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La sonde Osiris-Rex va toucher l'astéroïde Bennu ce soir vers minuit

La sonde de la Nasa doit s'approcher de l'astéroïde pour prélever des échantillons de son sol et les ramener sur Terre. Une opération à haut risque effectuée à 300 millions de kilomètres au-dessus de nos têtes.

La sonde Osiris-Rex doit récolter des matériaux à la surface de l'astéroîde Bennu
La sonde Osiris-Rex doit récolter des matériaux à la surface de l'astéroîde Bennu Crédit : AFP
Benjamin Hue
Benjamin Hue
Journaliste RTL

Aux alentours de minuit douze (heure française), ce mardi, tout va se jouer en dix secondes. Après quatre années de voyage, 300 millions de kilomètres avalés, vingt-quatre mois d'observation et un milliard de dollars dépensés, la sonde américaine Osiris-Rex va s'approcher de la surface de l'astéroïde Bennu pour tenter de prélever des échantillons de poussière afin de les ramener sur Terre et peut-être obtenir de précieuses informations sur la formation du Système solaire. Une manœuvre à haut risque, dont les images nous parviendront avec seize minutes de décalage, qui a seulement été accomplie par le Japon et la sonde Hayabusa-2 jusqu'ici à la surface de l'astéroïde Ryugu en février 2019.

La cible n'a pas été choisie par hasard. Long de près de 500 mètres de diamètre, l'astéroïde Bennu devait permettre à Osiris de réaliser son prélèvement sans grand danger : les scientifiques l'imaginaient recouvert de longs bancs de sable dignes de plages terrestres. Mais sa surface s'est avérée beaucoup plus chaotique que prévu. Fin 2018, les images capturées par Osiris à son arrivée près du caillou ont montré qu'il était en réalité parcouru par des blocs de rocher. Les scientifiques ont passé la surface de Bennu au peigne fin pour délimiter une zone de huit mètres sur laquelle tentera de se poser Osiris, le cratère de Nightingale.

Peu après 23 heures, mardi, la sonde va s'approcher de Bennu tout en douceur. Elle déploiera ensuite un bras robotique d'un peu plus de trois mètres de long. Ce dernier visera la zone délimitée, large comme quatre places de parking, pour réaliser un "touch and go". Le contact doit durer entre cinq et dix secondes. Juste avant d'atteindre le sol, le robot va souffler de l'azote pour faire voler des poussières qui seront récupérées par le bras d'Osiris. Objectif : collecter au moins 60 grammes d'échantillons de Bennu.

Retour sur Terre espéré fin 2023

Osiris aura droit à trois tentatives pour mener à bien sa mission. La Nasa estime à 30% le risque que le bras ne collecte pas assez de grains. Il est en effet fort possible que la manoeuvre soit perturbée par des rochers situés là où on ne les attendait pas. Les ingénieurs ne peuvent pas garantir une précision absolue à plus de 300 millions de kilomètres de distance. En cas d'échec, une seconde tentative aura lieu en janvier dans un autre cratère.

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Osiris-Rex doit amorcer son retour vers la Terre en mars 2021. Son retour chez nous est n'est pas attendu avant septembre 2023. Elle finira son long voyage en relâchant avec un parachute le container qui contient les échantillons prélevés pour un atterrissage en douceur au-dessus du désert de l'Utah, aux États-Unis. D'ici là, les échantillons prélevés par la sonde Hayabusa-2 auront commencé à révéler leurs secrets. Son retour sur Terre est attendu pour le 6 décembre prochain.

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