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JO de Tokyo 2020 : pourquoi les Jeux auront sans doute lieu coûte que coûte

ÉCLAIRAGE - En dépit d'une opinion publique de moins en moins favorable, de vives critiques dans la presse et d'un retard dans la campagne de vaccination, les JO devraient bien se dérouler du 23 juillet au 8 août.

Un homme devant les anneaux olympiques à Hachioji le 14 avril 2021
Un homme devant les anneaux olympiques à Hachioji le 14 avril 2021
Crédit : KIM KYUNG-HOON / POOL / AFP
JO de Tokyo 2021 : pourquoi les Jeux auront sans doute lieu coûte que coûte
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Philippe Dova - édité par Gregory Fortune

Dans 81 jours doivent démarrer les Jeux Olympiques de Tokyo (vendredi 23 juillet-dimanche 8 août). Après un report l'an passé pour cause de pandémie, le Japon s'apprête à accueillir le monde entier, mais des doutes et des incertitudes demeurent du côté des organisateurs. Parmi les questions qui restent en suspens, il y a la présence ou non du public dans les tribunes.

Il va encore falloir patienter pour le savoir, mais des Jeux sans public, c'est une hypothèse qui n'est plus exclue dorénavant. La décision a été reportée au mois de juin, en fonction de la maîtrise ou non de l'épidémie. On en est même à se demander si les organisateurs n'attendent pas que cette décision viennent de l'Organisation mondiale de la santé, ce qui leur éviterait de perdre la face.

L'opinion publique japonaise est-elle de plus en plus hostile à la tenue de ces JO cet été ?
L'ambiance n'est en tout cas pas du tout à la fête populaire. Selon les derniers sondages, seulement 24,6% de Japonais seraient toujours favorables à la tenue des JO. L'annulation pure et simple n'est plus un sujet tabou et il ne se passe plus une journée sans que certains titres de la presse quotidienne, plutôt indépendants du pouvoir, s'en fassent l'écho.

Un pilote dans l'avion ?

Dans son édition du 28 avril, le Nikkei Asia, qui est l'équivalent des Échos, ce journal de référence des acteurs économiques qui est aussi l'un des sponsors les plus importants des Jeux n'a pas hésité à dénoncer à son tour la cacophonie ainsi que les cafouillages du gouvernement et du Comité olympique en se demandant s'il y avait bien un pilote dans l'avion ?

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Il faut dire que le gouvernement et les officiels multiplient annonces, les contre-annonces et les maladresses comme la demande récente de recruter 500 infirmières pour veiller sur les athlètes étrangers. La demande a enflammé les réseaux sociaux, les internautes ont accusé le Comité olympique de privilégier la santé des étrangers à celle des Japonais. Donc ce sont des Japonais désabusés, sceptiques et très critiques à l’égard de leurs gouvernants, incapables d’après eux de gérer les JO, l’épidémie et la campagne de vaccination.

Le Japon très en retard dans la vaccination

Les commandes ont été passées en retard et donc le pays est très en retard par rapport aux autres pays occidentaux. 17 millions de doses Pfizer sont pourtant bien arrivées, mais seulement 3 millions d’habitants sur 126 millions ont été vaccinés c’est à dire à peine 2% de la population. 14 millions de vaccins sont en attente car rien n’a été prévu pour les administrer : pas de locaux prévus, manque de personnel médical. 

Des vaccins Moderna sont aussi arrivés, mais, cerise sur le gâteau, ils n’ont pas encore passé les tests cliniques japonais, alors qu’ils ont passés tous les tests internationaux. Le gouvernement vient de décider de créer deux vaccinodromes à Osaka et Tokyo et de faire appel à l’armée pour essayer de rattraper le temps perdu.

Les chaînes américaines ont même imposé la date

De leur côté, les "pros JO" ne reculent devant rien. Ils ont même sorti de leur chapeau des statistiques pour démontrer que chaque athlète court 1 risque sur 1,8 million d’attraper le coronavirus, beaucoup moins que d’être frappés par un astéroïde ou de périr dans un accident d’avion.

La méthode Coué pour des Jeux quoi qu’il en coûte, car les enjeux financiers ne sont pas anodins : les chaines américaines ont versé des droits colossaux au Comité international olympique. Avec ou sans public, elles comptent bien retransmettre l'événement et empocher de très confortables revenus publicitaires. Elles ont même imposé la date des JO, qui correspond au seul moment où il n’y a pas de compétition de basket ou de baseball à retransmettre.

Compliqué pour la santé des athlètes

Enfin, les épreuves s’annoncent aussi très compliquées pour la santé des athlètes : en juillet il fait une chaleur étouffante à Tokyo, le taux d’humidité avoisine les 90%. Mais "the show must go on", et ce n’est pas un hasard si en 1964 les JO de Tokyo s’étaient déroulés au mois d’octobre.

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