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Faut-il écrire "pain béni" ou "pain béniT" ?

Avec ou sans T, votre béni ? Voilà une question qui tarabuste bien des auditeurs de RTL, qui se sont adressés à Muriel Gilbert…

Pain (image d'illustration)
Pain (image d'illustration)
Crédit : kate-remmer/unsplash
Faut-il écrire "pain béni" ou "pain béniT" ?
00:02:55
Faut-il écrire "pain béni" ou "pain béniT" ?
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Muriel Gilbert

Il est une question de T qui taraude quantité d’auditeurs de RTL Matin Week-End, si j’en crois le nombre de messages que je reçois sur la question. Bertrand, pour commencer, qui me dit "On écrit 'Cette personne est bénie des dieux', mais on écrit 'l’eau béniTE'. Or l’eau est béniTE parce qu'elle a été bénIE. Comment expliquer cette différence qui me tarabuste ?" Idem pour Jacqueline, de Roquemaure, dans le Gard, qui se demande pourquoi on écrit "pain béniT" avec un T. 

Enfin, Evelyne et Jean-Louis s’interrogent sur "l’accord du verbe bénir et se demandent si l’on doit parler de rameaux bénIS ou béniITS… Ils concluent leur message d’un clin d’œil : "Soyez bénie ou bénite, chère Muriel, pour votre sympathique émission". Alors, bénie ou bénite ? Faut-il écrire béni avec ou sans T ? Hé hé… les deux mon capitaine ! C’est justement ce qui nous embrouille. Voyons cela en détail. Bénir vient du latin benedicere formé sur bene, qui signifie "bien" et dicere, le verbe dire. Littéralement, bénir, c’est donc "dire du bien". Joli, non ? (De même d’ailleurs que maudire, au sens propre, c’est "dire du mal".)

Aujourd’hui, le Larousse donne deux sens au verbe bénir. D’abord, c’est "appeler la protection de Dieu" sur quelqu’un ou quelque chose (Le prêtre bénit les mariés) ; ou alors, en dehors de tout cadre religieux, c’est "montrer une grande reconnaissance envers" quelqu’un ou "se féliciter de" quelque chose : "Je bénis la météo de ce week-end qui me permet de faire un barbecue", ou "Je bénis Stéphane d’avoir apporté ces croissants chauds".

Buis bénit, mariage béni...

Mais dans ces exemples, la terminaison de bénir ne pose pas de problème : en effet, le verbe bénir se conjugue comme tous les verbes du deuxième groupe, ceux en IR, sur le modèle de finir. Je bénis IS, il bénit, IT. C’est le participe passé et adjectif qui présente ces deux orthographes, avec ou sans T final (le pain bénIT, mais le mariage bénI). À noter que, si cette distinction vous incommode, amis des mots, vous êtes nés un siècle ou deux trop tard : jusqu’au XIXe siècle, on écrivait dans tous les cas béniT.

Mais aujourd’hui, retenez ceci : la norme est béni sans T. Le T est réservé aux objets qui ont "rituellement reçu la bénédiction d’un prêtre" (Larousse.fr), comme l’eau bénite, le buis bénit et le pain bénit. Ah, et puisque nous y sommes, remarquez que l’expression est bien : "C’est pain bénit" (et non "C’est DU pain bénit", comme on le voit souvent). "C’est pain bénit", c’est l’équivalent de "C’est une aubaine" : "La hausse du prix de l’essence, pour les vendeurs de vélos, c’est pain bénit (IT !)."

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