3 min de lecture Cinéma

"Rebecca" (Netflix) : que vaut cette nouvelle adaptation du roman de Daphné du Maurier ?

NOUS L'AVONS VU - Lily James et Armie Hammer incarnent les amants maudits du roman de Daphné du Maurier devant la caméra de Ben Wheatley. Un film avec quelques longueurs, mais réussi.

Kristin Scott Thomas et Lily James dans "Rebecca"
Kristin Scott Thomas et Lily James dans "Rebecca" Crédit : Kerry Brown/Netflix
Capucine Trollion
Capucine Trollion
Journaliste RTL

Chef-d'œuvre de Daphné du Maurier, Rebecca s'invite sur la plate-forme Netflix dans une nouvelle adaptation réalisée par Ben Wheatley avec Lily James (Cendrillon), Armie Hammer (Call Me By Your Name) et Kristin Scott Thomas (Quatre mariages et un enterrement). Un film avec quelques longueurs, mais qui vous entraîne pendant deux heures dans l'ambiance pesante de Manderley.

Publié en 1938, Rebecca est l'un des romans les plus connus de Daphné du Maurier, auteure britannique du XXe siècle. Il mêle habilement histoires d'amour, de fantôme, du suspense et des codes du roman policier. Rebecca raconte d'abord l'idylle entre une héroïne de 20 ans, qui n'a pas de nom, et Maxim de Winter, quadragénaire veuf depuis un an, riche et propriétaire de Manderley, un domaine dans les Cornouailles. C'est l'amour fou : les deux protagonistes se marient quelques jours après leur première rencontre. 

Mais lorsque la nouvelle Winter arrive à Manderley, c'est la désillusion : le fantôme de Rebecca est partout, entretenue par Mme Danvers, l'implacable et froide gouvernante. L'héroïne du roman et du film, timide, habituée à être dénigrée depuis des années, se heurte alors au mutisme de son mari et une maison "hantée".

>
Rebecca | Bande-annonce officielle VOSTFR | Netflix France

Des décors et un casting convaincants

En 1940, Alfred Hitchcock adapte une première fois le roman dans un film angoissant qui permet au réalisateur de gagner le seul Oscar du Meilleur film de sa carrière. En 2020, Ben Wheatley s'essaye lui aussi à l'histoire de Manderley et ses protagonistes rongé par les secrets et la culpabilité, laissant intacte l'intrigue du roman. 

>
Alfred Hitchcock - Rebecca | Trailer (English)

Mention spéciale pour le jeu de Kristin Scott Thomas, toujours aussi époustouflante et qui manie une palette d'émotions suscitant sympathie et effroi. Armie Hammer ne dévoile pas ici son meilleur rôle dans celui du veuf éploré / meurtrier / amoureux transit, mais reste quand même convaincant. Enfin, Lily James, arrive à donner plus de force et de caractère à son personnage du roman. Elle tient tête à Mme Van Hopper qui la rabaisse continuellement, essaye de se débrouiller tant bien que mal à Manderley. 

Mais, un film avec des longueurs

Armie Hammer, Lily James et Sam Riley dans le salon de Manderley
Armie Hammer, Lily James et Sam Riley dans le salon de Manderley Crédit : Netflix
À lire aussi
Une file d'attente devant les affiches d'un cinéma à Paris le 21 juin 2020 Cinéma
Confinement : ce qui change pour les théâtres, cinémas et autres lieux culturels

Avec plus de deux heures, Rebecca est un tantinet trop long et s'essouffle notamment après la célèbre scène du bal. Et pourtant ce qui suit dans le livre, vous scotche aux pages. Dans le film, on aurait aimé que les scènes soient plus dynamiques. On passe trop de temps dans la salle du procès de Maxim de Winter et on croit peu à son jeu d'acteur pour essayer de se sortir de ce "mauvais pas". 

Mais, c'est là que notre Mme de Winter sort enfin de son carcan de victime pour prendre les choses en mains. Alors que son mari reconnaît avoir tué Rebecca, présenté comme un "crime passionnel" alors qu'il s'agit d'un féminicide, n'ayons pas peur des mots, elle fait tout pour l'innocenter. Jusqu'à s'introduire dans le cabinet du médecin qu'avait vu Rebecca la veille de sa mort, pour subtiliser son dossier médical. 

Ce dernier tiers du film permet de vous réveiller après les séquences précédentes trop longues. Un retour du suspense bienvenu qui vous laisse apprécier le final et la prestation toujours excellente de Kristin Scott Thomas.

Pourquoi regarder "Rebecca" en 2020 ?

Les amants de Manderley
Les amants de Manderley Crédit : Kerry Brown/Netflix

Avec le couvre-feu de 21h à 6h appliqué dans 17.864 communes en France, c'est l'occasion de (re)découvrir des classiques du cinéma sur vos écrans. Rebecca est un classique de la littérature du XXe siècle, écrit par une auteure de renom. On peut penser au début du film et du roman, qu'il s'agit d'une histoire d'amour, puis d'une histoire de fantôme. 

C'est beaucoup plus cela : c'est l'histoire d'une héroïne qui essaye de s'émanciper dans une demeure figée dans le passé et ordonnée par une femme forte, Mme Danvers. C'est aussi malheureusement l'histoire d'un féminicide dont l'auteur n'est pas puni, aidé in extremis par son épouse. Et c'est aussi l'histoire de Rebecca, une femme qui a vécu comme elle l'entendait, selon ses désirs, que la société et les convenances de l'époque voulaient étouffer, et qui pour cela en paye le prix fort : celui de sa vie. 

En somme, Rebecca est un chef-d'œuvre de la littérature, dont cette adaptation qui n'est pas parfaite, vaut le coup d'œil grâce à son casting, la beauté des décors et l'intrigue qui n'a pas pris une ride depuis 1938. 

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Cinéma Netflix
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants