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Confinement : non, l'attestation de sortie en langue régionale n'est pas illégale

FACT CHECKING - Sur tout le territoire, on voit apparaitre des attestations de sortie en langues régionales, une manière d’en faire la publicité mais certains contestent sa légalité, qu'en est-il ?

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Non, l'attestation de sortie en langue régionale n'est pas illégale Crédit Image : Capture d'écran | Crédit Média : RTL | Date :
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Jean-Mathieu Pernin édité par Venantia Petillault

"Acertainement dérogatouère pouor se déhalaer", voilà comment se traduit en normand, "Attestation de déplacement dérogatoire". Elle vient d’être lancée, on la trouve sur le site du conseil régional de Normandie et valable depuis le 23 mars dernier sur les départements de l’Eure et de la Seine-Maritime. 

"Parce que la situation sanitaire ne doit pas nous faire oublier la culture et l'Histoire de notre territoire explique Jean-Philippe Joly, de la Fédération des Associations pour la Langue Normande. C’est très bien, cultivons le normand en faisant résonner ses délicates sonorités dans notre caverne buccale mais comment faire lors d’un contrôle et que le policier ne parle pas normand ? Pas de soucis puisque l’attestation est à la fois en Normand et en Français donc compréhensible par tous, il n’y a donc rien d’illégal.

Une opération de com’ pour cette langue classée par l’Unesco comme "sérieusement en danger". Sur le site de la région on apprend qu’elle est parlée par 30.000 personnes du pays de Caux aux îles anglo-Normande et on s’y fait très rapidement puisque pour venir a RTL, j’ai coché la case 6 de mon attestation "men ouvrage, apprenre, montrage, pouor aindyi", et je suis arrivé sans problème.

Un phénomène qui n'est pas nouveau

En fait depuis qu’il y a une attestation, il existe une version bilingue régionale. Les premiers sont les tenants de la langue bretonne qui dès mars 2020 lance l’autorisation de sortie en français breton avant d’être imités par l'Office public de la langue occitane et Basque. Depuis l’automne, il existe l’attestation de sortie en Alsacien mais avec subtilité puisque il existe en deux versions, une bas-rhinoise et une autre haut-rhinoise intitulée "Üssgangbschinigung", attention à ne pas confondre entre les deux, on sait la susceptibilité des amateurs de parler locaux.

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L’idée n’est pas tant d’exister à tout prix mais de montrer que les langues régionales peuvent être utilisées au quotidien et pas seulement dans des réunions folkloriques. Dans l’Hexagone, l’Alsacien est reconnu par 600.000 locuteurs, le breton est parlé par 225.000  personnes et très loin devant il y a les différentes versions du créole, il y a aussi une attestation en créole et en Corse bien sûr. 

La semaine prochaine à l’Assemblée nationale arrive un texte d’un député breton pour la promotion et la protection des langues régionales. En 2018, Emmanuel Macron à promis de les valoriser. La France a signé la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires (CELRM) le 7 mai 1999, mais ne l'a pas encore ratifiée donc à suivre, Kenavo et ken arc'hoazh.

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