5 min de lecture

Une finale de rêve : favoris en début de CAN, le Sénégal et le Maroc se disputent une deuxième couronne africaine dans un sommet inédit

Dans son antre de Rabat, le Maroc défie le Sénégal en finale de sa CAN, dimanche 18 janvier à 20 heures, pour un choc de prestige, jamais vu dans le tournoi, entre les deux meilleures équipes du continent. La rencontre est à suivre en direct et en clair sur M6.

Le Sénégalais Sadio Mané et le Marocain Achraf Hakimi lors de la CAN.

Crédit : AFP

Gabriel Joly

Je m'abonne à la newsletter « Sport »

Pouvait-il y avoir une meilleure affiche en finale de la Coupe d'Afrique des nations, diffusée en clair sur M6 ? Objectivement non. Favoris annoncés dès le début du tournoi, le Maroc et le Sénégal - les deux meilleures nations africaines au classement Fifa et les seules à avoir passé les poules du dernier Mondial - ont répondu présents au fil des tours pour se hisser jusqu'à cet ultime duel, dimanche 18 janvier à 20 heures au stade Prince Moulay Abdellah de Rabat.

À l'issue de ce rendez-vous attendu, et surtout inédit dans une compétition majeure (leur dernière rencontre en match officiel remonte à un quart de siècle), le vainqueur brandira sa deuxième couronne continentale. Si les Lions de l'Atlas l'attendent depuis 50 ans, les coéquipiers de Sadio Mané peuvent glaner un nouveau sacre, quatre ans après le premier.

Sur le papier, compliqué de dégager un favori clair : les deux effectifs se valent et selon l'angle d'analyse que l'on prend, on y verra un avantage léger pour l'un, aussitôt balayé par un différent argument favorable de peu à l'autre.

Les Sénégalais ont pour eux celui de la fraîcheur, après être parvenus à momifier l'Égypte en demi-finales dans le temps réglementaire mercredi en fin d'après-midi grâce à Sadio Mané (1-0), quand les hôtes du Maghreb ont attendu le bout de la nuit pour écarter le Nigeria à l'issue de 120 minutes de jeu et d'une séance de tirs au but tendue (0-0, 4-2 t.a.b.).

À écouter aussi

Pour autant, les hommes de Walid Regragui vont bénéficier d'un immense soutien devant leurs fans. "J'attends beaucoup du public. S'ils viennent au stade pour prendre des selfies ou manger des petits fours, ils ne nous servent à rien", a répété le sélectionneur tout au long du mois. Contre le Nigeria, même un aveugle aurait deviné aux sifflets nourris et aux acclamations assourdissantes, qui des Super Eagles ou des ouailles locales avaient le ballon sur le terrain.

Le Maroc face à son public, le Sénégal face à ses absents

Reste que ce contexte s'est déjà retourné contre le Maroc durant cette CAN. Sans les éclairs fous d'Ayoub El Kaabi, auteur de deux bicyclettes au premier tour, et de Brahim Diaz, meilleur buteur de la compétition avec cinq réalisations, les partenaires du solide Yassine Bounou dans les cages - qui n'a pas encaissé le moindre but dans le jeu - seraient demeurés tétanisés par l'enjeu, écrasés par la pression de tout un peuple.

Après tant d'investissements réalisés dans le Royaume pour promouvoir son football, tout autre résultat qu'une victoire finale passerait pour un échec. Gare aux jambes qui tremblent donc, dans la dernière ligne droite.

À l'inverse du Maroc, monté en puissance grâce aux coups tactiques de leur coach contre le Cameroun en quarts (2-0) et le Nigeria, le Sénégal lui n'a jamais semblé proche de la rupture, dégageant une sérénité à toute épreuve en dépit de prestations moins impressionnantes que par le passé. Preuve de leur grande expérience, les joueurs de Pape Thiaw, qui disputent leur troisième finale de Coupe d'Afrique en quatre éditions, s'appuient sur un collectif dont la colonne vertébrale se connaît par cœur.

Les sélectionneurs du Sénégal Pape Thiaw et du Maroc Walid Regragui.

Crédit : SEBASTIEN BOZON et GABRIEL BOUYS / AFP

Derrière le chef de file Sadio Mané, Idrissa Gueye (36 ans) au milieu et le gardien Édouard Mendy (33 ans) incarnent la génération dorée des Lions de la Teranga, visiblement pas encore tout à fait sur le déclin. Seul hic ? Comme le précieux Habib Diarra, le capitaine Kalidou Koulibaly est suspendu pour cette finale. Et ce, pour la deuxième fois déjà lors d'une phase à élimination directe globalement difficile pour lui. Il laissera probablement sa place au prospect strasbourgeois Mamadou Sarr en charnière.

"Rentrer en demi-finale, comme ça, à 20 ans : c’est magnifique, il a fait un match monstrueux. C’est mon frère", a salué celui à qui il doit être associé dimanche, le Lyonnais Moussa Niakhaté, après sa sortie du banc contre l'Égypte. De même, l'ailier du PSG Ibrahim Mbaye, 17 ans, et le milieu monégasque Lamine Camara, 21 ans, se sont distingué à chaque fois que Pape Thiaw a fait appel à eux.

Le duel Mané-Hakimi comme clé de la finale

Leurs adversaires ont eux aussi eu le temps de composer avec l'absence sur blessure d'Azzedine Ounahi, forfait en phase finale. Quand Bilal El Khannouss a engrangé des minutes, l'ex-Lensois Neil El Aynaoui s'est lui totalement révélé, régnant en patron sur l'entrejeu. "Cela fait deux ans qu’il devait venir puis non, a rappelé Walid Regragui mercredi au sujet du binational tricolore. J’étais à deux doigts de dire : 'ça y est, c’est terminé'. Je remercie Dieu de m’avoir calmé, moi et mon caractère, d’avoir pris du recul et d’avoir encore discuté avec lui pour le convaincre de nous rejoindre".

Si le duel à l'opposé entre Iliman Ndiaye et Noussair Mazraoui promet, difficile de ne pas voir celui opposant Sadio Mané sur l'aile à Achraf Hakimi, revenu d'une blessure à la cheville au second tour, comme LA clé de cette finale. La capacité du Parisien à contenir son vis-à-vis paraît déterminante, sachant que l'attaquant de 33 ans évoluant à Al-Nassr est habitué à se montrer décisif (meilleur passeur de l'histoire de la CAN, avec neuf caviars et onze buts inscrits) et compte bien le prouver une énième fois pour sa last dance dans le tournoi.

Au Maroc, on n'a pas encore retrouvé le Hakimi de la saison passée, vainqueur de la Ligue des champions avec le PSG. Considéré comme le meilleur latéral du monde, il peut néanmoins briller par son apport offensif, notamment sur coup de pied arrêté.

Le décor est planté et, alors que les billets pour ce choc se vendent à prix d'or au marché noir, cette finale se présente comme l'une des plus alléchantes de l'histoire récente de la CAN. Quoi de mieux pour clôturer une mois sans aucune surprise jusqu'ici.

La rédaction vous recommande
À lire aussi

L’actualité par la rédaction de RTL dans votre boîte mail.

Grâce à votre compte RTL abonnez-vous à la newsletter RTL info pour suivre toute l'actualité au quotidien

S’abonner à la Newsletter RTL Info