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"Venom 2" : le film le plus embarrassant de la décennie

NOUS L'AVONS VU - Malgré un casting séduisant, cette suite offre un spectacle particulièrement navrant. Peut-on sauver une ou deux scènes de ce carnage absolu ?

Aymeric Parthonnaud
Aymeric Parthonnaud

Il y a les films mauvais que l'on oublie vite. Et ceux qui restent longuement en tête tant l'affront intellectuel est grand. Venom 2 entre clairement dans cette dernière catégorie. Il est donc de notre devoir de vous éviter de gaspiller votre argent dans une place de cinéma (qui ne sont pas données) ou tout simplement votre temps. Allez plutôt voir Mourir peut attendre ou Dune si vous avez envie d'action et de fresque spectaculaire... 

Vous êtes quand même tentés par ce Venom 2 ? Même après avoir vu l'affiche immonde ou la bande-annonce sans saveur de cet énième blockbuster ? Bien... Intéressons-nous donc à ce film et à son propos ? Venom: Let There Be Carnage (c'est le titre officiel), est la suite d'un premier volet déjà particulièrement mauvais. Nous suivions Tom Hardy dans la peau d'Eddie Brock, un journaliste qui va s'unir à un parasite symbiotique alien, Venom, et combattre le mal malgré des instincts psychopathiques particulièrement affirmés. Venom est l'un des ennemis historiques de notre bon vieux Spider-Man, mais il n'est pas qu'un méchant Marvel comme les autres, Venom est un anti-héros. Le ton de cette saga aurait donc pu se rapprocher d'un Deadpool ou Suicide Squad dans l'esprit. Sauf que nous sommes très loin de ces films (qui ne sont pourtant pas des chefs-d’œuvre du septième art).

Si le premier film était une origin-story qui racontait comment l'hôte et l'alien se sont alliés pour le meilleur, Let There Be Carnage est une suite. On retrouve donc notre bon vieux Eddie en collocation avec Venom que tout le monde pensait disparu. Eddie tente de garder le secret et vit toujours une vie de célibataire looser ayant, une fois de temps en temps, des fulgurances journalistiques. Tom Hardy essaye de faire ce qu'il peut pour donner du relief à ce personnage mais il n'est certainement pas aisé de jouer face à une tête en images de synthèse pendant 1h30...

Pas d'enjeux, pas de logique

Toute l'intrigue est centrée sur un tueur en série Cletus Kassady (Woody Harrelson) qu'Eddie va interviewer dans une prison de haute sécurité. Grâce aux bons yeux de Venom, le journaliste parvient à trouver où le serial-killer a caché les corps de ses victimes. Un scoop qui lui vaut une belle reconnaissance professionnelle et l'animosité de la police. Mais, rassurez-vous, rien de ces aspects ne sont creusés par le réalisateur Andy Serkis (que l'on préfère devant la caméra dans le rôle de Gollum). Il y avait 1.000 thèmes intéressants à aborder mais toutes les opportunités sont manquées. Lors de cette interview, Kassady est contaminé par Venom et un autre parasite baptisé Carnage vient vivre en lui. Ils s'échappent de leur prison, tuent tout sur leur passage pour retrouver un amour de jeunesse, continue sa frénésie meurtrière avant d'être vaincue à la fin du film. 

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Un méchant surgit. Un gentil héros vient le stopper. La construction scénaristique est banale. Mais le problème c'est que le film tout entier prend les spectateurs pour de profonds abrutis. On est là à des années-lumière de ce que les Studios Marvel sont capables avec ces personnages. D'ailleurs, Disney et Marvel n'ont rien à voir avec cette production, et ça se voit. L'action est mal réalisée. La violence est gratuite. Les acteurs ont des dialogues aberrants. L'humour tombe systématiquement à plat. Le suspense est inexistant. Le couple de méchants est profondément ridicule dans ses aspirations. L'enquête "journalistique" d'Eddie consiste à tomber opportunément sur tel ou tel indice sans aucun effort. Tout est embarrassant. 

Lien avec le MCU

Embarrassant car ni les acteurs, ni les scénaristes, ni les producteurs ou encore les acteurs ne semblent au courant de l'horreur qu'ils sont en train de montrer au public. Un scénario simpliste pourrait fonctionner avec quelques règles simples... Mais non. Un mauvais film, grotesque par nature, pourrait être génial avec un humour fin pour offrir aux fans du genre une parodie totale. Mais non. Venom 2 reste convaincu de son propos, et cette production "premier degré" est probablement, ce qu'il y a de plus désagréable. 

Tom Hardy (Mad Max: Fury Road ou les films de Nolan), Michelle Williams (Dawson, Le Secret de Brokeback Mountain, Shutter Island), Woody Harrelson (True Detective, Hunger Games, Three Billboards) et Naomie Harris (Moonlight, James Bond) qui sont de bons voire très bons acteurs devraient rapidement appeler leurs agents pour éviter de renouveler une expérience aussi gênante. Seule la scène post-générique qui tente de lier ce grand foutoir au Marvel Cinematic Universe (MCU) mérite d'être sauvée. Il faudrait que Kevin Feige, le big boss de Marvel chez Disney, corrige sérieusement la trajectoire de ces personnages (ce n'est pas infaisable) avant d'oser les intégrer à la grande fresque super-héroïque audacieuse qu'est le MCU. Même ivre et bloqué dans un vol long courrier de 12 heures, Venom 2 n'est pas une bonne idée pour faire passer le temps. Autant regarder un écran noir. Préservez votre cerveau.

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