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IPTV : que risque-t-on à pirater les chaînes sportives pour quelques euros par mois ?

Le succès de l'IPTV, qui permet de visionner facilement des milliers de chaînes du monde entier pour quelques euros par mois, inquiète les ayants droits qui poussent pour un renforcement des mesures anti-piratage au niveau français et européen.

Une femme devant sa télévision (Illustration).
Une femme devant sa télévision (Illustration).
Benjamin Hue
Benjamin Hue
Journaliste RTL

Un an d'abonnement pour le prix mensuel d'une souscription à Canal+, Téléfoot, RMC Sport et beIN Sports en même temps. L'IPTV est le cauchemar des diffuseurs qui achètent à prix d'or la retransmission des événements sportifs. Apparentée au piratage, cette pratique consistant à accéder à des milliers de chaînes TV et services vidéo payants à la carte via des flux illégaux a gagné du terrain ces dernières années en France. 

Facile d'accès, il suffit d'acheter un boîtier Android TV préconfiguré ou d'installer une application dédiée, l'IPTV a profité du morcellement de l'offre légale et de l'inflation des tarifs proposés au public pour séduire de plus en plus d'adeptes au fil des ans. Selon une étude menée par la Hadopi, 5% des 24% de Français utilisant des moyens illégaux regardaient des rencontres sportives en direct par ce biais l'an dernier. Un rapport parlementaire tablait plutôt sur 10% à 20% des audiences réalisées à la télévision fin 2018.

Aussi séduisante soit-elle, cette pratique n'en demeure pas moins illégale. Utiliser un service d'IPTV tombe sous le coup de la loi sur la contrefaçon, un délit puni jusqu'à 3 ans d'emprisonnement et 300.000 euros d'amende

Brancher un boîter piraté sur son réseau domestique fait également courir un risque pour les données personnelles des utilisateurs, qui ne sont pas non plus à l'abri d'une arnaque lors du paiement de l'abonnement, qui peut être effectué sur des serveurs non sécurisés et servir à financer des réseaux mafieux. 

L'arsenal anti-piratage doit être renforcé

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En dépit du manque à gagner qu'elle représente pour les propriétaires des droits des compétitions sportives et les chaînes de télévision, l'IPTV a donné lieu à peu de condamnations en France pour le moment car les autorités concentrent leurs efforts sur les plateformes de streaming illégales plutôt qu'à l'échelle des resquilleurs. 

Plusieurs coups de filet ont en revanche eu lieu en Europe ces derniers mois, notamment en Italie, où les forces de l'ordre ont bloqué un important réseau de piratage fin septembre et comptent traduire en justice plus d'un millier d'utilisateurs de boîtiers IPTV.

Désireux d'endiguer le phénomène, les ayants droits se sont organisés pour consolider l'arsenal judiciaire. Le projet de loi audiovisuel, mis en sommeil depuis le premier confinement, doit moderniser les moyens de détection de la future autorité de régulation issue de la fusion du CSA et de la Hadopi. Les diffuseurs pourront saisir le juge et faire cesser immédiatement la diffusion illégale d'une compétition sportive. Le texte prévoit aussi renforcer les obligations de coopération des fournisseurs d'accès à Internet.

Les ayants droits ont aussi ouvert un front au niveau européen. L'alliance audiovisuelle anti-piratage européenne (AAPA), qui comprend des entreprises comme Canal+, Sky, beIN Sports ou BT, a adressé à la Commission européenne une liste de mesures qu'elle souhaite voir intégrées à la future loi européenne Digital Services Act qui doit être débattue début décembre. 

Les diffuseurs poussent là encore pour une plus grande responsabilité des intermédiaires en soumettant les hébergeurs et les FAI à des obligations de suppression des contenus illégaux plus strictes. Ces derniers devraient par exemple interrompre les flux de matches de foot illégaux en direct en moins de 30 minutes lorsqu'ils sont signalés. L'association demande également un accès facilité aux données des clients pour restreindre les accès des contrevenants.

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