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Les pilotes de MotoGP à Sepang, en Malaisie, le 1er novembre 2026.
Crédit : MOHD RASFAN / AFP
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Iront ou n'iront pas ? Le 20e Grand prix de la saison de MotoGP doit normalement se tenir du 6 au 8 novembre au Qatar, mais depuis de longues semaines le doute plane. Car la situation n'est toujours pas stable au Moyen-Orient où beaucoup craignent une reprise de la guerre entre les États-Unis - alliés d'Israël - et l'Iran. Des informations de presse évoquent une possible campagne militaire courte et intense après les élections américaines de mi-mandat prévues mardi.
Après les frappes conjointes des États-Unis et d'Israël contre l'Iran le 28 février dernier, Téhéran avait riposté en visant notamment les pays du Golfe, comme le Qatar. Un cessez-le-feu en avril avait mis fin à près de 40 jours, un protocole d'accord visant à mettre définitivement fin au conflit avait été conclu en juin mais la fragile entente a volé en éclats cet été et les négociations ont depuis échoué à mettre fin durablement à la guerre.
Ajoutons à cela une guerre qui s'est intensifiée entre des combattants houthis qui contrôlent une partie du Yémen et l'Arabie saoudite, des bombardements ayant notamment touché l'aéroport de Riyad. Organiser une course de MotoGP au milieu de ce contexte géopolitique semble donc compliqué. Enfin sauf pour l'organisation gérant le championnat qui ne cesse de dire que le GP aura bien lieu, malgré les oppositions de plus en plus bruyantes.
Car cette question est sur toutes les lèvres dans le paddock depuis des semaines. Beaucoup de pilotes ont refusé de s'exprimer clairement, à l'instar de Marc Marquez, le septuple champion du monde et leader du championnat, qui a simplement répondu dimanche après sa victoire en Malaisie : "Je préfère ne rien dire". Alex Marquez et Pedro Acosta, qui l'accompagnaient sur le podium, ont également botté en touche.
Mais plusieurs médias spécialisés ont indiqué que les 22 pilotes de la grille se sont réunis une première fois lors de la manche précédente du championnat en Australie pour discuter avec les autorités régulatrices du motocyclisme, exprimant pour la plupart leur réticence. Une autre réunion a eu lieu ce week-end en Malaisie : les pilotes ont même signé une lettre pour exprimer leur opinion et demander plus de garanties de sécurité.
Un porte-parole s'est fait entendre, le pilote australien Jack Miller. "Je n'ai pas envie d'y aller. Comme tout le monde. Nous sommes 19 (sur 22) à ne pas vouloir nous y rendre. Je ne pense pas que nous devrions courir dans ces conditions. Nous avons été très clairs sur notre position. Nous verrons quelle décision sera prise", a-t-il martelé devant la presse dimanche 1er novembre.
Autre rebondissement fracassant dimanche : l'écurie japonaise Yamaha a annoncé ne pas se rendre au Qatar, une décision qui concerne également l'écurie satellite Pramac. "À la suite de sa dernière évaluation de la situation au Moyen-Orient, Yamaha n'a pas identifié de raisons suffisantes pour modifier les restrictions de déplacement actuellement en vigueur à l'échelle du groupe. Par conséquent, Yamaha a informé la société MotoGP de sa décision de ne pas participer au Grand Prix du Qatar 2026", peut-on lire dans le communiqué de l'équipe.
Les quatre pilotes concernés par cette décision - le Français Fabio Quartararo, l'Espagnol Alex Rins, le Turc Toprak Razgatlioglu et l'Australien Jack Miller - ne sont guère très élevés dans le classement du championnat, les enjeux sont donc moindres pour eux.
Mais la décision de Yamaha n'a pas plu à l'organisation du MotoGP, surtout qu'elle avait envoyé un courrier à toutes les équipes quelques heures plus tôt pour assurer une nouvelle fois que les conditions de sécurité étaient assurées, notamment par le gouvernement qatari, rapporte Motorsport.com. Les organisateurs se sont dit "déçus" de la décision de l'écurie japonaise.
"Bien que nous reconnaissions que l'équipe est soumise à une politique d'entreprise plus générale limitant les déplacements au Moyen-Orient, nous estimons que cette décision ne reflète pas les nombreuses garanties données à toutes les parties prenantes du Championnat", a assuré le MotoGP dans un communiqué.
"Outre les implications contractuelles de la décision de Yamaha, sa non-participation aura des implications et conséquences sportives qui seront gérées par la FIM", la Fédération internationale du motocyclisme, a averti le MotoGP après le communiqué de Yamaha.
Le groupe avait déjà précisé plus tôt : "Le groupe MotoGP attend de toutes les parties prenantes, y compris les équipes et les pilotes, qu'elles respectent pleinement leurs obligations contractuelles et réglementaires et agissent de bonne foi. Toute absence pourrait avoir des conséquences négatives pour le championnat, MotoGP Group, la FIM, le promoteur, les diffuseurs, les sponsors, les partenaires commerciaux, les spectateurs et les autres acteurs du MotoGP." L'écurie pourrait donc faire l'objet de possibles sanctions sportives.
Car le MotoGP et l'État du Qatar tiennent à ce GP notamment pour des raisons financières et assurantielles. D'après Motorsport.com, une note du PDG de MotoGP Sports Entertainment Group (MGPSEG) assurait que l'enveloppe financière du pays arabe est supérieure à celle des autres courses du championnat.
Simon Grignon, directeur du courtier Platus, spécialiste des risques au Moyen-Orient, explique à l'AFP que l'annulation de cette course serait "négative" pour ces pétromonarchies du Golfe en quête de "soft power" par le sport et le tourisme. Mais les maintenir devant des dizaines de milliers de spectateurs et des dizaines de millions d'autres derrière leurs écrans et qu'"il se passe quelque chose, c'est encore pire".
La MotoGP n'est d'ailleurs pas la seule compétition automobile à avoir ces débats ces dernières semaines : en F1, les deux derniers de la saison doivent se tenir au Qatar et à Abou Dhabi. Mais rien n'est sûr pour le moment.
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