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Les étonnants pluriels des mots étrangers en français

Ce dimanche 14 octobre, Muriel Gilbert évoque comment le français adopte les mots des langues étrangères

Muriel Gilbert Un bonbon sur la langue Muriel Gilbert
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Un bonbon sur la langue du 13 octobre 2018 Crédit Image : JOHANNA LEGUERRE / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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Muriel Gilbert
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C’est un sujet souvent abordé dans ces chroniques, les langues sont poreuses, elles s’interpénètrent sans cesse. On déplore souvent l’invasion du français par l’anglais, et c’est une réalité, mais n’oublions pas que près de la moitié des mots anglais dérivent du français, et cela parce que Guillaume le Conquérant, un Normand bien de chez nous, s’est installé sur le trône d’Angleterre au XIe siècle.

Quantité de mots anglais qui envahissent le français sont donc à l’origine des mots… français. Je donne souvent l’exemple de flirter, qui vient de l’anglais, et n’est que le retour de notre "conter fleurette". Mais le français s’est nourri de beaucoup d’autres langues. Abricot, jupe ou orange viennent de l’arabe, wagon ou kitsch de l’allemand, bravo ou camarade de l’espagnol, banque ou opéra de l’italien, albatros ou zèbre du portugais, etc. : c’est sans fin !

Ces mots-là font partie du français depuis si longtemps qu’on ne soupçonne même plus leur origine étrangère. Le français les a entièrement adoptés. La preuve : leur pluriel se fait comme celui des autres mots français. La question se pose davantage, en revanche, pour des mots arrivés chez nous plus récemment, comme les mots italiens scenario ou mafioso, ou bien les anglais match ou sandwich. Traditionnellement, on essayait d’être fidèle à la langue d’origine pour ces pluriels particuliers. Les mots italiens en o font d’ordinaire leur pluriel en i : un impresario des impresarii, un scenario des scenarii.

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Le plus étonnant, c’est que certains mots sont entrés en français au singulier avec leur forme plurielle italienne. Paparazzo ou spaghetto sont singuliers en italien et ne deviennent paparazzi et spaghetti qu’au pluriel. Or on dit en français "un paparazzi", et au pluriel "des paparazzi" (avec ou sans s). Idem pour spaghetti, en français on dit un spaghetti, des spaghettis (avec un s).

Pour les pluriels de match ou de sandwich, l’anglais ajoute E et S… Eh bien, signe que ces mots sont en train de s’installer vraiment dans notre langue, leurs pluriels deviennent réguliers. Pour les mots anglais qui font leur pluriel en es en version originale, le Larousse recommande maintenant le s seul, à la française, des matchs, des sandwichs, des whiskys, juste avec un s final, sans e.

De même, il est considéré comme un peu pédant ou suranné aujourd’hui de parler d’impresarii ou de scenarii, on parlera plus volontiers d’impresarios et de scénarios avec un s final, tout simplement.

C’est ainsi, notre langue évolue sans cesse, elle avale les mots étrangers, elle les francise, elle les intègre, elle les adopte… C’est joli, non ?

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Les étonnants pluriels des mots étrangers en français
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