes ces situations sont en baisse, ce sont (en 2016 comme en 2013) toujours les femmes (31%) qui signalent plus souvent que les hommes (28%) avoir subi au moins de l'un de ces comportements. 

En se plongeant un peu plus dans les données, on constate également que les salariées des grandes entreprises et des secteurs du commerce-transports, des activités scientifiques et de l'administration publiques subissent moins ces violences psychologiques que trois ans auparavant.

Dans les professions intermédiaires et à temps partiel, mais aussi dans le secteur agricole ou ouvrier, les chiffres n'ont en revanche pas (ou très peu) baissé entre 2013 et 2016.

Le sexisme et son effet sur la santé

"Le recul global de ces risques résulte peut-être d’une plus grande attention des managers et des salariés aux conflits interpersonnels au travail, dans le cadre d’une sensibilisation médiatique et politique au harcèlement moral et aux risques psychosociaux", tente d'expliquer le rapport de l'étude.

Une sensibilisation à transposer dans l'ensemble des secteurs pour permettre aux femmes de se sentir mieux sur leur lieu de travail et de garantir l'égalité entre elles et leurs homologues masculins. 

Selon une autre étude du ministère des Familles, de l'Enfance et des droits des femmes publiée en 2016, 74% des femmes non-cadres et 80% des femmes cadres déclaraient à l'époque penser que "les femmes sont régulièrement confrontées à des attitudes ou à des décisions sexistes au travail".

Tandis que 83% des femmes non-cadres pensaient que "le sexisme peut avoir des effets sur la santé". Le sexisme au travail, un problème de santé publique ?

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Travail : quand la charge mentale et l'hostilité touchent plus les femmes
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Même si la charge mentale au travail est en baisse, les femmes s'estiment plus victimes que les hommes de comportements hostiles au travail, que ce soit de mépris ou d'atteintes dégradantes, selon une étude de la Dares publiée en décembre 2017.
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2017-12-28 14:16:19
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