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Catherine de Médicis a-t-elle ordonné le "massacre de la Saint-Barthélemy" ?

Lorant Deutsch explique pourquoi il n'existe pas de preuves affirmant que la Reine Mère a commandité le massacre des protestants en août 1572.

Entrez dans l'Histoire - Lorant Deutsch
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Crédit : crédit Emilie DE LA HOSSERAYE - M6
Catherine de Médicis, une reine méchante ou excellente ?
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Lorànt Deutsch - Entrez dans l'histoire
Lorànt Deutsch - édité par Capucine Trollion

Après la mort de son fils François II en 1560, Catherine de Médicis prend alors le titre de Gouvernante de France. Elle endosse enfin le rôle de sa vie : veiller à ce que ses enfants conservent le pouvoir et préserver l’unité du royaume. La Florentine met aussitôt en œuvre une politique d’apaisement et de conciliation. 

Grâce aux habiles négociations de Catherine de Médicis, les deux camps (catholiques et protestants), à bout de force, acceptent la paix de Saint-Germain-en-Laye, le 8 août 1570. Pour qu’elle soit durable, Catherine de Médicis veut la sceller par un mariage entre sa fille Marguerite, la célèbre Margot, et un prince protestant, Henri de Navarre, futur Henri IV. Mai, Margot ne veut pas de cette union, mais vous vous en doutez, elle n'a pas le choix. C’est dans la chaleur étouffante du mois d’août 1572, à Paris, que le mariage est célébré.
Dénoncée comme un "accouplement exécrable" dans cette capitale viscéralement catholique, la cérémonie réunit deux camps à couteaux tirés. Un homme en particulier concentre toute la haine : Gaspard de Coligny. Les catholiques l’accusent d’exercer une trop grande influence sur Charles IX, le roi et fils de Catherine de Médicis. Gaspard de Coligny veut envoyer des troupes aux Pays-Bas espagnols afin de porter secours aux protestants, mais Catherine de Médicis refuse de se mettre à dos le roi d'Espagne. De Coligny devient alors très gênant. A-t-elle commandité son assassinat pour autant ? La plupart des historiens disent que non. 

Pour les historiens, elle n'a pas fait commanditer l'assassinat de Gaspard de Coligny

Catherine de Médicis préfère le compromis à l’affrontement. Il vaut mieux chercher du côté des Guise, qui détestaient Coligny et qui ne voulaient surtout pas d’un compromis. Le tireur qui tire sur Coligny le 22 août s’était installé dans une maison appartenant aux Guise.... Quoi qu’il en soit, son coup d’arquebuse est l’étincelle qui met le feu aux poudres. De Coligny n’est que blessé, Charles IX accourt à son chevet pour tenter de calmer les esprits, mais les huguenots crient vengeance.
Tout s'enchaîne dans la nuit du 23 au 24 août 1572. Le roi tient une réunion de crise avec la Reine Mère, son frère, le duc d'Anjou, et ses plus proches conseillers. La décision prise est  d’éliminer l’état-major protestant, en épargnant les princes du sang, le roi de Navarre et le prince de Condé. Mais le premier sur la liste est De Coligny...  Il est défénestré, éviscéré, émasculé et décapité dans la cour. 

Au même moment, les portes de la ville sont fermées et le tocsin se met à sonner, réveillant la folie meurtrière des Parisiens. Les huguenots, traqués jusque dans leurs lits, sont massacrés séance tenante. La boucherie dure plusieurs jours et se propagera à des grandes villes de province, faisant de 5.000 à 10.000 morts dans toute la France, dont environ 3.000 à Paris.

Alors, à qui la faute ?

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Les huguenots accusent Catherine de Médicis. Faute de sources précises, il est impossible d’établir avec exactitude sa part de responsabilité dans cet épisode terrifiant. On peut toutefois écarter l’idée d’une machination préméditée, d’un mariage ourdi comme un traquenard. 

Catherine de Médicis voulait la paix, sa vie entière plaide en sa faveur. Il est plus raisonnable d’imaginer la Reine Mère dépassée par les événements, faute d’avoir sous-estimé la fureur des Parisiens, essayant de reprendre les devants après la tentative d’assassinat de Coligny. Elle s’est sans doute laissée convaincre par la frange catholique la plus dure d’éliminer les chefs protestants les plus dangereux. "Il valait mieux que cela tombât sur eux que sur nous", se justifiera-t-elle dans une lettre à l’ambassadeur de Toscane. 

La Saint-Barthélemy ouvre la quatrième guerre de Religion. Le culte protestant est interdit. La politique de Catherine a échoué, pire, le trône est déstabilisé. Les pamphlets huguenots se déchaînent contre la reine mère et elle essuie le mépris de la haute noblesse française, pas fâchée de faire porter le chapeau de la Saint-Barthélemy à une étrangère. 

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