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Guerre au Moyen-Orient : les États-Unis redoutent "une escalade rapide" après des frappes houthis contre l'Arabie saoudite

Les États-Unis alertent sur le risque d'"escalade rapide" au Moyen-Orient après une attaque revendiquée par les Houthis contre Ryad, une première depuis des mois. Au Yémen, la reprise des combats a déjà fait des centaines de morts et plus de 100.000 déplacés.

Un avion atterrit à l'aéroport international de Ryad, samedi 19 octobre.

Crédit : AFP

AFP - édité par Athénaïs Cornette de Saint Cyr

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Les États-Unis disent redouter une "escalade rapide" des hostilités au Moyen-Orient après les attaques des Houthis du Yémen contre l'Arabie saoudite, dont la capitale a été visée pour la première fois depuis des mois par ces combattants pro-iraniens.

Donald Trump, qui devait passer tout le week-end dans la résidence présidentielle champêtre de Camp David dans le Maryland (est), est rentré à Washington samedi 19 septembre, dans la soirée.

La Maison Blanche n'a donné aucune explication. Mais ce retour anticipé survient alors qu'un nouveau seuil a été franchi dans les hostilités entre l'Arabie saoudite et les Houthis, qui contrôlent une grande partie du Yémen voisin et combattent les forces gouvernementales, soutenues par une coalition menée par Ryad.

De fortes explosions ont retenti dans la capitale saoudienne à deux reprises samedi, où les journalistes de l'AFP ont vu un réservoir de carburant portant le logo du géant pétrolier saoudien Aramco en feu près de l'aéroport. "Ce conflit militaire a le potentiel de connaître une escalade rapide", a estimé le département d'État américain dans un avertissement sur X aux ressortissants américains se trouvant au Moyen-Orient.

110.000 personnes déplacées

Alors que la trêve de 2022 a volé en éclats en juillet, l'offensive éclair des Houthis ces dernières semaines au Yémen a fait des centaines de morts et, selon l'ONU, plus de 110.000 déplacés. Ils contrôlent désormais tout le littoral bordant la mer Rouge, renforçant leur emprise sur le stratégique détroit de Bab el-Mandeb, qui relie l'Asie à l'Europe via le canal de Suez.

Ces combats et les hostilités qui ont suivi avec le royaume voisin ont déjà perturbé le trafic maritime et les exportations de l'Arabie saoudite, premier fournisseur d'or noir de la planète. Par ricochet, le baril de pétrole s'est installé au-dessus des 100 dollars, faisant bondir les tarifs à la pompe pour les consommateurs du monde entier, y compris aux États-Unis où approchent les élections de mi-mandat.

"Mes fenêtres ont tremblé"

Samedi soir, la coalition dirigée par l'Arabie saoudite a confirmé sur X qu'un missile avait été tiré la nuit précédente par les Houthis en direction de Ryad, tout en assurant qu'il avait été détruit. Selon elle, ces combattants ont également tenté de cibler "des civils" dans plusieurs villes de l'ouest du royaume dont le port de Yanbu, sur la mer Rouge, depuis lequel Ryad exporte du pétrole. Des attaques "déjouées", de même source.

Les Houthis ont, de leur côté, revendiqué deux attaques avec des missiles et des drones, l'une visant "des sites sensibles à Ryad" et l'autre "des installations d'Aramco à Yanbu". L'attaque contre Ryad n'était pas mentionnée dimanche à la une de plusieurs grands titres de la presse saoudienne.

Elle "marque une dangereuse escalade, les Houthis menant désormais des frappes à proximité immédiate d'infrastructures civiles majeures, dans l'une des zones les plus densément peuplées du royaume", a commenté pour l'AFP Andreas Krieg, du King's College de Londres. "Un seuil psychologique important a été franchi".

Le mouvement pro-iranien avait jusqu'ici majoritairement ciblé des installations pétrolières et des bases militaires dans le sud ou sur la côte donnant sur la mer Rouge. Et la capitale n'avait pas été menacée depuis la reprise en juillet des hostilités.

Ryad avait en revanche été frappée au plus fort de la guerre régionale déclenchée fin février par des frappes américano-israéliennes sur l'Iran, qui avait riposté en lançant des attaques contre les pays du Golfe, alliés des États-Unis.

Le chef de la CIA en Égypte

Plus tôt dans la semaine, les Houthis ont aussi été accusés par Ryad d'avoir ciblé La Mecque, ville sainte de l'islam. Le mouvement pro-iranien a démenti. En riposte, l'Arabie saoudite a quotidiennement et largement bombardé les zones contrôlées par les combattants au Yémen, sans toutefois parvenir pour l'heure à les faire faiblir.

Sous pression, le royaume, qui cherche à contenir la menace houthie sans pour autant se laisser entraîner dans une guerre ouverte, multiplie les contacts diplomatiques. Condamnant les attaques houthies, le chef de la diplomatie turque, Hakan Fidan, a fait état de discussions avec l'Arabie saoudite ainsi que le Pakistan, les trois pays étant partenaires d'un pacte de défense mutuelle conclu en août.

"À cet égard, des besoins militaires, notamment dans le domaine technique, pourraient se présenter. Il n'y aurait aucun problème à répondre à cette demande", a-t-il déclaré sur la chaîne NTV.

Le média américain Axios avait affirmé la semaine dernière que les États-Unis ont refusé de frapper les Houthis, comme le lui avait demandé Ryad. Mais avec l'intensification des attaques houthies, et leurs répercussions sur l'économie mondiale, il devient de plus en plus difficile pour Donald Trump de rester à l'écart.

Dans ce contexte, le directeur de l'agence de renseignement américaine CIA, John Ratcliffe, a rencontré dimanche le président égyptien, Abdel Fattah al-Sissi, lors d'une rare visite au Caire. Ce dernier a souligné "l'importance capitale de régler les crises régionales par la voie politique et diplomatique".

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