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Qui est Jake Paul, l'influenceur "bad boy" devenu un "Donald Trump 2.0" ?

PORTRAIT - Accusé d'agression sexuelle, le très influent vidéaste américain devenu boxeur continue de surfer sur sa mauvaise réputation.

Jake Paul, le 17 avril 2021
Jake Paul, le 17 avril 2021
Crédit : AL BELLO / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP
Aymeric Parthonnaud
Aymeric Parthonnaud

3 millions d'abonnés sur Twitter. 13 millions sur TikTok. 15 millions sur Instagram. 20 millions sur YouTube et plus de 7 milliards de vues. Si vous ne connaissez pas Jake Paul, c'est probablement parce que vous n'êtes pas dans son cœur de cible : les enfants et les ados, de préférence anglophones. Pourtant, l'influence de ce jeune Américains né en 1997 en Ohio est incontestable. 

Jeune frère d'une autre star des réseaux sociaux, Logan Paul (qui le dépasse souvent de quelques millions sur ces plateformes), Jake Paul est l'exemple même de l'influenceur moderne. Et les parents n'auraient pas tort de le considérer comme une "mauvaise influence" sur leur impressionnable progéniture. Le succès de Jake Paul est inséparable de celui de son frère avec lequel les relations sont toujours conflictuelles. Pour Internet, les deux blondinets dont la spécialité est l'humour, sont nés sur Vine, une plateforme de mini-vidéos aujourd'hui disparue. Depuis 2013, leur empire médiatique ne cesse de grandir et aujourd'hui, ils tentent de se faire un nom dans le monde de la boxe.

Si Jake Paul fait aujourd'hui les gros titres de la presse outre-Atlantique, c'est parce qu'il a été accusé très directement d'agression sexuelle par une autre plus modeste star des réseaux sociaux : Justine Paradise. Dans une vidéo, la jeune femme explique pendant plus de 20 minutes comment elle s'est rendue dans l'une des maisons de Jake Paul en Californie, la Team 10 House, un haut-lieu pour les jeunes influenceurs. Face à la caméra, elle explique que Jake Paul l'aurait touchée sans son consentement et l'aurait forcée à lui faire une fellation. 

Justine Paradise a expliqué à ses abonnés qu'elle ne voulait pas prendre la parole immédiatement puisqu'elle avait signé un accord de confidentialité avant d'entrer dans la propriété du jeune homme. Depuis ces révélations, Jake Paul a tenu à se défendre publiquement en expliquant que le récit de Justine Paradise était "100% faux". "Les accusations d'agressions sexuelles ne sont pas à prendre à la légère et pour être parfaitement clair, c'est totalement faux, a-t-il fait savoir dans un communiqué. Non seulement je n'ai jamais eu de relation sexuelle avec cette personne, mais en plus ces mensonges sont clairement destinés à se faire de la publicité pendant une semaine cruciale médiatement". Justine Paradise et Jake Paul ont annoncé qu'ils comptaient porter plainte l'un contre l'autre. La première pour l'agression et le deuxième pour diffamation. 

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Ce n'est pas la première fois qu'une jeune femme témoigne publiquement contre le célèbre "bad boy" des réseaux sociaux. La mannequin Railey Lollie a annoncé dans les colonnes du New York Times avoir été attouchée par Jake Paul en 2017. La justice américaine n'a encore jamais tranché ces affaires.

Imperméable à la "cancel culture"

Ces récits viennent noircir un tableau déjà particulièrement sombre mais qui semble servir la célébrité du jeune homme. Grand habitué des polémiques, Jake Paul a toujours su surfer sur cet esprit de "frat boy" politiquement incorrect, à la fois immature, dangereux, drôle, détestable, irresponsable, arrogant, riche... Un Trump adolescent 2.0 en somme. Photos inappropriées, propos racistes, accusation d'escroquerie de ses abonnés, fêtes illégales pendant les confinements, présence pour le moins discutable pendant le saccage de centres commerciaux en marge des affrontements après la mort de George Floyd... Jake Paul multiplie depuis des années les outrances et flirte dangereusement avec la justice (le FBI a perquisitionné son domicile l'été dernier). 

Pourtant, celui qui disait clairement que le Covid-19 était "un canular" est loin de subir les conséquences de ses actes. La fameuse "cancel culture" qui voudrait que les célébrités comme lui disparaissent des écrans radar à la première critique sur les réseaux sociaux ne semble pas avoir de prise sur lui. Indéboulonnable, il conserve son public souvent jeune, fidèle, peu informé ou politisé. Son dernier match de boxe très médiatisé ce printemps contre Ben Askren a rapporté près de 700.000 dollars au vidéaste qui s'est félicité d'avoir généré plus de 65 millions de dollars de profis avec ce combat. Un succès pour celui qui "faisait du jardinage pour 10 dollars de l'heure" rappelle Jake Paul dans une vidéo dans laquelle on le voit répandre des liasses de billets sur la pelouse de sa villa...

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