3 min de lecture Cinéma

Roman Polanski s'estime "persécuté" dans une interview

Son dernier film "J'accuse" fait partie de la sélection de la Mostra de Venise, au grand dam de beaucoup. Dans une interview, il a parlé de son film, de "l'ère MeToo" et de la mort de Sharon Tate.

Le réalisateur de "J'accuse", Roman Polanski
Le réalisateur de "J'accuse", Roman Polanski Crédit : LIONEL BONAVENTURE / AFP
Paola
Paola Guzzo

Son nom est sur toutes les lèvres. Le dernier film du réalisateur controversé Roman Polanski est présenté à la 76e édition de la Mostra de Venise le 30 août 2019, au grand dam de certains et certaines qui ont dores et déjà décidé de boycotter la projection. Dans une interview, le réalisateur est revenu sur son film, les accusations portées contre lui, l'ère #MeToo et le meurtre de Sharon Tate.

"Les grandes histoires font souvent de grands films et l'affaire Dreyfus est une histoire exceptionnelle", a expliqué le réalisateur de 86 ans dans une interview menée par Pascal Bruckner (l'auteur de Lunes de fiel, adapté en film par Roman Polanski) et relayée par Deadline. Selon lui, une affaire pareille pourrait encore arriver de nos jours : "l'histoire d'un homme accusé à tort est toujours fascinante, mais c'est aussi un thème actuel, vu la recrudescence de l'antisémitisme. Une nouvelle affaire serait tout à fait possible".

"Tous les éléments sont réunis pour ça : de fausses accusations, de mauvaises procédures judiciaires, des juges corrompus et des réseaux sociaux qui condamnent avant le jugement", a-t-il ajouté. En 1894, un officier juif, le capitaine Alfred Dreyfus, est accusé à tort de trahison et d'avoir espionné pour le compte de l'Allemagne.

Il estime être "persécuté depuis le meurtre de Sharon Tate"

Durant l'interview, l'auteur a posé une question très particulière et clairement orientée à son ami : "Est-ce que vous survivrez à l'époque actuelle de Maccarthysme [la période de traque des sympathisants communistes de 1950 à 1954 aux États-Unis par Maccarty] neo-féministe qui vous chasse dans le monde entier, essaie d’empêcher la projection de vos films entre autres et vous fait exclure de l'Académie des Oscars ?". 

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"Travailler, faire un film comme celui-là m'aide beaucoup, je retrouve parfois des moments que j'ai moi-même vécu, je vois la même détermination à nier les faits et me condamner pour des choses que je n'ai pas fait.(...) La plupart des gens qui me harcèlent ne me connaissent pas et ne connaissent pas l'affaire... Mais mon travail n'est pas une thérapie", lui a répondu le réalisateur du film Le Pianiste, selon Deadline.

Il évoque aussi le fait que la persécution d'Alfred Dreyfus lui fait penser à sa propre situation et parle du meurtre de Sharon Tate, véritable début des "persécutions" à son égard. Il a critiqué les récits d'une partie de la presse, qui ont d'abord fait de lui un responsable de la tragédie, avant de trouver les véritables coupables : Charles Manson et sa secte, la Manson Family : "Cela me hante toujours aujourd'hui".

Il a toujours évité son procès pour viol

Accusé d'avoir drogué et violé une adolescente de 13 ans en 1977, le réalisateur déjà mondialement connu à l'époque pour Rosemary's Baby et Chinatown passe 42 jours en prison puis, lorsqu'il est libéré sous caution, s'enfuit du territoire avant que le verdict ne soit prononcé. Dans ses Mémoires publiées en 1984, Roman Polanski parle d'une relation sexuelle avec une jeune fille de 13 ans aux États-Unis, mais dément l'avoir violée. 

En 1988, Samantha Geimer, son accusatrice, porte de nouveau plainte contre lui, au civil. Le réalisateur lui verse alors des dommages et intérêts, et met fin au procès. En 2003, la jeune femme qui a alors 38 ans, écrit dans ses Mémoires qu'elle lui pardonne, "pas pour lui, pour elle". Le réalisateur n'est jamais retourné aux États-Unis où il est considéré comme un fugitif et le pays lui a de nouveau refusé l'accès au sol américain le 1994, lorsqu'il fait une demande d'absolution, mais n'est pas jugé par contumace.

Après avoir vécu en France et en Suisse, Roman Polanski est arrêté en 2009 à Zurich en vertu d'un mandat international d'arrêt de la part de la justice américaine. Il est finalement assigné à résidence et la Suisse refuse de l'extrader, ce qui arrivera également en Pologne en 2014. Nommé Président des Césars en 2016, face aux intenses critiques et tensions, il renonce à y assister. Il n'assistera pas non plus à la Mostra de Venise, en 2019, de peur d'être extradé, selon LCI.

Son film J'accuse avec Jean Dujardin et Louis Garrel est prévu dans les salles de cinéma françaises le 13 novembre 2019.

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