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Avortement : de 10 à 99 ans de prison pour les médecins en Alabama

Le Sénat de l'État de l'Alabama a adopté, mardi 14 mai, le projet de loi le plus restrictif des États-Unis sur l'avortement, prévoyant notamment de lourdes peines de prison pour les médecins pratiquant des interruptions volontaires de grossesse.

Une militante pour le droit à l'avortement, le 10 février 2017 à Chicago
Une militante pour le droit à l'avortement, le 10 février 2017 à Chicago Crédit : SCOTT OLSON / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP
Arièle Bonte
Arièle Bonte
et AFP

Il s'agit de la loi la plus restrictive du pays concernant l'avortement. En Alabama, le Sénat a voté mardi 14 mai un texte limitant considérablement l'accès à l'IVG. Ainsi, après son entrée en vigueur, les médecins pratiquant des IVG seront passibles de peines de prison de 10 à 99 ans, sauf en cas d'urgence vitale pour la mère ou d'"anomalie létale" du fœtus. Aucune exception n'est prévue en cas de viol ou d'inceste.

En réaction à cette annonce, l'Association de défense des droits civiques (ACLU) a assuré son intention d'aller en justice pour empêcher l'application de ce texte. "Ce texte punit les victimes de viol et d'inceste en les privant encore plus du droit à disposer de leur propre corps et en les obligeant à donner naissance", estime l'ACLU.

L'organisation féministe américaine National Organization for Women a qualifié la loi d'"inconstitutionnelle", estimant que sa mise en application "renverrait les femmes de l'État aux jours noirs durant lesquels les parlementaires contrôlaient leur corps, leur santé et leur vie".

L'objectif avoué des promoteurs du texte est de se retrouver devant la Cour suprême des États-Unis pour la convaincre de revenir sur sa décision emblématique de 1973, "Roe v. Wade" qui a reconnu le droit des femmes à avorter tant que le fœtus n'est pas viable.

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Le président du Sénat de l'État, Will Ainsworth, a salué "une étape majeure dans la défense des droits de l'enfant à naître", ajoutant: "alors que des Etats libéraux approuvent l'avortement tardif ou post-natal, Roe doit être combattu et je suis fier que l'Alabama ouvre la voie".

La riposte s'organise

"Vous venez de violer vous-même l'État de l'Alabama", a déclaré Bobby Singleton, membre démocrate du Sénat, après le rejet par les sénateurs d'un amendement demandant des exceptions à l'interdiction de l'avortement. "Vous dites à ma fille : tu ne comptes pas dans l'État de l'Alabama... Les hommes peuvent te violer et tu auras ce bébé si tu tombes enceinte", a-t-il ajouté, la voix parfois tremblante d'émotion.

Le projet de loi avait été adopté début mai par la Chambre des représentants de l'Alabama.
Il est particulièrement répressif mais vingt-huit États américains ont introduit plus de 300 nouvelles règles depuis le début de l'année afin de limiter l'accès à l'avortement, selon un décompte de l'Institut Guttmacher qui défend le droit des femmes à l'IVG.

Le Kentucky et le Mississippi ont ainsi interdit les avortements dès que les battements du cœur du fœtus sont détectables, soit environ à la sixième semaine de grossesse. Des mesures comparables sont en passe d'adoption en Géorgie, Ohio, Missouri et Tennessee.
Un juge a bloqué la mise en œuvre de la loi du Kentucky, celle du Mississippi doit entrer en vigueur en juillet.

Du côté des militants et militantes pour les droits des femmes, la riposte commence à s'organiser. L'actrice américaine Alyssa Milano a par exemple appelé à une grève du sexe pour protester contre l'interdiction d'avorter au-delà de six semaines en Géorgie.

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