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Yelly, la nouvelle application pour trouver ses camarades de promo sur les réseaux à la rentrée

Cette application française lancée à destination des collégiens, lycéens et étudiants figure parmi les plus téléchargées du moment sur iPhone et Android.

Une classe dans une université (illustration).
Une classe dans une université (illustration).
Crédit : AFP / Archives, CRÉDITMARC WATTRELOT
Benjamin Hue
Benjamin Hue

"Téléchargez Yelly pour trouver les gens qui seront dans vos classes ou promo à la rentrée". Dans les colonnes du Figaro ou sur les réseaux sociaux, une nouvelle application de rencontre fait de plus en plus parler les jeunes depuis la fin du mois d'août. Baptisée Yelly, elle vise les 13-25 ans et promet de mettre en relation les collégiens, lycéens et étudiants pour qu'ils échangent avec leurs camarades avant le début de leur formation ou qu'ils puissent se renseigner sur leur orientation.

Les trois cofondateurs de Yelly, qui ont eux-mêmes achevé leurs cursus en école de commerce ou en droit il y a trois ans de cela, ont constaté qu'il n'existait pas de réseau social pour permettre aux jeunes de mettre en avant une partie plus sérieuse de leur identité. "Les gens de la génération Z sont principalement sur Instagram, TikTok et Snapchat. Mais ces plateformes ne leur permettent pas de montrer de façon structurée ce qu'ils font comme études, leurs aspirations professionnelles et d'échanger entre eux autour de leur avenir académique", explique Samuel Chekroun, cofondateur de Yelly, joint par RTL.

Yelly se positionne à mi-chemin entre Facebook et LinkedIn. Après avoir renseigné leur profil, les utilisateurs ont la possibilité de chercher d'autres usagers en filtrant les villes et les établissements. Ils peuvent ensuite discuter avec eux dans un chat mais aussi les ajouter sur Instagram ou Snapchat, s'ils ont lié leur profil. Ils sont également notifiés à chaque fois qu'un utilisateur a visionné leur profil

"On est plus qu'une application de stalking"

À l'heure où les applications de rencontre ont tendance à limiter les passerelles vers les autres services pour protéger leurs utilisateurs, ces deux fonctions ont fortement contribué à la popularité de Yelly. Lancée sous la forme d'un site Internet fin juin avant d'être adaptée sur mobile début août, elle a été portée par de nombreux relais sur TikTok où des dizaines de vidéos ont fait la promotion de "l'appli qui te dit qui sera dans ta classe cette année" ou "la meilleure appli pour se faire des potes avant la rentrée". Sur Twitter, aussi, des dizaines de messages la présentent comme un moyen de repérer en amont les gens de son établissement sur les réseaux sociaux. 

Des dizaines de vidéos font la promotion de l'application Yelly sur TikTok
Des dizaines de vidéos font la promotion de l'application Yelly sur TikTok
Crédit : TikTok
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"On est plus qu'une application de stalking", assure néanmoins Samuel Chekroun. Le cofondateur de Yelly dit consulter quotidiennement ses utilisateurs pour affiner sa feuille de route au gré de leurs retours. Aux conversations textuelles à deux personnes classiques devraient ainsi s'ajouter dans les prochaines semaines la possibilité de créer des groupes, de discuter par chat vocal et des fonctionnalités de partage de documents pour faire de l'application un véritable espace d'interactions entre les étudiants. "Nous n'avons pas vocation à devenir un Discord mais s'il faut implémenter des outils plus proches des besoins des utilisateurs, on le fera", explique-t-il.

Disponible sur iPhone depuis mi-août et depuis moins d'une semaine sur Android, Yelly s'est déjà hissé parmi les services gratuits les plus téléchargés de l'App Store. L'entreprise, dont les données sont hébergées sur les serveurs d'OVH, ne communique pas encore sur son audience mais assure gagner quelques dizaines de milliers de nouveaux utilisateurs chaque jour pour un total de plusieurs centaines de milliers d'usagers sur l'application et plusieurs millions de messages échangés.

L'application Yelly propose aux 13-25 d'entrer en contact avec des étudiants avant le début de son cursus
L'application Yelly propose aux 13-25 d'entrer en contact avec des étudiants avant le début de son cursus
Crédit : Yelly

Yelly à l'épreuve de la modération

La jeune entreprise rencontre naturellement quelques difficultés pour répondre à certaines problématiques soulevées par cette croissance rapide. Les utilisateurs signalent régulièrement des bugs sur la page de l'application sur l'App Store d'Apple. Selon leurs griefs, Yelly n'est pas toujours très stable face aux pics de connexions. Elle n''est pas non plus optimisée pour tous les smartphones et tous les établissements ne sont pas encore référencés. 

Au-delà des problèmes techniques, les fondateurs de Yelly sont bien conscients qu'ils n'ont pas le droit à l'erreur sur le plan de la sécurité. Au regard de la base utilisateurs de l'application, utilisée par des mineurs et de jeunes adultes, elle s'expose aux dérives habituellement constatées sur les plateformes sociales dédiées aux jeunes, à savoir le harcèlement, la pornographie, la violence, les rencontres douteuses, voire la prédation sexuelle. 

Un système de vérification doit être mis en place dans les prochains jours pour prévenir ces dérives. Les utilisateurs dans le supérieur devront scanner leur carte étudiante ou faire vérifier une adresse mail étudiante officielle. Les collégiens et lycéens devront fournir une pièce d'identité ou un document attestant de leur cursus. Enfin, les utilisateurs âgés de 13 à 15 ans devront fournir pour leur part une autorisation parentale, via une déclaration sur l'honneur et un mail vérifié. Pour l'heure, il est possible de s'inscrire sur l'application sans limite d'âge. 

Sur le plan de la modération, la startup s'en remet à la détection algorithmique pour filtrer les termes racistes, pornographiques et les comportements inappropriés dans les conversations. "Nous n'avons pas vocation à monitorer les discussions. En revanche, on doit s'assurer qu'elles se déroulent dans un cadre légal, de sécurité et de bienveillance", indique Samuel Chekroun. Un système de signalement est également proposé pour faire remonter les profils problématiques. Une personne est pour l'instant dédiée à l'étude de ces cas parmi la dizaine de personnes qui composent les équipes de Yelly.

L'entreprise reste discrète sur son modèle économique. Yelly ne monétise pas son application pour le moment et promet qu'elle restera toujours gratuite pour les étudiants. "Nous n'avons pas de scénario à court ou moyen terme pour rendre l'application payante. Pour l'instant, la seule valeur que l'on crée, c'est la communauté", élude l'entrepreneur. Après la France, Yelly se verrait bien proposer ses services aux étudiants francophones qui suivent un cursus à l'étranger.

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