3 min de lecture Euro 2021

Euro 2020 reporté à 2021 : 3 questions à J-100 du coup d'envoi supposé

ÉCLAIRAGE - Comment va évoluer l'épidémie de coronavirus ? L'Uefa doit-elle se replier sur un seul pays voire sur une seule ville ? Les matches se joueront-ils avec du public ? Officiellement, l'instance européenne ne voit aucune raison de s'affoler.

17 mars 2020 : le président de l'Uefa Aleksander Ceferin officialise le report de l'Euro à 2021
17 mars 2020 : le président de l'Uefa Aleksander Ceferin officialise le report de l'Euro à 2021 Crédit : JUSTIN TALLIS / AFP
Gregory Fortune
Gregory Fortune
et AFP

J-100. Le compte à rebours s'égrène et, pour l'instant, l'Uefa veut toujours croire que l'Euro 2020 -reporté à 2021 dès mars dernier- se tiendra bien comme prévu dans 12 villes d'autant de pays du vieux continent, du vendredi 11 juin au dimanche 11 juillet prochain.

Officiellement, l'instance européenne ne voit aucune raison de s'affoler malgré la ténacité du coronavirus : elle maintient ses plans initiaux et a seulement décalé, de mars à début avril, le moment de définir "ville par ville" son protocole sanitaire. L'équipe de France doit défier l'Allemagne à Munich, puis le Portugal et la Hongrie à Budapest. 

Amsterdam, Bakou, Bilbao, Bucarest, Copenhague, Dublin, Glasgow, Rome et Saint-Pétersbourg doivent aussi accueillir des matches, tandis que les demi-finales et la finale doivent se jouer dans un même lieu : le stade de Wembley, à Londres. Cette répartition paneuropéenne résulte du souhait de Michel Platini, président de l'Uefa en 2012 au moment l'attribution de la compétition, de célébrer les 60 ans de l'épreuve.

1. Comment va évoluer l'épidémie ?

Décidé dès mars 2020, le report du tournoi (toujours baptisé Uefa Euro 2020) à l'été 2021 laissait espérer une embellie sanitaire mondiale dans l'intervalle. L'optimisme était encore de mise à l'automne dernier, avec la reprise généralisée des compétitions et l'arrivée des vaccins

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Mais depuis janvier, la multiplication des variants du Covid-19 sème le doute sur l'évolution de la pandémie. Parallèlement, les restrictions de déplacement entre certains pays perturbent de nouveau les calendriers sportifs. 

2. Repli dans un seul pays ? Dans une seule ville ?

"J'estime à titre personnel que la version de départ, avec une compétition disséminée à travers l'Europe, a peu de chances de voir le jour compte tenu des restrictions de voyage", a pronostiqué mi-janvier le président de la Fédération suisse de football Dominique Blanc. Pour lui, "la première variante serait de disputer l'Euro dans un seul pays, en Russie ou en Allemagne par exemple".

Il envisage aussi de "se replier sur une seule grande ville possédant suffisamment de stades pour accueillir les six groupes", comme Londres. Outre Wembley (90.000 places), la capitale anglaise possède une multitude de stades : le Tottenham Hotspurs Stadium (62.000), l'Emirates Stadium d'Arsenal (61.000), le stade olympique où évolue West Ham (60.000 en version football), Stamford Bridge (Chelsea, 41.000)... sans même parler de Twickenham, le stade national de rugby (82 000).

Alors même que le Royaume-Uni est le pays européen le plus endeuillé par la pandémie,  mais aussi le plus avancé dans la vaccination, l'hypothèse londonienne a resurgi ces derniers jours : le Premier ministre britannique, Boris Johnson, s'est dit prêt à accueillir "d'autres matches" que les sept rencontres prévues à Londres, dans une interview au Sun. Par ailleurs, Budapest et Bucarest se sont posées en recours en accueillant des rencontres délocalisées de Ligue des champions, pendant qu'Israël offrait mi-février à l'instance européenne d'accueillir "certaines rencontres de l'Euro". 

3. Avec ou sans public ?

Outre les "bulles" pour les équipes et les médias, désormais incontournables, quatre scénarios sont envisagés : "100% de spectateurs dans le stade, 50 à 100%, 20 à 30% ou le huis clos". Sauf que l'UEFA ne contrôle ni l'évolution sanitaire, ni les politiques des 12 pays-hôtes, qui peuvent à tout moment interdire l'entrée sur leur territoire ou imposer des mesures de quarantaine incompatibles avec le bon déroulement de l'Euro. 

Dans ce contexte, un "certain nombre" de supporteurs qui n'avaient "pas raté une compétition depuis 20 ans" ont déjà annulé leurs billets, a expliqué Ronan Evain, directeur général du réseau Football Supporters Europe (FSE), à l'AFP. "Il est envisageable que certains pays ne laissent pas entrer les porteurs de billets non résidents, ou que ces derniers soient autorisés via un corridor : vol spécial, transport en bus de l'aéroport au stade..."

"Ce n'est pas nécessairement des choses attirantes pour tout le monde", poursuit-il, avant de mettre en avant des mesures plus drastiques : "Si on doit être en Hongrie le mercredi et en Angleterre le dimanche, ce sera impossible de s'infliger les deux quarantaines". Le match d'ouverture de l'Euro, Turquie-Italie, est prévu le vendredi 11 juin à 21h au stade olympique de Rome.

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