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Non, "Les Éternels" est loin d'être le pire film Marvel de l'histoire

NOUS L'AVONS VU - Le nouveau film Marvel traîne déjà une mauvaise réputation et pourtant, la réalisatrice Chloé Zhao a livré une aventure cosmique de qualité.

Gemma Chan dans "Les Eternels"
Gemma Chan dans "Les Eternels"
Crédit : Disney / Marvel
Aymeric Parthonnaud
Aymeric Parthonnaud

Les Éternels, le nouveau film de super-héros Marvel, serait le long-métrage "le moins bien noté de l'histoire du Marvel Cinematic Universe" (MCU). C'est la petite musique qui vient inquiéter (ou amuser) les fans des Avengers à l'aube de la sortie sur nos écrans de ce long-métrage signé Chloé Zhao. L'agrégateur de critiques américain Rotten Tomatoes classe le film bon dernier derrière le médiocre Thor : Le monde des Ténèbres avec environ 60% d'avis positifs. Le film est loin d'être considéré comme une catastrophe (à l'instar de Venom 2 qui pourtant semble conquérir le cœur du public) mais les critiques semblent... mitigées. Pire, certains sont déçus tant ils attendaient un miracle de cinéma de la part de la réalisatrice oscarisée l'an passé pour son Nomadland. Un manque d'enthousiasme de la critique qui, couplé à une lassitude du public, pourrait coûter cher à Marvel...

Les Éternels avaient tout pour plaire sur le papier. Une réalisatrice très talentueuse et appréciée qui a volontairement choisi de travailler pour Marvel sans élitisme. Un casting cinq étoiles avec des stars de Games of Thrones comme Richard Madden ou Kit Harington et des reines d'Hollywood comme Salma Hayek et Angelina Jolie. Le tout avec la formule "action-humour-émotion" du MCU qui fait mouche à chaque film depuis plus d'une décennie. Après avoir vu ce film, nous pouvons constater une chose : ces ingrédients sont là, la recette fonctionne toujours, le sens de l'esthétique de Chloé Zhao apporte une identité singulière et... nous avons bien du mal à comprendre pourquoi certains se montrent si sévères envers ces pauvres Éternels.

Est-ce la diversité affirmée du casting qui déplaît ? Est-ce la lassitude de voir du Marvel sans cesse au cinéma et à la télévision qui lasse ? Est-ce que Les Éternels est un film trop long, trop confus, avec trop de personnages ? Il nous est impossible de percer les mystères de ce mauvais classement, tout simplement parce que nous avons passé un excellent moment au cinéma. Est-ce que Les Éternels décrochera l'Oscar du meilleur film ? Probablement pas. Est-ce le meilleur Marvel ? Pas vraiment. Est-ce le pire ? Certainement pas. 

Quantité et qualité

Les Éternels est une énième "origin story" signée Marvel. Comme Doctor Strange, Black Panther ou Shang-Chi, Marvel présente à son public de nouveaux héros et leurs pouvoirs dans une aventure qui sert de grande présentation. Contrairement aux autres super-héros du MCU, Les Éternels sont nombreux. Il ne s'agit pas là de présenter un héros mais une dizaine. Il y a Sersi (Gemma Chan), Ikaris (Richard Madden), Kingo (Kumail Nanjiani), 
Sprite (Lia McHugh), Phastos (Brian Tyree Henry), Makkari (Lauren Ridloff), Druig (Barry Keoghan), Gilgamesh (Don Lee), Ajak (Salma Hayek) et Thena (Angelina Jolie). Dix héros venus de l'espace qui protègent les humains des Déviants, des créatures maléfiques, et guident l'humanité dans l'ombre en supervisant son développement. 

À écouter aussi

Les amateurs de mythologie verront les liens entre certains illustres personnages et nos héros : Thena et Athena (la guerrière), Phastos et Héphaïstos (le forgeron), Ikaris pour Icare (l'homme qui vole trop près du soleil), Sersi pour Circé, la magicienne, etc. Le scénario s'amuse de ces références et offre à chacun de ces nouveaux héros des pouvoirs et des traits de personnalité que l'on s'amuse à découvrir au fur et à mesure. Cet esprit de découverte qui joue sur la curiosité du public fonctionne à merveille. Nous voulons faire connaissance avec eux. C'est simple et efficace. La grande critique que l'on pourrait faire sur cette question c'est qu'on voudrait en savoir plus, rester plus longtemps avec chacun. 

Si l'héroïne est clairement Sersi, ses camarades Éternels disposent chacun d'un beau temps d'exposition. Ikaris, son amoureux et véritable Superman de la bande interroge sur ses intentions. Kingo et son ego de star apporte une touche d'humour très marvelienne. Phastos et Makkari misent sur l'humour, l'action et l'émotion mais le public se rappellera plus certainement qu'ils incarnent les premiers super-héros gay (et père) et sourd du MCU. Druig et Sprite projettent une ombre inquiétante et une belle dose d'humanité dans ces êtres supérieurs... Le scénario est un puzzle. Chaque nouvelle petite pièce permet de découvrir l'ambition de ce Marvel qui joue avec des forces cosmiques encore jamais vues dans le MCU.

La grande ambition des "Éternels"

Sans vous spoiler, Les Éternels évoque justement le thème de l'humanité. Qu'est-ce qui fait d'un humain, un humain ? Qu'est-ce qui mérite d'être sauvé malgré les desseins mystérieux de quasi-dieux ? Quelle est la valeur de nos souvenirs ? Si les Éternels affrontent les Déviants, une menace bestiale et sans intérêt, les véritables ennemis du film sont intérieurs. Les dix héros ne sont pas d'accord les uns avec les autres et parfois ils ne sont pas d'accord intérieurement. Ce sont leurs conflits et leurs doutes qui mettent un peu de profondeur psychologique dans ce qui reste un grand spectacle d'action et d'effets spéciaux avec un but, éternel : sauver la Terre et l'humanité. Cette question de l'humanité est d'ailleurs particulièrement retranscrite dans les nombreuses scènes d'action du film. Si les Éternels sont des êtres supérieurs, ils sont sans cesse en difficulté. Leurs pouvoirs ne permettent pas d'oblitérer instantanément leurs ennemis. Ils demeurent profondément faillibles et résolument mortels.

Malgré les 2h36 des Éternels, le film ne dure pas une éternité. Jamais on ne regarde sa montre et on se laisse porter par l'intrigue astucieusement redynamisée par des séquences émouvantes, contemplatives (Chloé Zhao continue de nous enchanter avec ses paysages minéraux baignés d'une lumière crépusculaire) ou humoristiques. Les choix esthétiques et l'ambiance par moments très sérieuse mais contenue offre à ce film un goût différent des autres créations du MCU. Cette singularité pourra bousculer les fans les plus exigeants mais, en réalité, elle apporte une variété plaisante à cette grande fresque cinématographique. Les Éternels n'est pas pour autant un film d'art et d'essai indépendant. La machine Marvel ne fait qu'ajouter un zeste de Zhao dans une machine bien huilée

Ce film est et restera une pierre angulaire importante pour le MCU. Il s'agit là de l'introduction d'un tout nouvel univers (et de nouvelles menaces plus grandes que jamais) pour nos futurs Avengers. Rater Les Éternels serait rater le début de la nouvelle Phase du MCU. Il s'agit aussi d'un film plein de première fois qui essaye d'être audacieux. Audacieux sur le plan esthétique mais aussi audacieux sur le plan politique. Marvel a communiqué longuement sur la diversité que l'entreprise voulait désormais mettre en avant. Héros asiatique, noir, communiquant grâce à la langue des signes, premier baiser gay et famille homoparentale... Les Éternels essayent de représenter une part importante de l'humanité qui n'a pas eu souvent droit à ses héros sur grand écran. L'œuvre culturelle qui est façonnée par le studio est d'une grande importance et le fait qu'il ne rechigne plus, pour des raisons économiques ou autres, à raconter ces histoires et mettre en avant d'autres héros. Les comics avaient un coup d'avance et les blockbusters rattrapent lentement leur retard et c'est heureux. 

Dense et enthousiasmant

Les Éternels réussit à présenter des millénaires d'intrigue, de nouvelles notions inconnues du public et une petite armée de personnages principaux en seulement deux heures et demie. Et c'est un petit exploit lorsque l'on y réfléchit bien. Est-ce que le film est un peu bavard ? Parfois. Est-ce qu'il souligne parfois un peu trop certains éléments pour ne pas perdre le spectateur ? Certainement. Est-ce que les Déviants sont un peu moches et ne sont qu'un prétexte qui met trop de temps à disparaître ? Oui. Nous préférerons toujours des méchants dont les personnalités sont travaillées comme un Thanos ou Loki. De plus, un film ou une série comme WandaVision qui se concentre sur un seul personnage pendant des heures et des heures bénéficiera toujours de plus de profondeur et les Éternels tombent parfois dans l'impressionnisme lorsqu'il est question des émotions. Mais... tout cela marche. Du moins autant que n'importe quel autre film Marvel. Les blagues font mouche. On est touché par les acteurs qui essayent de faire rentrer un maximum d'émotion dans le temps qui leur est imparti. Le monde (réel et en images de synthèse) est beau et les scènes d'action collectives sont jouissives à regarder.

Marvel met en danger ses nouveaux héros et tout le monde ne reviendra pas pour Les Éternels 2, c'est ce que nous pouvons vous dire. Comme dans Game of Thrones, les scénaristes n'ont pas hésité à être cruels. D'ailleurs en parlant de la suite, pensez à bien rester à la fin du générique pour découvrir pas une mais deux scènes post-générique. Nous ne vous révélerons rien ici et nous allons vous préparer d'autres articles avec spoilers pour vous expliquer qui est qui et les conséquences de ces révélations. Disons simplement qu'elles ouvrent une nouvelle ère enthousiasmante et que cela faisait longtemps que l'on n'avait pas vu une salle de cinéma réagir autant en découvrant ces petites scènes... 

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