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Le sélectionneur du Maroc Walid Regragui avec son capitaine Achraf Hakimi lors du huitième de finale de la CAN contre la Tanzanie, le 4 janvier 2026 à Rabat.
Crédit : Gabriel BOUYS / AFP
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Il est à 90 minutes (ou 120) de réussir son pari. Souvent critiqué - parfois injustement - par la presse et le peuple marocain pour le jeu jugé restrictif proposé par ses joueurs, Walid Regragui est parvenu à qualifier les Lions de l'Atlas en finale de leur Coupe d'Afrique des nations, où ils affronteront le Sénégal pour un choc de rêve, dimanche 18 janvier à 20 heures au Stade Prince Moulay Abdellah de Rabat (diffusée en clair sur M6).
Dès le début du tournoi organisé sur son sol, le sélectionneur du Maroc avait pris la mesure du rôle ingrat qui lui incombait, alors que tout autre résultat qu'un deuxième sacre, cinquante ans après la première CAN du pays, serait vécue comme un échec. Il est celui qui concentrera toujours toutes les réprimandes, quand son groupe sera lui porté aux nues si l'objectif est atteint. Mais tel un paratonnerre, l'ancien latéral passé par Toulouse, Ajaccio, Dijon et Grenoble a accepté les conditions sans broncher.
Les conférences de presse du technicien de 50 ans sont d'ailleurs un spectacle que personne ne veut manquer cet hiver. Mardi à la veille de la demi-finale remportée aux tirs au but face au Nigeria (0-0, 4-2 t.a.b.), le natif de Corbeil-Essonnes a de nouveau témoigné de sa maîtrise de la communication, un atout majeur à un poste aussi politique que le sien.
"J'ai une bonne nouvelle : Azzedine Ounahi va jouer demain !", a-t-il lancé avant de marquer un silence et d'ajouter hilare : "Non, je déconne". De quoi détendre l'atmosphère, son milieu de terrain étant forfait jusqu'à la fin de la compétition, et dédramatiser la tension inhérente à ce rendez-vous au sommet.
Car Walid Regragui, qui n'hésite pas à défendre avec ardeur et passion le football africain, le sait : les médias locaux ne lui passeront rien, même s'il a fait du Maroc la première équipe nationale du continent à atteindre le dernier carré d'une Coupe du monde en 2022. La faute notamment à une élimination prématurée en huitième de finale de la dernière CAN il y a deux ans contre l'Afrique du Sud (2-0), malgré ce nouveau statut hérité du Mondial au Qatar.
Qu'importe si les Marocains sont invaincus depuis cet accident de parcours et aient même enchaîné 19 victoires de suite entre juin 2024 et le succès inaugural contre les Comores (2-0) dans ce tournoi, les performances affichées par ses ouailles face au Mali au deuxième match (1-1) et à une modeste Tanzanie en huitièmes de finale (1-0) ont suscité des quolibets, en dépit d'une réponse positive contre la Zambie pour clore le premier tour (3-0).
"Je n'ai pas été que chahuté, c'était une campagne vraiment pas correcte mais ce n'est pas grave, on l'a acceptée, le groupe m'a protégé, ils aiment leur coach. C'est sur le terrain qu'ils doivent me le rendre, a confié Walid Regragui au micro de beIN Sports, après la qualification en finale. La critique fait partie du football, on l'accepte. On sait que la moindre défaite ou le moindre nul au Maroc est catastrophique. On est restés concentrés et on est heureux à la fin pour le public, car on sait que 90% des gens sont derrière cette équipe".
Il faut dire que le vainqueur de deux championnats du Maroc avec le FUS Rabat et le Wydad Casablanca, qu'il a aussi mené vers une Ligue des champions africaine en 2022, a récemment démontré sa science de la tactique. Face à l'impressionnante densité physique du Cameroun en quarts de finale, il a répondu par un pressing de tous les instants, étouffant les Lions indomptables (2-0) pour rallier le tour suivant sans trembler. Puis en demi-finales, il est parvenu à museler l'armada offensive du Nigeria (14 buts en cinq matchs) en coupant les lignes de passes vers les ailes des Super Eagles. Un sevrage de ballons, qui a rendu inoffensives les stars Victor Osimhen et Ademola Lookman.
Celui que certains suiveurs disaient vouloir voir remplacé par Tarik Sektioui, sacré à la Coupe arabe quelques semaines avant la CAN avec l'équipe marocaine A', n'était toutefois pas si revanchard après ce fait d'armes.
Bien au contraire, endossant la responsabilité d'avoir envoyer l'attaquant lillois Hamza Igamane frapper durant la séance, lequel a raté son tir au but. "Cela faisait longtemps qu’il n’avait pas joué, c’est un jeune joueur, ce n’étaient pas les meilleures conditions. À l’entrainement il tire super bien, je l’ai envoyé au feu. Je n’aurais peut-être pas dû... Si nous avions été éliminés, ç’aurait été de ma faute", a-t-il assumé, fidèle à sa doxa.
"Walid, c'est un grand frère au même titre que beaucoup d'entraîneur africains qui ont la chance d'évoluer en équipes nationales. Moi j'ai dit que j'étais fier de ce qu'il fait. Il continue à le faire, il a beaucoup travaillé, il a beaucoup de pression et il mérite la victoire", a d'ailleurs salué le coach du Nigeria, Éric Chelle, beau joueur mercredi.
"Aujourd'hui, on récolte l'âge d'or du football marocain mais il ne faut pas oublier d'où on vient", a insisté le principal intéressé, conscient des investissements consentis par la famille royale et le gouvernement de Rabat pour développer le ballon rond dans le Royaume. 22 ans après la dernière finale de CAN du Maroc, Walid Regragui peut mener la génération des Achraf Hakimi et Brahim Diaz vers la plus belle page de l'histoire de la sélection, contre le Sénégal.
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