4 min de lecture MeToo

Un an après MeToo, ces témoignages marquants publiés sur les réseaux sociaux

Ce slogan a permis la libération de la parole des femmes sur les réseaux sociaux multipliant les témoignages d'harcèlement, d'agressions ou de viols.

Les hashtags #metoo et #balancetonporc écrits sur une main lors d'un rassemblement place de la République à Paris, en octobre 2017 (illustration)
Les hashtags #metoo et #balancetonporc écrits sur une main lors d'un rassemblement place de la République à Paris, en octobre 2017 (illustration) Crédit : BERTRAND GUAY / AFP
Cécile De Sèze
Cécile De Sèze
Journaliste RTL

La honte a-t-elle changé de camp ? C'était l'un des slogans, il y a un an, du mouvement lancé avec le mot-dièse #MeToo. En octobre 2017, le New Yorker et le New York Times publiaient les témoignages de centaines d'actrices américaines accusant le producteur Harvey Weinstein d'agressions sexuelles et viols. 

Le 15 octobre, l'actrice Alyssa Milano reprend le slogan "Me Too" (moi aussi) sur Twitter, invitant les internautes qui ont déjà été victimes d'abus à lui répondre "moi aussi". Le but : que le monde se rende compte de l'ampleur du nombre de victimes d'agressions sexuelles, et beaucoup parmi vos proches et amis sur Facebook, par exemple. Résultat, sur les réseaux sociaux du monde entier, des témoignages ont fleuri. 

Des jeunes et moins jeunes femmes qui racontent leur histoire personnelle, du harcèlement de rue au viol. 

À l'occasion de l'anniversaire de la libération de la parole des femmes à ce sujet, retour sur des témoignages anonymes et marquants qui rendent compte de l'ampleur du problème. 

J'avais 12 ans

LoNarr
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"J'avais 12 ans, quand j'ai raconté ce qu'il m'était arrivé, j'ai été pointée du doigt, humiliée et forcée à croire que c'était de ma faute. Je suis devenue suicidaire pendant toute mon adolescence et dépressive pour le reste de ma vie. La peine ne s'en va pas ; pas après un jour, pas après 26 ans". 

Comme de nombreuses femmes, cette internaute a choisi de publier son histoire sur Twitter. Toutes sont touchantes et mettent en avant le blocage que peuvent avoir les victimes, ici, par exemple, le sentiment de culpabilité de ce qui lui est arrivé. Joyce raconte qu'elle n'avait que "cinq ans" et que son agresseur a ensuite été élu chérif. 

Cette autre internaute insiste sur le traumatisme causé par le harcèlement de rue. "Ces fois où je me suis fait insulter sur ma tenue. Ces fois où un des mecs me collaient pour ne pas que je puisse rentrer chez moi ou partir de soirée. Cette fois où j'ai failli être kidnappée par des mecs".

C'était mon mari

@Twanky_Resists
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Elles racontent à quel point c'est difficile d'en parler, et expliquent aussi pourquoi elles n'ont pas porté plainte à l'époque. Cette internaute écrit : "Parce que c'était mon mari et même si j'ai crié non, j'ai essayé de nier que j'avais été violée. Parce que je savais qu'on ne m'aurait pas crue. Parce que j'ai eu peur des répercussions, sur moi et mes enfants. Parce que j'avais honte de ne pas m'être débattue davantage".

"C'est ce garçon qui vient te rejoindre quand, à ta première soirée étudiante, tu t’es retrouvée trop mal parce que tu as trop bu et tu es allée t’allonger dans le noir dans la pièce à côté, et qui te viole, et qui, quand malgré ta tétanie tu ne peux pas empêcher tes larmes de couler te reproche de lui avoir fait perdre son érection et de ne pas pouvoir finir tranquillement", racontait en octobre Mathilde. Un paragraphe parmi de nombreux autres sur son message. Une manière de montrer que souvent, les femmes n'ont pas une histoire, mais des histoires à témoigner.

"C’est aussi ces hommes qui t’apprennent à serrer les cuisses dans les transports pour ne pas qu’on prenne ton entrejambe en photo, et ceux qui t’apprennent à ne pas lever les yeux non plus pour ne pas voir ceux en train de lécher la barre du métro en te fixant ou de se frotter l’entrejambe en gémissant", se souvient-elle aussi.

Ce garçon qui te viole, et qui te reproche de lui avoir fait perdre son érection

Mathilde
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"J'avais 11 ans (...) j'avais 12 ans (...) j'avais 13 ans (...) j'avais 16 ans (...) 17 ans (...) 21 ans..." Marion a aussi de nombreuses histoires, à tout âge. Ces histoires n'épargnent pas les mineurs non plus, comme le prouvent ces nombreux témoignages. "Moi, à 17 ans, en train de prendre une leçon de conduite, et le moniteur qui me parle de son film porno favori en me confiant 'c'est dommage que tu sois mineure".

D'autres ne savent même pas par quelle histoire commencer. "J'aimerais bien écrire une anecdote représentative, mais je ne sais pas par quoi commencer. Les frotteurs dans le métro, les types qui te suivent le soir, les mains au cul en boîte, les 'Tu me fais bander' dans la rue, 'T'as sucé pour être acceptée ?' à l'école, 'T'aurais dû être plus ferme avec lui' de ses propres amis ou 'Tu vas te faire violer et tu l'auras bien mérité' de sa propre famille ? C'est tout le temps, partout, depuis notre enfance, et ça nous arrive à toutes."

Tu vas te faire violer et tu l'auras bien mérité

Marine
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Enfin, il y a aussi celles qui, même si elles ne témoignent pas, ne sont pas forcément épargnée. Comme le rappelle Géraldine : "N'allez pas croire que celles qui n'écrivent pas #metoo, n'ont pas d'histoires à raconter. Elles ne savent peut-être pas par où commencer. Parce que, malheureusement, il y a souvent plus d'un porc dans la vie d'une femme.".

Avec les condamnations de Bill Cosby et Jean-Claude Arnault pour des faits de viol, les victimes peuvent se réjouir des effets bénéfiques du mouvement MeToo. Des condamnations à forte portée symbolique qui devraient pousser les femmes ayant subi des agressions et viols à porter plainte. 

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Ce slogan a permis la libération de la parole des femmes sur les réseaux sociaux multipliant les témoignages d'harcèlement, d'agressions ou de viols.
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2018-10-06 08:46:00
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