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Protection de la vie privée : Apple déclare la guerre à Facebook avec une option anti-tracking

Apple a confirmé le déploiement d'une option limitant les capacités de suivi des applications sur ses produits au printemps. Facebook dénonce une mesure anticoncurrentielle qui promet de mettre à mal l'écosystème de la publicité ciblée.

Apple s'est de nouveau présenté en champion de la vie privée lors de la WWDC 2019
Apple s'est de nouveau présenté en champion de la vie privée lors de la WWDC 2019 Crédit : AFP
Benjamin Hue
Benjamin Hue
Journaliste RTL

Ce jeudi 28 janvier a lieu la septième édition de la journée internationale de la protection des données, la quinzième en Europe, une opération destinée à sensibiliser les internautes sur cette problématique centrale de leur existence numérique. 

Pour l'occasion, Apple a mis en ligne un rapport intitulé "Une journée dans la vie de vos données" qui explique de manière concrète et didactique comment les entreprises suivent les données des utilisateurs sur Internet et sur les applications.

Le document met en scène une journée type vécue par un père qui emmène sa fille au parc pour illustrer l'ampleur des informations personnelles laissées derrière eux par les internautes au fil d'activités lambdas, comme la lecture d'une actualité ou la recherche d'un itinéraire dans les transports en commun.

"Les applications que vous utilisez tous les jours disposent en moyenne de 6 trackers", explique Apple. Ces outils permettent aux entreprises de collecter et relier des données partagées sur Internet et les applications avec d'autres données recueillies ailleurs pour créer des profils précis ensuite utilisés par des sociétés pour diffuser de la publicité ciblée.

Apple se pose en chevalier blanc de la confidentialité

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Facilité par le fait que son modèle ne dépend pas des revenus de la publicité, contrairement à Google ou Facebook, Apple s'est engagé depuis plusieurs années sur le front de la protection des données. La confidentialité est "un droit humain fondamental", répète régulièrement la société lors de ses keynotes.

Cet engagement permet à Apple de faire valoir une position à part parmi les grandes entreprises technologiques. Une particularité que la firme aime à souligner à chaque scandale de confidentialité impliquant ses rivaux.

Les produits d'Apple sont aujourd'hui conçus pour limiter au maximum la collecte de données personnelles. Outre le chiffrement des messages, Apple a mis en place une option permettant de se connecter à des applications et sur des sites Internet en utilisant un identifiant anonyme généré automatiquement pour éviter de confier son adresse personnelle. 

L'entreprise a aussi limité le suivi publicitaire sur Safari et mis en place un système d'autorisation qui impose à chaque application de demander systématiquement la permission à l'utilisateur pour utiliser une fonctionnalité d'un produit (caméra, micro, localisation, Bluetooth, etc.) avec la possibilité d'accorder des accès temporaires, limités au temps d'utilisation de l'application. 

L'App Store se veut également plus transparent avec l'obligation pour les éditeurs d'application d'afficher sur la page de téléchargement de leurs produits la liste des autorisations requises et des données qu'ils collectent.

Apple veut empêcher les applications de suivre ses clients à la trace

Apple souhaite aller plus loin dans les prochaines semaines en ajoutant une nouvelle contrainte aux développeurs d'application. Ces derniers devront demander l'autorisation de l'utilisateur d'un iPhone ou d'un iPad pour suivre son activité en ligne via son identifiant Apple IDFA s'ils veulent lui proposer de la publicité ciblée par la suite.

Apple va durcir les possibilités pour les développeurs de suivre l'activité des utilisateurs de ses produits
Apple va durcir les possibilités pour les développeurs de suivre l'activité des utilisateurs de ses produits Crédit : Apple

Cette mesure est vivement critiquée par Facebook, dont l'essentiel des revenus sont issus de la publicité. Le réseau social prévoit de fortes chutes de revenus pour ses entreprises partenaires et l'écosystème de la publicité ciblée.

Le groupe de Mark Zuckerberg accuse Apple de vouloir étouffer la concurrence sur le marché publicitaire à son profit et de contrarier la reprise économique des petits commerces. 

Malgré ces résistances, Apple a confirmé mercredi 27 janvier que cette nouvelle fonctionnalité sera déployée lors d'une future mise à jour d'iOS, d'iPadOS et de tvOS au printemps

Les applications devront désormais afficher une fenêtre de dialogue pour demander le consentement des utilisateurs afin de pour pouvoir utiliser leur identifiant IDFA. Les utilisateurs pourront ensuite accéder dans les réglages de leur appareil à la liste des applications qui bénéficient de cette permission et préciser l'ampleur du ciblage.

Le bras de fer va prendre une tournure judiciaire

Cette question va continuer d'envenimer les relations déjà tendues entre Apple et Facebook. Lors de la présentation des résultats financiers du réseau social mercredi, Mark Zuckerberg a considéré qu'Apple était désormais "l'un de ses principaux concurrents" sur le marché de la publicité, estimant que l'entreprise prenait cette mesure afin de favoriser ses propres applications.

Le patron de Facebook a notamment ciblé la mise en valeur de l'application iMessage, principal concurrent de WhatsApp et Messenger aux Etats-Unis, qui est installée par défaut sur les iPhone et iPad et dispose d'autorisations exclusives dans leur système d'exploitation. 

Le dirigeant souhaiterait qu'Apple laisse la possibilité à ses utilisateurs de changer leur client de messagerie par défaut sur leurs appareils, comme c'est le cas depuis peu pour le navigateur et la messagerie

Le bras de fer pourrait rapidement prendre une tournure judiciaire. Selon le site The Information, Facebook prépare depuis plusieurs mois un dossier pour engager des poursuites contre les pratiques du fabriquant de l'iPhone. 

La plainte accuserait Apple "d'abuser de son pouvoir sur le marché des smartphones pour forcer les développeurs d'applications à suivre des règles de l'App Store que les propres applications d'Apple n'ont pas à suivre".

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